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vendredi 22 avril 2011

Rapport du Président de la Commission de l’UA sur la Côte d’Ivoire

Le Conseil de paix et de sécurité salue l’usage de la force contre Gbagbo

I. INTRODUCTION

1. Lors de sa 270ème réunion tenue le 5 avril 2011, le Conseil a examiné la situation en Côte d`Ivoire. Dans le communiqué de presse adopté à l`issue de cette réunion, le Conseil a notamment réaffirmé ses décisions antérieures sur la situation en Côte d`Ivoire et a instamment demandé à M. Laurent Gbagbo de céder immédiatement le pouvoir au Président Alassane Dramane Ouattara, pour abréger les souffrances des Ivoiriens. Le Conseil s`est félicité de la résolution adoptée par la 39ème session ordinaire de la Conférence des chefs d`Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`Ouest (CEDEAO), tenue à Abuja, le 24 mars 2011, et a réaffirmé sa détermination à œuvrer, en étroite coopération avec l`ensemble des acteurs ivoiriens concernés et la CEDEAO, avec l`appui des Nations unies et d`autres partenaires, à la consolidation de la paix et à une réconciliation nationale véritable entre les Ivoiriens. Le Conseil s`est, en outre, félicité de l`adoption, le 30 mars 2011, par le Conseil de sécurité des Nations unies, de la résolution 1975(2011). Enfin, le Conseil m`a demandé, en étroite coopération avec la Commission de la CEDEAO et avec le soutien des Nations unies, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour identifier les actions urgentes que l`UA pourrait entreprendre pour accompagner les autorités ivoiriennes dans la promotion de la réconciliation nationale, à l`approfondissement de la démocratie et à la consolidation de la paix.
2. Le présent rapport fait le point de l`évolution de la situation en Côte d`Ivoire. Il se conclut par des observations sur la marche à suivre, y compris l`appui au processus de réconciliation, de consolidation de la paix et de relèvement socioéconomique, ainsi que la levée de la mesure de suspension qui frappe la Côte d`Ivoire.

II. RAPPEL

3. Mis en place par la 259ème réunion du Conseil, tenue le 28 janvier 2011, le Groupe de haut niveau de l`Union africaine pour le règlement de la crise en Côte d`Ivoire a présenté son rapport à la 265ème réunion du Conseil, tenue à Addis-Abeba, le 10 mars 2011, au niveau des chefs d`Etat et de Gouvernement. Son mandat était d`évaluer la situation et de formuler, sur la base des décisions pertinentes de l`UA et de la CEDEAO, une solution politique d`ensemble.
4. Dans ses propositions, le Groupe de haut niveau a réaffirmé la victoire de M. Alassane Dramane Ouattara au scrutin présidentiel du 28 novembre 2010 ; et demandé que M. Laurent Gbagbo se retire dans l`intérêt supérieur du peuple ivoirien, que les parties ivoiriennes en prennent acte et qu`elles demandent au Conseil constitutionnel d`investir M. Alassane Dramane Ouattara comme Président de la République. Le Groupe de haut niveau a formulé d`autres propositions relatives notamment à la mise en place d`un Gouvernement d`union et de réconciliation nationale, à la mise en œuvre des aspects pendants de l`Accord politique de Ouagadougou (APO) et d`autres réformes connexes, à des mesures d`apaisement et de confiance, ainsi qu`à l`accompagnement et à l`appui de l`UA, de la CEDEAO et de la communauté internationale. La 265ème réunion du Conseil a entériné les propositions du Groupe de haut niveau et demandé au Président de la Commission de l`UA de nommer un Haut Représentant chargé notamment de la mise en œuvre de cette solution politique d`ensemble.
5. Invités à participer aux réunions du Groupe de haut niveau et du Conseil du 10 mars 2011, le Président élu, M. Alassane Dramane Ouattara, a effectué le déplacement d`Addis-Abeba ; il a accepté la solution proposée. Pour sa part, le Président sortant, M. Laurent Gbagbo, a dépêché une délégation conduite par M. Pascal Affi N`Guessan, Président du Front patriotique ivoirien (FPI), qui a rejeté la solution proposée. Le Président du Conseil constitutionnel, qui avait été invité à Addis-Abeba, n`a pas fait le déplacement.
6. Le 26 mars 2011, j`ai nommé M. José Brito, ancien Ministre des Affaires étrangères du Cap Vert, comme Haut Représentant de l`UA pour la Côte d`Ivoire, mais ce dernier a été récusé par le Président Alassane Ouattara. Par la suite, j`ai adressé, le 29 mars 2011, des courriers au Président Alassane Ouattara et à M. Laurent Gbagbo, les invitant à dépêcher des délégations de haut niveau à Addis-Abeba en vue de négociations entre les deux parties, du 4 au 6 avril 2011, sous l`égide de l`UA et de la CEDEAO. Entretemps, la campagne militaire pour démettre le Président sortant et restaurer la légalité avait déjà commencé.

III. CAMPAGNE MILITAIRE POUR DEMETTRE LE PRESIDENT SORTANT

7. Convaincu que le Président sortant ne cèderait jamais volontairement et pacifiquement le pouvoir et que toutes les démarches politiques et diplomatiques ne lui servaient qu`à gagner du temps, le Gouvernement du Président Ouattara entreprit de le faire partir par la force. Dans cette perspective, le Président de la République créa, par ordonnance datée du 17 mars 2011, les Forces républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI), composées des Forces armées nationales de Côte d`Ivoire (FANCI) et des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN). Celles_ci entreprirent une campagne aux fins, selon les propres termes du Président Ouattara, de « protéger les populations civiles, pacifier le pays et rétablir la légalité ».
8. Les combats, qui opposaient les FRCI aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux miliciens pro_Gbagbo, se déroulèrent d`abord, en mars 2011, à l`Ouest, avec la prise par les FRCI de quelques localités, notamment Bin_Houyé, Zouan Hounien, Toulépleu, Doké et Bloléquin. Ensuite, à partir du 28 mars 2011, trois fronts furent ouverts en même temps à l`Ouest, au Centre et à l`Est, depuis les villes de Duékoué, Daloa et Bondoukou. La campagne militaire fut brève, les villes tombèrent les unes après les autres aux mains des FRCI, au point qu`en 4 jours seulement, les troupes des FRCI étaient aux portes d`Abidjan. Il convient de noter que, dans la plupart des cas, les FDS n`ont pas combattu, préférant se retirer avant l`arrivée des FRCI.
9. La bataille d`Abidjan a commencé dans la soirée du 31 mars 2011, mais le gros des troupes des FRCI, resté aux portes de la ville, a attaqué le 4 avril. Parallèlement, les hélicoptères de l`Opération des Nations unies en Côte d`Ivoire (ONUCI) et de la Force Licorne qui l`appuie détruisaient les armes lourdes du camp pro_Gbagbo en application de la résolution 1975(2011) du Conseil de sécurité des Nations unies. Les cibles principales de leurs frappes se trouvaient à la résidence et au palais présidentiels, à la Radio_télévision ivoirienne (RTI), ainsi qu`aux camps militaires d`Akouedo et d`Agban. La RTI, qui servit d`instrument de propagande et de mobilisation du camp Gbagbo pendant les 4 mois de crise postélectorale, fut l`objet d`âpres combats entre les deux parties, durant la bataille d`Abidjan, tantôt prise par les FRCI, tantôt reprise par les combattants pro_Gbagbo ; tantôt émettant, tantôt n`émettant plus.
10. Finalement, c`est le 11 avril 2011 que l`assaut final, précédé par de nouvelles frappes contre les armes lourdes du camp Gbagbo, fut lancé sur la résidence du Président sortant, Laurent Gbagbo. Ce dernier alors fut arrêté par les FRCI et conduit à l`hôtel du Golf, avant d`être transféré plus tard vers le Nord du pays, où il est gardé en résidence surveillée sous la protection de l`ONUCI.

