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samedi 30 avril 2011

Attentat de Marrakech : les premiers éléments de l'enquête

Selon le ministre marocain de l'Intérieur, le bilan de l'attentat de Marrakech s'établissait vendredi soir 29 avril 2011, à 16 morts dont 13 ont été identifiés : sept Français, deux Canadiens, deux Marocains, un Anglais et un Néerlandais. L’attentat n’est toujours pas revendiqué mais on en sait un peu plus sur le mode opératoire de l’attaque contre le café Argana.

L'attentat n'a pas été formellement revendiqué, mais on a appris qu'une vidéo postée sur internet trois jours avant l'attentat et attribuée à AQMI menaçait le Maroc. Par ailleurs, les autorités affirment que la bombe, un engin de forte puissance, a été déclenchée à distance, un mode opératoire et des explosifs qui rappellent les méthodes d'al-Qaïda.
Cette information a deux conséquences : elle permet d’abord d’évacuer définitivement la piste du kamikaze. Ensuite, la présence de TATP, produit apparemment apprécié des groupes islamistes radicaux selon les spécialistes, permet de faire un lien entre cet attentat et al-Qaïda.
Enfin, si la bombe a été déclenchée à distance, cela signifie concrètement que le suspect court toujours. « Nous devons rester vigilants », a affirmé le ministre de l’Intérieur Taieb Cherkoui.
A Marrakech, la présence policière a été renforcée, même si la place Djemaa el-Fna grouillait de nouveau de monde vendredi soir, sans contrôle particulier.
« Le processus de réformes dans lequel le Maroc est engagé ne s'arrêtera pas »
En frappant sur le sol marocain, les auteurs de l'attentat ont provoqué une onde de choc au sein même de la population et de la classe politique marocaine. L'attentat touche le royaume chérifien dans une période délicate, alors qu'il vient de s'engager il y a un mois et demi à conduire des réformes, pour renforcer l'indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs. Des réformes réclamées par le peuple, à coups de manifestations, et par un mouvement qui a pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux d'internet le mouvement du 20 février.
Certaint ont-ils intérêt à stopper ces réformes ? A pousser le pouvoir dans une approche sécuritaire ? En tout cas, les Marocains craignent que l'attentat soit un argument pour justifier un retour en arrière. Il faut continuer notre lutte, dire non à la corruption, réclamer notre droit au changement, ont rappelé hier, vendredi, des militants du mouvement du 20 février.

« L'objectif de cet attentat est de répandre la peur et de perturber le mouvement de protestation populaire au Maroc », affirme de son côté le mouvement islamiste interdit Justice et Bienfaisance qui appelle les autorités à ne pas utiliser le drame pour porter atteinte aux droits de l'homme. Tout en dénonçant un acte barbare, lâche et criminel.
Aux éventuels déstabilisateurs, et à ceux qui aspirent à des réformes, le porte-parole du gouvernement a répondu fermement en annonçant que « le processus politique qui vient d'être engagé ne sera pas remis en cause ».

Le processus d'identification des victimes de l’attentat de Marrakech se poursuit

La police marocaine dispose d'un portrait robot de l'auteur présumé de l’attentat de Marrakech. Les derniers éléments de l'enquête laissent penser que la bombe a été déclenchée à distance. Un engin explosif composé notamment de nitrate d'ammonium et de clous. Quatorze personnes sont toujours hospitalisées à Marrakech tandis que le processus d’identification des victimes est toujours en cours.
Le processus d’identification est laborieux, d’abord, parce que l’explosion de la bombe a été très violente. Les corps ont été particulièrement abîmés par cette bombe composée entre autre de clous. A la morgue de Marrakech, plus d’une vingtaine de policiers sont à pied d’œuvre pour identifier les corps. La France et deux autres pays ont envoyé des renforts pour aider les autorités marocaines.
Ensuite, interviennent des difficultés administratives. Il est très compliqué de confirmer l’identité d’une personne, quand elle n’a pas de papier d’identité sur elle, et qu’il n’y a pas de membre de la famille sur place pour reconnaître le corps.
Un bilan susceptible d'évoluer
Enfin, les autorités respectives sont très prudentes avant de confirmer la nationalité d’un corps. Car une personne morte dans un attentat a droit à des réparations de l’Etat concerné. Le bilan est donc malheureusement toujours susceptible d’évoluer.
Dans l’après-midi du 29 avril, une jeune française est décédée à l’hôpital. Dans la matinée, c’est une petite fille de dix ans qui a succombé à ses blessures. A l'heure actuelle, vingt-neuf personnes sont blessées, dont au moins quatre français dans un état instable. Le bilan s'établit pour le moment à 16 morts dont au moins 11 étrangers.

Libye : Tripoli propose une amnistie aux rebelles de Misrata mais les combats se poursuivent pour le contrôle du port

Le régime de Tripoli a proposé vendredi 29 avril 2011 au soir une amnistie aux rebelles de la ville portuaire de Misrata, leur demandant de déposer les armes avant le 3 mai. Mais l'offensive militaire se poursuit et le contrôle de Misrata, porte d'entrée de l'aide à la population et aux forces rebelles, est crucial pour les deux parties en conflit. Ce samedi matin, tôt, dans une allocution télévisée le numéro un libyen a réaffirmé qu'il ne quitterait pas son pays et appelé à des négociations avec l'Otan
Pour bénéficier de cette amnistie, les rebelles de l'ouest qui se battent dans Misrata depuis près deux mois n'auront qu'à se rendre et déposer les armes. C'est du moins ce qu'affirmait en fin de soirée, ce vendredi, le porte-parole du gouvernement, Moussa Ibrahim, faisant état d'un communiqué du ministère de l'Intérieur.
L'offre est valable jusqu'au 3 mai et le régime promet que tous les repentis pourront librement quitter la ville, alors qu'au même moment, une contre-offensive de l'armée est en cours. Un peu plus tôt, les autorités libyennes avaient annoncé que les forces loyalistes avaient rendu les installations portuaires inutilisables et avaient prévenu que tous les navires tentant d'entrer dans le port