IV. SITUATION HUMANITAIRE

11. La ville d`Abidjan a connu des violences depuis le mois de février 2011, particulièrement dans les communes d`Abobo et d`Anyama, violences qui se sont étendues progressivement à d`autres communes (Attécoubé, Adjamé, Williamsville, Yopougon, etc..). A l`origine, il s`agissait de la répression des manifestations des militants du Rassemblement des Houphétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) par les forces fidèles au Président sortant, Laurent Gbagbo. Par la suite, un groupe armé, connu sous le nom de « commando invisible », est venu au secours des populations d`Abobo en s`attaquant aux forces pro_ Gbagbo qui n`hésitaient pas à utiliser des armes lourdes contre les populations civiles. La confrontation a gagné en intensité au point qu`à l`arrivée des FRCI à Abidjan, à la fin du mois de mars 2011, les forces pro_Gbagbo avaient déjà perdu le contrôle d`Abobo et d`Anyama. Il convient de relever les nombreuses pertes en vies humaines, les destructions de biens publics et privés et un déplacement massif des populations fuyant Abidjan pour se réfugier à l`intérieur du pays et à l`étranger, dans des conditions souvent périlleuses.
12. La bataille d`Abidjan a duré un peu plus d`une dizaine de jours; elle a considérablement aggravé le sort des populations, avec notamment l`arrêt de l`alimentation en eau et en électricité, auquel s`est ajoutée la pénurie de nourriture et de médicaments. Plusieurs personnes ont trouvé la mort du fait des combats. Certaines des populations étrangères qui le pouvaient, dont des diplomates, ont dû recourir à l`ONUCI et à la Licorne pour se faire évacuer à l`étranger ou à Bouaké. Après l`arrestation du Président sortant, M. Laurent Gbagbo, les combats ont cédé la place aux pillages des commerces et des ménages par des gens armés de tous bords. Tous les quartiers, à des degrés divers, ont été touchés.
13. L`Ouest de la Côte d`Ivoire a également payé un lourd tribut à la crise postélectorale. Certaines localités, notamment Duékoué, ont d`abord été le théâtre d`affrontements interethniques avant de subir les affres de la guerre lors de l`offensive des FRCI. Le CICR, l`ONUCI et des ONG parlent de massacres de populations dont les victimes se comptent par centaines. Selon un plan d`action d`urgence humanitaire élaboré par des ONG et les agences des Nations Unies, environ 2 millions de personnes, dont 800.000 déplacés, ont besoin d`une aide humanitaire urgente en Côte d`Ivoire.

V. EFFORTS DES AUTORITES IVOIRIENNES EN VUE DE LA STABILISATION DE LA SITUATION

14. Le Président Alassane Dramane Ouattara a adressé des messages à la Nation (le 6 avril 2011, alors que M. Laurent Gbagbo était toujours requises retranché dans la résidence présidentielle, et le 12 avril, après son arrestation) et tenu une conférence de presse, le 13 avril, qui clarifient sa vision de l`avenir proche, notamment sur les urgences suivantes :
- Sécurité : Il a demandé à la police nationale, à la gendarmerie nationale, ainsi qu`aux forces républicaines et aux forces impartiales, de veiller à la sécurisation des personnes et des biens à Abidjan et sur toutes les parties du territoire.
- Reprise de l`activité économique : Il a demandé que des réparations rapides soient effectuées sur les réseaux d`eau et d`électricité; saisi le Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l`Afrique de l`Ouest (BCEAO) pour la réouverture de ses agences en Côte d`Ivoire en vue d`assurer la reprise des
opérations de toutes les banques; demandé (et obtenu) que les sanctions de l`Union européenne (UE) sur les ports d`Abidjan et de San Pedro et sur certaines entités publiques soient levées; et instruit le Ministère de l`Energie et des Mines de prendre les mesures requises pour la remise en route de la raffinerie SIR en vue de l`approvisionnement en gaz butane et en carburant. Il convient de noter que la France va mettre en place un crédit de 400 millions d`euros pour aider la Côte d`Ivoire à faire face aux dépenses urgentes (salaires, et fonctionnement de l`Administration), cependant que l`UE est également disposée à octroyer une aide de 200 millions d`euros.
- Unité et réconciliation : Il a réitéré sa volonté de mettre en place une Commission vérité et réconciliation pour faire la lumière sur tous les massacres, crimes et autres violations des droits de l`homme, tout en invitant les Ivoiriens à s`abstenir de tout acte de vengeance ou de représailles, ainsi que de violence.
- Justice : Il a annoncé que des poursuites judiciaires seront menées à l`encontre de l`ancien Président Laurent Gbagbo et certains de ses collaborateurs, qu`une Commission nationale d`enquête est créée pour enquêter sur les crimes perpétrés pendant la crise et collaborer avec les juridictions internationales et les organisations des droits de l`homme.
- Politique : Il estime que quelques mois seront encore nécessaires pour sécuriser le pays avec le Gouvernement actuel et que, par la suite, tous ses engagements relatifs à la composition du Gouvernement seront mis en œuvre. De même, son investiture interviendra en temps opportun après la résolution des questions urgentes.
15. Au delà de ces déclarations, on observe effectivement une normalisation progressive de la situation, les principaux chefs des Forces de défense et de sécurité de Côte d`Ivoire, ainsi que d`autres chefs d`institutions, ont prêté allégeance au Président Alassane Dramane Ouattara, des patrouilles mixtes (police, gendarmerie, FRCI et forces impartiales) opèrent quasiment dans toutes les communes d`Abidjan, les pillages ont diminué, l`eau et l`électricité ont été rétablies, les marchés et les commerces rouvrent petit à petit et l`administration devrait reprendre le travail bientôt. Le plus grand défi en perspective pour l`unité et la démocratie en Côte d`Ivoire sera la reprise des activités politiques des deux principales forces qui se sont affrontées aux élections et sur le champ de bataille, avec la mise en place annoncée, aussi rapidement que possible, d`un Gouvernement d`unité et de réconciliation nationale.

VI. OBSERVATIONS

16. Après plusieurs mois de crise due au refus du Président sortant, Laurent Gbagbo, d`accepter sa défaite à l`élection présidentielle, la Côte d`Ivoire a maintenant retrouvé une situation institutionnelle normale, avec la restauration de la légalité sur l`ensemble du territoire national. Le Conseil, qui a joué un rôle actif dans les efforts de règlement de la crise ivoirienne, se doit de se féliciter de cette évolution.
17. Une nouvelle page s`ouvre dans l`histoire de la Côte d`Ivoire, qui doit être mise à profit pour consolider la paix retrouvée, promouvoir et approfondir la réconciliation et faciliter le relèvement socio_économique de ce pays. Le Président Alassane Ouattara a clairement affirmé sa volonté et celle de son Gouvernement à ne ménager aucun effort pour la réalisation de ces objectifs. L`UA, qui s`est activement mobilisée en vue du règlement de la crise ivoirienne, se doit, de concert avec la CEDEAO et les partenaires internationaux, de jouer pleinement le rôle qui lui revient dans la consolidation de la paix en Côte d`Ivoire. La Commission se propose, dans le prolongement de la demande faite par le Conseil dans son communiqué du 5 avril 2011, de prendre toutes les initiatives requises à cet égard.
18. Le Conseil se souviendra que, dans le communiqué adopté à l`issue de sa 252ème réunion, tenue le 9 décembre 2010, il avait décidé, sur la base des instruments pertinents de l`UA, de suspendre la participation de la Côte d`Ivoire à toutes les activités de l`UA jusqu`à ce que le Président démocratiquement élu, Alassane Dramane Ouattara, assume effectivement le pouvoir d`Etat. Maintenant que le Président Ouattara assume effectivement le pouvoir d`Etat, il importe de lever la mesure de suspension qui avait été prise à l`encontre de la Côte d`Ivoire. Une telle décision confortera l`évolution positive enregistrée en Côte d`Ivoire, tout en permettant à ce pays d`apporter la contribution qui est la sienne à la réalisation des idéaux de notre Union.

Communiqué du Conseil de Paix et de Sécurité

Les sanctions contre la Côte d’Ivoire levées
Le Conseil de paix et de sécurité de l`Union africaine (UA), en sa 273ème réunion tenue le 21 avril 2011, a adopté la décision qui suit sur la situation en Côte d`Ivoire:
Le Conseil,
1. Prend note du rapport du Président de la Commission sur la situation en Côte d`Ivoire, ainsi que de la déclaration du Représentant permanent de la République fédérale du Nigéria, en sa qualité de représentant du Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`Ouest (CEDEAO), et des représentants de la Commission de la CEDEAO, du Burkina Faso, au nom du Facilitateur du Dialogue Direct inter-ivoirien, et des Nations unies;
2. Se félicite de ce que le Président démocratiquement élu, M. Alassane Dramane Ouattara, assume désormais le pouvoir d`Etat, marquant ainsi la fin de la crise postélectorale qu`a connue la Côte d`Ivoire après le 2ème tour du scrutin présidentiel, qui a eu lieu le 28 novembre 2010 ;
3. Décide, en conséquence, et en application du paragraphe 4 du communiqué , adopté à l`issue de sa 252ème réunion tenue le 9 décembre 2010, de lever la mesure de suspension de la participation de la Côte d`Ivoire aux activités de l`UA ;
4. Souligne l`impératif que revêt la mise en œuvre d`efforts soutenus par tous les acteurs
ivoiriens concernés pour la promotion de la réconciliation nationale, la consolidation de la paix et le relèvement socioéconomique de la Côte d`Ivoire. A cet égard, le Conseil se félicite des appels au rassemblement et à la réconciliation lancés par le Président Alassane Dramane Ouattara dans ses discours des 7 et 12 avril 2011, et l`encourage à prendre toutes les initiatives requises pour la réalisation de ces objectifs, y compris la formation, aussi rapidement que possible, d`un Gouvernement d`union et de réconciliation nationale;
5. Réaffirme la détermination de l`UA à œuvrer, en étroite coopération avec l`ensemble des acteurs ivoiriens concernés et la CEDEAO, avec l`appui des Nations unies et d`autres partenaires, à la consolidation de la paix et à la construction d`une réconciliation nationale véritable entre les Ivoiriens. A cet égard, le Conseil note avec satisfaction la volonté du Président de la Commission, en étroite coopération avec la Commission de CEDEAO et avec le soutien des Nations unies et des autres partenaires bilatéraux et multilatéraux de l`UA, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour accompagner les autorités ivoiriennes dans la promotion de la réconciliation nationale, l`approfondissement de la démocratie et la consolidation de la paix. Le Conseil encourage les Président des Commissions de l`UA et de la CEDEAO à intensifier les consultations en cours entre les deux organisations pour la mise en œuvre de programmes conjoints d`appui à la consolidation de la paix en Côte d`Ivoire ;
6. Décide de dépêcher, dans le courant du mois de mai 2011, une mission du Conseil en Côte d`Ivoire pour exprimer la solidarité de l`UA aux autorités et au peuple ivoiriens et évaluer la situation en vue de permettre à l`UA de mieux contribuer au processus de sortie de crise et de réconciliation ;
7. Décide de rester activement saisi de la question et d`examiner la situation en Côte d`Ivoire au cours du mois de mai 2011, à la lumière des conclusions de la mission prévue dans ce pays au terme du paragraphe 6 ci-dessus.

Crise post-électorale

Orange Côte d’Ivoire, des milliards distribués aux abonnés
Les abonnés prépayés de la société de téléphonie mobile Orange Côte d’Ivoire ont été agréablement surpris, jeudi 7 avril dernier. En effet, chaque abonné a retrouvé sur son sous-compte, un montant de 2 000 francs CFA, offert gracieusement par ladite société. C’est une possibilité pour les abonnés de cette société de communiquer entre eux à moindre frais. Une aubaine qui a permis à chacun de joindre ses parents et amis pour avoir, au moins, de leurs nouvelles ; au moment où des combats à l’arme lourde étaient signalés dans plusieurs quartiers d’Abidjan avec leur corollaire de morts et de blessés. Un acte citoyen salué à sa juste valeur par les nombreux abonnés qui avaient du mal à avoir un transfert ou à acheter une carte prépayée du fait de la forte demande et de l’offre inexistante due à la fermeture ou au pillage des entreprises de mobile et autres points de ventes de cartes de recharge ou de transferts (Grand-Bassam). En outre, à supposer seulement que cette entreprise de communication n’avait que deux millions d’abonnés ; ce qui est très loin des chiffres depuis longtemps annoncés par l’ATCI. Ce serait alors quatre (4) milliards francs CFA qui ont été ainsi distribués aux abonnés d’Orange.
Comme on le voit, dans cette souffrance d’être cloîtré chez soi, Orange Côte d’Ivoire, entreprise citoyenne, a montré qu’elle est soucieuse des difficultés des Ivoiriens. Le geste de la Direction de cette société de cellulaire est à saluer car « cet acte social a été d’une portée inimaginable », selon des abonnés rencontrés, contrairement à ses concurrents. Surtout MTN-CI qui est un concurrent sérieux. La société sud-africaine de mobile a aidé la RTI à mieux intoxiquer les Ivoiriens en lui offrant ses fibres optiques pour la diffusion des émissions de propagande et de haine ; contribuant ainsi à fragiliser davantage le tissu social et à faire le lit de la guerre ethnique que prévoyait le compte de l’ex-Président, Gbagbo Laurent. En prenant partie de la sorte dans la crise post-électorale ivoirienne, la filiale de la société sud-africaine MTN implantée en Côte d’Ivoire sort de son cadre habituel de société commerciale, pour s’inviter dans la politique ivoirienne. Surtout dans le règlement d’une crise qui a occasionné de nombreux morts et des centaines de blessés. Avait-on besoin d’encourager Laurent Gbagbo dans sa bêtise de confiscation de pouvoir quand on sait que tous les Ivoiriens sensés et tous ceux qui vivent sur le sol ivoirien reconnaissent qu’il a perdu la présidentielle du 28 novembre 2010 ? Assurément non ! Pourquoi donc MTN-CI s’entêtait-elle dans ce macabre projet ? Autant de questions que les responsables de cette société pourront répondre un jour. On comprend maintenant mieux l’empressement avec lequel Thabo M’BEKI s’est retrouvé à Abidjan pour jouer les médiateurs (rôle qu’ils avaient joué et échoué après l’opération « Dignité » de novembre 2007) au début de cette crise post-électorale et les atermoiements du Président sud-africain, Jacob ZUMA, pour faire durer la crise et permettre à Laurent Gbagbo de s’armer davantage pour tuer les Ivoiriens. A dire vrai, cette longue crise aura permis aux Ivoiriens, épris de paix et de justice , de savoir qui aiment vraiment ce pays. Dieu est grand !

Dans la presse

Le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, rassure les fonctionnaires : “Nous payerons deux mois de salaire dès la semaine prochaine”
Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a rendu hier après-midi une visite de courtoisie à son aîné Henri Konan Bédié, dans sa résidence, non loin de l’hôtel du Golf. Après leur tête-à-tête qui a duré une trentaine de minutes, les deux personnalités ont bien voulu se confier à la presse. Nous vous proposons leurs différentes déclarations.
«Je suis venu saluer le président Bédié, bien entendu en tant que mon aîné et président du RHDP. Ensuite, je lui ai fait le point du processus de sécurisation de la ville d’Abidjan. Je lui ai indiqué que dans l’ensemble, les choses se passent bien. Il reste quelques poches (de résistance) à tenir, notamment à Yopougon. Le processus est en cours. Les activités reprennent lentement. Il y a des contraintes par rapport aux salaires. Les fonctionnaires n’ont pas perçu leurs salaires depuis bientôt deux mois, je lui ai dit que grâce aux efforts des uns et des autres, notamment le soutien important de la France, nous serons en mesure de payer deux mois de salaire dès la semaine prochaine.
En ce qui concerne la question du carburant, nous avons eu des contacts avec le Nigéria pour que nous soyons ravitaillés en pétrole brut. Ce qui va nous permettre de ne pas avoir de rupture en carburant ou en gaz butane. Egalement, les banques vont rouvrir la semaine prochaine, après nos contacts avec le gouverneur de la Bceao et les dirigeants des différentes banques commerciales. Disons donc que d’ici la fin du mois, la normalisation sera une réalité. Bien sûr, la sécurisation doit se poursuivre parce que nos concitoyens ont besoin de sérénité et de paix. Le désarmement des miliciens continue. J’en profite pour lancer à nouveau un appel à tous ceux qui détiennent des armes de manière illégale. Je leur demande encore une fois de les déposer.
C’est cela notre volonté. Que les uns et les autres déposent les armes pour que nous puissions entrer dans la phase de réconciliation. Je lui ai également fait le point concernant les personnes qui ont été arrêtées en même temps que l’ancien président Laurent Gbagbo et son épouse, et toutes les dispositions prévues pour que les choses se passent normalement en fonction des critères prévus par notre justice.
Nous avons aussi parlé de l’investiture qui doit avoir lieu normalement dans la seconde quinzaine de mai à Yamoussoukro. Toutes les dispositions seront donc prises à temps et le gouvernement sera formé après l’investiture. Au-delà, nous comptons préparer les élections législatives au niveau du RHDP. Nous souhaitons que ces élections aient lieu avant la fin de l’année. Naturellement, il y a beaucoup de choses à faire. La Commission électorale doit être en place. Il y a un certain nombre d’archives à retrouver. C’est un vaste chantier qui nous attend au cours des prochains mois. 
Le Président Bédié, comme à son habitude, m’a donné beaucoup de conseils, aussi bien sur la marche politique, la manière dont nous devons engager les choses, que sur la nécessité de faire en sorte que la cohésion soit renforcée et que la paix soit durable. Il m’a chargé de parler à tous les acteurs, pour que nous puissions avoir une paix définitive dans notre pays. Il m’a réitéré son soutien. Il m’a dit qu’il sera toujours là pour m’apporter les conseils et l’appui nécessaires.»

jeudi 21 avril 2011

Libye: des conseillers militaires et plus de frappes pour aider les rebelles

La coalition internationale va envoyer en Libye des conseillers militaires et augmenter ses frappes aériennes pour aider les rebelles face aux forces de Mouammar Kadhafi, notamment à Misrata (ouest), où deux reporters ont été tués mercredi.









Les rebelles ont gagné du terrain dans l'Ouest jeudi matin en s'emparant d'un des postes frontaliers avec la Tunisie.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, de nouveaux raids de l'Otan ont eu lieu sur la région de Khellat Al-Ferjan, au sud-ouest de Tripoli, tuant sept "civils" et en blessant 18, a affirmé l'agence officielle libyenne Jana.
Des journalistes de l'AFP à Tripoli ont entendu trois explosions lointaines vers 23H00 GMT, en provenance de la région.
Le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, reçu à Paris, a plaidé en faveur d'une "intensification" des frappes, notamment à Misrata, "où la situation est très grave", selon lui.
Le photographe et documentariste britannique Tim Hetherington, 41 ans, qui travaillait pour le magazine américain Vanity Fair, ainsi que Chris Hondros, 41 ans, un photographe américain travaillant pour Getty Images, ont été tués mercredi dans cette ville par un tir de mortier. Deux autres journalistes ont été blessés, selon un reporter de l'AFP présent à l'hôpital de la ville.
Un tir de mortier a également touché mercredi deux médecins ukrainiens, tuant l'homme et blessant grièvement sa consoeur, selon des sources médicales à Misrata, assiégée depuis près de deux mois par les forces fidèles à Mouammar Kadhafi.
M. Abdeljalil a demandé aux Occidentaux la protection des civils "par n'importe quel moyen", sans réclamer "expressément" l'envoi de troupes de l'Otan au sol, comme l'avait fait mardi l'un des chefs insurgés de Misrata.
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, s'est déclaré "tout à fait hostile" à l'éventualité d'une intervention au sol. En revanche, pour aider la rébellion, la France et l'Italie ont annoncé mercredi, après les Britanniques, l'envoi de conseillers militaires.
Quelques officiers français effectuent déjà une mission pour conseiller le CNT. Rome va également envoyer dix instructeurs à Benghazi, fief des insurgés dans l'Est libyen, et Londres "moins de 20 militaires".
Le Premier ministre britannique David Cameron a souligné "l'importance de mettre sous une pression militaire et diplomatique constante" le colonel Kadhafi, lors d'entretiens téléphoniques avec le président américain Barack Obama, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et celui du Qatar Hamad ben Jassim.
M. Obama "soutient" la décision des alliés d'envoyer des conseillers militaires et "pense qu'elle va aider l'opposition", a indiqué la Maison Blanche. Mais la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a explicitement exclu que les Etats-Unis en envoient eux-mêmes. Washington n'entend également pas déployer de troupes au sol. M. Obama a dit vouloir fournir pour 25 millions de dollars d'équipements "non-létaux" aux rebelles, sous forme par exemple de médicaments, de gilets pare-balles ou de radios.
Le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Laabidi, avait déploré mardi l'envoi de conseillers militaires, affirmant qu'une telle initiative "prolongerait" le conflit.
Sur le terrain, les rebelles libyens ont pris jeudi matin le contrôle du poste-frontière près de Wazzan, sur la route reliant la ville libyenne de Nalout à la localité tunisienne de Dehiba, a constaté un correspondant de l'AFP.
Après de brefs combats vers 07H30, les insurgés libyens se sont emparé des bâtiments du poste-frontière et 150 à 200 soldats pro-Kadhafi sont passés, désarmés, côté tunisien pour se protéger.
Plusieurs centaines de rebelles en liesse célébraient cette prise stratégique par des tirs de joie, arborant le drapeau de la monarchie devenu symbole de la contestation contre le régime.
M. Abdeljalil a expliqué sur France 24 que la rébellion avait obtenu des armes soit en les achetant avec de "l'argent libyen", soit en les recevant de "certains amis", sans les identifier. Mais, a-t-il souligné, "elles ne sont pas suffisantes". "Plus (Kadhafi) reste, plus le sang sera versé", a-t-il déclaré, ajoutant que la rébellion attend "des frappes importantes de la part de la coalition".
Mais l'identification des cibles reste un problème crucial, selon de nombreux analystes.
L'Otan a appelé les civils en Libye à s'éloigner des forces loyalistes, pour pouvoir mieux mener ses frappes.
Côté humanitaire, le Programme alimentaire de l'ONU (PAM) a commencé à acheminer par voie terrestre, via la Tunisie, de la nourriture pour 50. 000 personnes dans l'extrême ouest du pays. Et à Misrata, où des milliers de migrants sont toujours bloqués, un bateau humanitaire de la Croix-Rouge a accosté mercredi.

FC Barcelone - Real Madrid: La face cachée de Lionel Messi

 Le double Ballon d'Or a fait étalage d'un côté sombre qu'on ne lui connaissait pas lors du dernier Clasico...









Lionel Messi était pour des millions de fans à travers le monde l'exemple même du joueur parfait, gentil, fair-play et incroyablement doué. Mais cela a quelque peu changé lors du Clasico face au Real Madrid... On y a découvert ainsi un Messi irritable à travers un action symbolique. En seconde période, il s'est ainsi précipité sur un ballon qui finissait sa course en touche, bien qu'il n'y avait aucun espoir de la sauver. Et là, à la surprise générale, il a exécuté une frappe puissante destinée aux supporteurs madrilènes dans la tribune latérale de Santiago Bernabeu !
Ces derniers ont bien évidemment conspué cette attitude qui lui a également valu une petite mêlée au cours de laquelle Pepe, jamais le dernier quand il y a de l'embrouille dans l'air, l'a invectivé. "Tu es fou ou quoi ?", a ainsi lancé le boucher portugais à l'attention de Messi, qui a néanmoins réussi à échapper à un carton jaune pourtant mérité sur ce coup-là.

Chelsea: Didier Drogba vers Tottenham ?




L'entraîneur de Tottenham, Harry Redknapp, serait très intéressé par la venue de Didider Drogba la saison prochaine. A 33 ans, l'attaquant ne devrait pas être retenu cet été du côté de Chelsea.
Didier Drogba pourrait-il filer chez le rival Tottenham pour sa fin de carrière? C'est en tout cas ce qu'annonce le Daily Telegraph. Le quotidien britannique a expliqué que le coach des Spurs, Harry Redknapp, aimerait récupérer le buteur ivoirien pour la saison prochaine. En effet, ce dernier devrait être poussé vers la sortie l'été prochain du côté de Chelsea, barré par la concurrence de Fernando Torres notamment. Pour acquérir Drogba, le club londonien devra aligner environ 10 millions d'euros, toujours selon le Telegraph. Si la somme paraît raisonnable, elle ne comprend pas le salaire du joueur,qui continue de faire renoncer le président de l'OM Jean-Claude Dassier au sujet d'un éventuel retour de l'attaquant dans la cité phocéenne.
Gareth Bale d'ores et déjà intransférable?D'autre part, Redknapp aurait affirmé à son président, Daniel Levy, ses ambitions de jouer le titre la saison prochaine en Premier League. Pour ce faire, le technicien anglais souhaiterait en plus d'un mercato spectaculaire, "garder ses meilleurs joueurs". La bataille devrait donc être intense pour acquérir Gareth Bale cet été. Le Gallois, courtisé par les plus grands clubs dont le FC Barcelone et l'Inter Milan, a été désigné dimanche "joueur de l'année" de Premier League par ses pairs.

FAITS-DIVERS : Famille disparue à Nantes


Une jambe «non identifiée» a été retrouvée sous la terrasse


On s'oriente vers une «piste criminelle»...

La disparition a été jugée inquiétante. La dernière trouvaille des enquêteurs l'est encore plus. Le procureur de Nantes, Xavier Ronsin, a annoncé ce jeudi qu'une jambe «non identifiée» a été retrouvée sous la terrasse du domicile de la famille nantaise disparue.
Selon lui, il s'agit d'un «élément significatif» qui fait basculer l'affaire vers une «piste criminelle de séquestration et assassinat». Un appel à témoins a par ailleurs été lancé ce jeudi matin.
Une «mutation professionnelle urgente» en Australie?
Les parents, âgés de 50 et 49 ans, ainsi que leurs quatre enfants de 14, 17, 19 et 20 ans, n'ont plus donné signe de vie depuis le début du mois d'avril. «Cette famille vivait repliée sur elle-même», a précisé le procureur. Constatant que les volets de leur maison étaient fermés depuis un moment, les voisins ont donné l'alerte.
Une enquête a alors été ouverte, permettant de constater que tous les comptes bancaires de la famille avaient été clôturés et que les téléphones portables étaient éteints. Aucun appel ni connexion à Internet n'ont été constatés puis le 3 ou le 4 avril depuis la ligne de la maison et aucun aéroport ni aucune gare n'auraient non plus enregistré leur passage. A part la jambe retrouvée dans le jardin, aucune trace de sang ou de violence n'a été relevée dans le domicile de la famille.
L'école de deux des enfants a reçu il y a une dizaine de jours un courrier des parents signalant que les enfants ne reviendraient plus en raison d'une «mutation professionnelle urgente» du père en Australie, a expliqué à l'AFP ce jeudi le directeur de l'école la Perverie Sacré Coeur, Olivier Bouissou.

Le Waterloo d'Obama


Narcisse Tiky*. Les fautes «impeachables» du président américain en Libye.

Depuis son accession au pouvoir il y a deux ans, le président américain a réussi à éviter de faire des fautes majeures qui auraient donné des balles à ses adversaires de l’extrême droite pour sa propre exécution.







Mais voila que le plus américain des présidents français, M. Nicholas Sarkozy, réussit à trainer M. Barrack Hussain Obama dans un faux pas qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le premier président noir-américain. En engageant des opérations de combat contre la Libye , ce dernier vient de commettre, en une seule action, trois fautes, et pas des moindres : stratégique, politique et « morale ».

La faute politique. Après avoir autorisé son armée à déverser plus de 100 missiles meurtriers sur la Libye du colonel assassin, Barrack Hussain Obama vient justement de mettre ses ennemis en ordre de batailles au Congrès et en dehors. Contrairement à George W. Bush et sa guerre contre l’Irak, le président Obama s’est mis sous le couvert de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies avant d’envoyer ses forces aériennes bombarder Tripoli et ses environs. Mais aussi, contrairement à son prédécesseur, il a curieusement « oublié » de demander le feu vert du parlement américain, ce qui est une exigence constitutionnelle. L’action militaire américaine en Libye peut par conséquent être jugée illégale au regard de la loi de ce pays. De plus, en démocratie de type présidentialiste comme celle des USA, la séparation des pouvoirs est sacrée et des parlementaires des deux bords, républicains et démocrates, sont ulcérés par ce qui apparait bien comme un abus de pouvoir exécutif. Pour le très libéral député de Cleveland, Dennis Kucinich, le président a commis un délit passible d’impeachment : il a violé l’Article 1, Section 8 la constitution américaine qui donne au Congrès le pouvoir exclusif de déclarer la guerre. « Nous bombardons la Libye en ce moment et le Congrès n’a pas approuvé cette action ; elle est par conséquent illégale », écrit le Congressman dans une lettre de levée de fonds à ses supporteurs.

La faute stratégique. Barrack Obama a lancé les forces aériennes américaines dans une opération dont les objectifs ne sont pas clairement définis ; elles portent ainsi le risque d’être contre-productives. Une fois encore, le parallèle est saisissant avec la faute stratégique commise par George W. Bush en 2003 en Irak. L’affaiblissement de l’Irak a surtout profité à l’Iran shiite, ennemi juré des USA, qui est devenu une force menaçante pour Israël, l’allié traditionnel des Américains, et de loin supérieur à ses voisins sunnites. Les mauvais calculs de George W. Bush ont certes accrus la main mise des multinationales de son pays sur la production pétrolière de la région, mais les coûts humain et financier des opérations militaires contre l’Irak se sont révélés supérieurs aux gains pour le pays.

Le risque d’une contre-productivité des opérations militaires contre la Libye est très élevé. La résolution du Conseil de Sécurité des nations Unies a pour objectif d’établir une zone d’exclusion aérienne et d’empêcher Kadhafi de massacrer les rebelles qui défient son pourvoir. En déclarant que l’objectif des opérations militaires c’est le départ de Kadhafi, et en bombardant la résidence du « guide » libyen, le président américain est clairement en dehors du mandat onusien autorisant les attaques contre la Libye. Si Kadhafi était effectivement évincé comme le voudrait le président Obama, que gagneraient les USA après avoir dépensé l’argent du contribuable en participant à ces opérations? Et si la résolution des Nations Unies était finalement respectée et que la Libye se trouve divisée en deux ou plusieurs parties, que gagneraient les USA ? Et si Kadhafi parvenait à défaire la rébellion malgré la zone d’exclusion aérienne, étant donné que les troupes occidentales ont déclaré qu’elles n’iraient pas sur le terrain, que gagneraient les USA ? Ces deux cas de figure semblent aboutir au même résultat : pertes américaines au mieux une perte financière et au pire l’arrivée d’islamistes au pouvoir après la chute du colonel. Le leader républicain de la commission des affaires étrangères du Senat a probablement vu juste : « Je ne comprends pas cette mission… elle n’as pas de directives pour assurer le succès… nos alliés ont probablement des intérêts inavoués et ont simplement voulu avoir la caution du Conseil de Sécurité ». En suivant moutonnement le président Sarkozy, il sera écrit dans les annales militaires américaines que c’est la première fois que l’Amérique engage ses troupes dans une coalition militaire sans en prendre le leadership et s’en s’assurer que l’opération lui sera bénéfique à plusieurs égards. Bravo Barrack !

La faute morale. Les Américains, Français et Anglais qui déversent ses missiles sur la Libye a certes les moyens d’anéantir les moyens de défense anti-aériens du pays de Kadhafi. Mais en le faisant, elle va causer la mort de centaines de personnes. Que répondre à la question de savoir combien de personnes faut-il tuer pour en sauver d’autres ? La vie des habitants de Tripoli qui se font tuer par les forces occidentales est-elle moins chère que celle des rebelles de Benghazi que Kadhafi s’apprêtaient à tuer ? Les justiciers Américains et autres ont-ils le droit d’ingérence dans les affaires internes de la Libye ? Oui, il faut absolument arrêter tous les leaders fous qui massacrent des populations sur une base ethnique, politique ou religieuse. Mais il ne faut pas confondre ce droit d’intervention à but humanitaire avec ce qui se passe en Libye. Contrairement aux Tunisiens et Egyptiens, des Libyens gens se sont organisés pour prendre le pourvoir par la force des armes, devenant ainsi un mouvement rebelle. Tous les Etats du monde se comportent de la même manière face aux rebellions ou autres velléités indépendantistes. Les Français n’ont-ils pas massacré les indépendantistes Kanaks de la Nouvelle-Calédonie en 1988 ? Combien de Tchétchènes les Russes ont-ils tué pour éliminer toute possibilité d’indépendance aux populations de cette contrée ?

Les mêmes Occidentaux qui son en train de bombarder Tripoli sous le prétexte que Kadhafi a utilisé des avions pour tuer des rebelles armés libyens, affichent une indifférence choquante vis-à-vis des massacres perpétrés par le potentat de Bahreïn ou des civils pourtant désarmés assassinés avec les kalachnikovs de la police. Samedi dernier, 19 mars, Paris-Match rapportait que la «capitale yéménite a été le théâtre d'un véritable bain de sang vendredi». Le président Ali Abdallah Saleh, surnommé par son propre peuple le «boucher», au pouvoir depuis 1978, a reçu les indignations de Paris, Londres et Washington. Aucune action militaire des justiciers n’est envisagée. En Cote d’Ivoire, M. Gbagbo est accusé de massacrer des civils à Abidjan, le président élu, M. Ouattara demande l’intervention onusienne et on ne voit pas M. Juppé implorer le Conseil de Sécurité des Nations Unies d’agir pour sauver les des vies ivoiriennes. Deux poids, deux mesures ? Bien évidemment ! Le sous-sol libyen est plein de pétrole pour la France.

En démocratie, les fautes se payent en monnaie électorale. Les fautes politique, stratégique, et morale ci-dessus étalées vont à coup sur faire perdre beaucoup de voix au président Obama parmi ses supporteurs de 2008, notamment ceux qui sont opposés à toutes les guerres de conquête sous prétexte humanitaire ou de promotion de la démocratie. Cette perte sera-t-elle suffisamment élevée de manière à compromettre sa réélection en 2012 ? Tout dépendra de la tournure des évènements en Libye. Si cette aventure devenait et rappelait aux Américains le fiasco irakien, la Libye sera le Waterloo de Barrack Hussain Obama et il fera, comme Jimmy Carter, un seul mandat.

Cameroun : Tensions entre Tchiroma et ses collaborateurs

Le secrétaire général du département et des directeurs reproches au ministre de la Communication la confiscation du budget de fonctionnement.




L’ambiance pesante au ministère de la Communication (Mincom) depuis la clôture du comice agro pastoral d’Ebolowa en janvier dernier, s’est gravement détériorée depuis le 23 mars 2011. En effet, ce mercredi-là, selon des sources concordantes au ministère de la Communication, le chef du département, Issa Tchiroma Bakary, a instruit son secrétaire, Emmanuel Ndjere, de présider une réunion au cours de laquelle M. Ndjere allait faire le point de l’activité du département jugée au ralenti depuis pratiquement deux mois. Au cours de ladite assise, le secrétaire général du ministère de la Communication a constaté «le climat pesant qui règne dans la maison». Le Mincom ayant constaté que certains de ces collaborateurs ont mis la pédale douce, il s’est inquiété des semaines auparavant auprès de ses proches.

Pour le ministre Tchiroma, nombre de ses collaborateurs, à l’instigation des cadres de haut rang au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), se refusent d’assurer le service public au prétexte qu’il leur fait de l’ombre en défendant bec et ongle le président Biya.
Ce à quoi l’on répond au comité central du parti au pouvoir, qu’on «fait équipe avec le ministre Tchiroma sans oublier qu’il est de l’opposition. On ne peut ignorer ses déclarations passées sur la gouvernance du Rdpc, ni son concours à des moments décisifs de la vie nationale aux côtés du pouvoir». Toujours est-il qu’au terme de la réunion du 23 mars dernier, les directeurs, conseillers techniques et inspecteurs ont décrié la confiscation par le ministre de quasiment tout le budget de fonctionnement du département ministériel. Etant donné que la réunion présidée par le Sg sur instruction du Mincom a visiblement fait choux blanc, le Mincom a lui-même présidé une nouvelle réunion de crise mercredi dernier, 30 mars 2011. Un autre mercredi.

Suspension de signature
Au cours de ladite séance de travail, le ministre Tchiroma infiltre trois fonctionnaires de la direction générale à la Recherche extérieure (Dgre) dans son cabinet. L’identité de ces fonctionnaires de la police n’est pas déclinée. Leur fonction et grades non plus.
D’après Issa Tchiroma qui ne nie pas cette infiltration, cette présence s’imposait tant elle a permis aux intéressés de se faire une idée de l’ambiance réelle au sein de son département ministériel, loin des notes de renseignements par fois orientées qu’ils reçoivent sur sa gestion de ce département ministériel. Pour le chef de département ministériel, c'était faire preuve d'une manifestation de transparence.
Au cours du débat qui va suivre, de manière unanime et frontale, tous les principaux collaborateurs du Mincom, apprend-on de sources internes à ce département ministériel, décrieront le manque des moyens leur permettant de travailler, l’essentiel du budget de fonctionnement étant alloué au ministre lui-même.

Pour eux, les structures opérationnelles se trouvent paralysées pour cause de la main basse du ministre de la Communication sur près de 90% du budget de fonctionnement. D’après un responsable présent à la réunion qui a souhaité gardé l’anonymat pour des raisons évidentes, le secrétaire général, les directeurs, conseillers techniques et inspecteurs ont dénoncé cette répartition du budget. En effet, apprend-on de sources autorisées, sur un milliard de Fcfa de budget destiné au fonctionnement des services centraux, le cabinet du ministre s’en tire avec… 850 millions de Fcfa.
Sans indiquer le pourcentage ni le montant qui est alloué au fonctionnement de son cabinet, le Mincom de son côté affirme que le budget de fonctionnement des services centraux n’est que de 802 millions de Fcfa. A en croire nos sources, la direction des Affaires générales reçoit une affectation de 75 millions, la direction des Technologies de la communication, 15 millions, celle de la Promotion de l'image, 12 millions, la division des Affaires juridiques, 10 millions.

Dans le même temps, le secrétaire général bénéficie d’une dotation de 10 millions de Fcfa, l’inspecteur général, cinq millions, l’inspecteur n°2, trois millions et le conseiller technique n°1, trois millions. Dans cette répartition, tous les responsables faisant valoir leurs droits à la retraite puisque ne pouvant plus rien engager officiellement sur les lignes budgétaires de l’Etat, ont perdu le droit d’engager des dépenses sur leurs lignes au profit du cabinet du ministre. A la proposition principale de ses collaborateurs «d'effectuer un saupoudrage [budgétaire] auprès des directions opérationnelles afin que celles-ci puissent répondre de manière efficace aux tâches prescrites», M. Tchiroma, selon nos sources, a répondu par la négative.
D’après des sources, le ministre a retiré la signature à cinq de ces collaborateurs au terme de la réunion du 30 mars dernier. Il s’agit du secrétaire général, de l’inspecteur général, du conseiller technique numéro 1, du conseiller technique numéro 2, du directeur de la communication publique et de celui l'action gouvernementale. Une information démentie par le ministre de la Communication, qui dit n’avoir suspendu personne de signature depuis son entrée en fonctions. Une déclaration qui est cependant loin de détendre l’atmosphère au ministère de la Communication.

La Fécafoot sanctionne Eto’o

Représailles. Le capitaine des Lions Indomptables est châtié pour avoir engueulé un journaliste à Dakar.


Ce qui est maintenant convenu d’appeler « la nouvelle affaire Samuel Eto’o Fils » remonte au 26 mars dernier à Dakar, au soir du match Sénégal – Cameroun (1-0).

Quelques jours avant ce match des éliminatoires de la Can 2012 au Gabon et en Guinée équatorial, les supporters du Sénégal promettent une raclée aux Lions Indomptables. Au finale, Samuel Eto’o et ses coéquipiers prennent une gifle. 1-0. Au cours de la traditionnelle conférence de presse d’après match, tout se passe plutôt bien. Samuel Eto’o Fils, le capitaine et Javier Clemente, le sélectionneur, font face aux journalistes. Les questions fusent de toutes parts. Vient le tour du correspondant à Dakar de la chaîne de télévision camerounaise, Equinoxe de poser sa question au capitaine des Lions. Il n’y va pas de main morte. Il veut savoir si la défaite des lions signifie la fin de la génération Eto’o, un peu comme ce fut celle de la génération Diouf au Sénégal.

A cette question, Samuel Eto’o a le souffle coupé. Il manque de bondir de son siège. Sa réponse est saignante : « Vous et votre beau sombrero, vous devriez plutôt penser à vous retirer. Quand on joue comme on a joué ce soir (samedi, ndlr), vous devriez plutôt nous dire merci. L'équipe du Cameroun n'avait pas aussi bien joué depuis longtemps. Je me demande si vous êtes Camerounais et si vous avez vu le même match que nous. Je pense d'ailleurs que vous n'êtes pas Camerounais. »

Le Pichichi parle en faisant de grands gestes de menace, les yeux rivés sur « l’insolent », le doigt pointé sur lui. Ses yeux crachent du feu. Toujours aussi courroucé, il ajoute : « Je parlerai à votre patron d'Equinoxe, parce que vous ne méritez même pas de travailler pour cette merveilleuse chaîne. J'ai 30 ans, j'ai tout gagné dans ma carrière, mis à part la Coupe du monde, et jusqu'à présent, j'essaye de représenter valablement l'Afrique et le Cameroun. Des gens comme vous, ça ne mérite pas d'exister. Vous ne voulez pas que l'Afrique avance, vous ne voulez pas que le Cameroun avance ! Vous êtes toujours négatif ! »
Ce coup de sang de Samuel Eto’o fait le buzz en ce moment sur internet. Il est également diffusé en boucle sur plusieurs chaînes de télévision françaises (i-Télé, Info sport, France 24, etc.).

La commission d’homologation et de discipline de la Fécafoot s’est réunie d’urgence hier et a décidé de sanctionner Samuel Eto’o Fils pour cet écart de comportement jugé « inadmissible »… Il aurait ainsi été déchu de son brassard de capitaine…
Au fait, il paraît que nous sommes le 1er avril. Bon appétit !

Les gros soucis d'Alassane Ouattara

Le nouveau chef d'Etat « otage » des faiseurs de roi

Voilà seulement 10 jours qu’Alassane Ouattara a pris les rênes du pays. Dix jours qu’il a commencé à « exercer l’effectivité du pouvoir ». Mais, déjà, que de soucis pour le successeur de Laurent Gbagbo ! Alassane Ouattara hérite en effet d’un Etat balafré, déglingué, désintégré même, après quatre mois d’une crise post-électorale absurde. Pour se hisser au sommet de l’Etat, il a dû croiser le fer avec le président sortant, une rude bataille qui aura fortement affecté les solides acquis du pays. Au moment où se referme lentement la douloureuse parenthèse, il lui faut commencer à reconstruire la maison. Et la tâche s’annonce herculéenne. Un inextricable puzzle qu’il aura bien des soucis à reconstituer. Entre autres soucis, le partage du "gibier". L’éléphant (Laurent Gbagbo et son régime) abattu, on assiste depuis quelques jours à une ronde des « hyènes », des « vautours » à l’hôtel du Golf, actuel siège du nouveau pouvoir. Ils sont nombreux à défiler avec leurs CV sous l’aisselle, tous ceux qui estiment avoir légitimement droit au "gibier", pour avoir pris part à la "chasse". « Les gens viennent réclamer des postes », s’agaçait avant-hier à la Primature, un membre influent du gouvernement, au sortir du premier conseil de gouvernement. La course aux postes est donc une réalité. Comment alors procéder au partage du gâteau sans donner le sentiment d’avoir fait un partage léonin et donc susceptible de faire des mécontents dans ses rangs ? Ecartelés entre tous les faiseurs de rois à qui il doit son accession au pouvoir, comment Ouattara va-t-il manœuvrer pour que cette redistribution des cartes et des rôles ne fasse pas le lit des frustrations et autres mauvais sentiments qui pourraient lui être préjudiciables ?

LES CAS BEDIE, SORO, IB ET SARKOZY

Le nouvel homme fort d’Abidjan, on le sait, reste redevable à son aîné Henri Konan Bédié du Pdci et plus généralement à la coalition des formations politiques grâce auxquelles il a remporté la bataille des urnes. Mais aussi au leader de l’ex-rébellion, Guillaume Soro, dont l’armée a grandement contribué au succès militaire ayant abouti à son installation effective au pouvoir. Et il y a aussi Nicolas Sarkozy, le président français, dont le coup de pouce militaire aura été décisif dans la chute de Gbagbo. On n’occultera pas non plus le précieux appui diplomatique du président de la première puissance mondiale, Barack Obama. Tout comme l’apport non négligeable du commando invisible d’Abobo emmené par le désormais « général » Ibrahim Coulibaly dit IB, dont les hommes auront somme toute contribué à saper le moral des troupes de Gbagbo. Comment prendre en compte les intérêts de cet ensemble disparate sans pour autant être otage des faiseurs de roi ? Une autre préoccupation de Ouattara, c’est de gagner le pari de faire travailler les soldats venus du Nord avec ceux du Sud, vestiges d’une armée encore vue comme comptable des péchés du président sortant. Comment remettre en marche, de toute urgence, l’appareil sécuritaire en faisant cohabiter ceux qui ont gagné la guerre avec ceux qui l’ont perdue ou ont renoncé à la faire, après avoir longtemps porté à bout de bras le défunt régime de Laurent Gbagbo ? Qui doit faire quoi ? Et surtout sous les ordres de qui ?

L’EQUATION DES CHEFS DE GUERRE

L’équation est d’autant plus difficile à résoudre que les légendaires chefs de guerre de l’ex-Forces nouvelles que sont Chérif Ousmane, Koné Zackaria, Wattao, Hervé Touré dit "Vetcho", Morou et autres ne voudraient pas se contenter de jouer les seconds rôles après avoir mouillé le maillot, au péril de leur vie, pour installer Ouattara au pouvoir. Il y a également le cas IB. Comment l’intégrer à ce groupe hétéroclite sans réveiller les vieux démons de la division au sein de l’ex-rébellion ? Il faudra donc jouer serré pour trouver la bonne formule, et ce ne sera pas une sinécure. Par ailleurs, le successeur de Laurent Gbagbo est attendu sur le terrain mouvant de la lutte contre l’impunité. Au lendemain du battage médiatique autour des tueries de Duékoué, il a promis de faire la lumière sur tous les crimes, quels qu’en soient les auteurs. Il est clair cependant qu’il n’aura pas les coudées franches pour s’attaquer à ce dossier, qui apparaît comme une boîte de Pandore. Ira-t-il jusqu’à livrer à la justice certains de ses officiers contre qui pèseraient des accusations de crimes de guerre ? Bien malin qui pourra le dire. A tous ces soucis s’ajoute l’énorme défi de la relance économique et de la reconstruction. Vu l'état du pays, tombé plus bas que terre, dure s'annonce la relève. Ouattara doit donc être en train de s'arracher les cheveux, préoccupé qu'il est en ce moment de savoir par quoi commencer. Dur, dur pour un nouveau régime acquis de haute lutte.

Dossier

Education nationale : Comment sauver l'école ivoirienne ?

En Côte d'Ivoire, le secteur de l'éducation et de la formation est fortement sinistré. C'est un secret de polichinelle, l'école ivoirienne est à l'agonie. Elle est même dans un coma profond. L'école ivoirienne a perdu son lustre d'antan et se meurt chaque année un peu plus, dans l'indifférence totale des gouvernants qui se succèdent à la tête du pays depuis plus de 20 ans. Comment sauver cette école ivoirienne qui a vu sortir de ses entrailles, de grands intellectuels, scientifiques, hommes politiques ivoiriens et africainsn? Peut-on encore sauver cette école qui a perdu le nord et qui n'a plus de repère ?

Depuis deux décennies, elle a connu des fortunes diverses, afin d’être "ressuscitée". Le système de double vacation, l'école gratuite, la réduction et la suppression de certains congés scolaires, l'organisation de deux sessions d'examens de fin d'année (une pour la zone sud et l'autre pour les zones Cno), la lutte contre la fraude et la tricherie, le changement de système d'enseignement, l'introduction du système LMD dans le supérieur, le redécoupage de l'année académique en deux semestres dans le secondaire... Tout a été mis en oeuvre pour tenter de remettre cette école ivoirienne sur les rails et la sauver ainsi d'une mort certaine. Mais rien n'y fit, car l'école ivoirienne ne s’est jamais aussi mal portée. Il ne pouvait en être autrement puisque les réels problèmes demeurent.

En effet, comment peut-on sauver l'école ivoirienne quand les étudiants sont entassés dans des amphithéâtres ? Comment peut-on la sauver quand les effectifs d'élèves dans des classes d’établissements secondaires publics avoisinent ou franchissent la barre de 100 ? Comment peut-on sauver l'école quand la tricherie, la fraude, la violence, le système des MST (Moyennes sexuellement transmissibles) sont érigés en mode de fonctionnement? Comment peut-on sauver l'école quand les grèves intempestives et des perturbations de tous ordres prennent le pas sur les cours ?

Cette année académique 2010-2011 (comme bien d'autres années antérieures) n'aura été encore une autre que de nom. De fait, les cours ont été constamment perturbés depuis l'ouverture de la campagne électorale jusqu'à l'éclatement de la crise post-électorale. Ceux des enseignants qui ne se reconnaissaient pas en Laurent Gbagbo ont choisi de déposer la craie. L'on a eu droit, dès lors, à une école à double vitesse avec les classes fermées en zone Cno pendant que les élèves dans la zone gouvernementale recevaient des cours en demi-teinte. Depuis le mois de mars, la tendance est à l'inverse. L'école a repris ses droits en zone Cno depuis le 28 mars pendant qu'elle reste fermée à Abidjan et dans d'autres villes de l'intérieur (ex-zone gouvernementale).

Dans la foulée, plusieurs milliers d'élèves, d'enseignants et d'étudiants fuyant des affrontements entre les forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara sont disséminés un peu partout dans le pays. Certains ont même trouvé refuge dans les pays voisins. Comme ont le voit, la question de l'école est tout aussi délicate que complexe. C'est donc à un travail titanesque que les nouvelles autorités du pays devront s'adonner afin de sauver l'école ivoirienne d'une année blanche. Cela passe par la réouverture effective des écoles et des universités en ex-zone gouvernementale telle que prévue pour le mardi 26 avril prochain et l'harmonisation des programmes scolaires entre le nord et le sud du pays. La réouverture des classes risque cependant de buter sur une difficulté. Comment peut-on en effet parler de reprise des cours quand on sait que les universités, notamment Abobo-Adjamé et Cocody ont été entièrement pillées et détruites lors des derniers évènements survenus dans le pays ? Que deviennent les étudiants dont les résidences universitaires ont été incendiées ? Que fait-on pour les élèves du primaire et du secondaire qui ont trouvé refuge dans les pays voisins, pour se mettre à l'abri des combats ? Doit-on sauver l'année scolaire qui n'en est pas une en réalité, en sacrifiant ces milliers d'élèves qui sont étrangers à cette situation de crise politique, juste pour échapper à une année blanche? Tous les regards sont tournés vers le gouvernement.

Titrologie

Presse écrite Ivoirienne du 21 - 04 - 2011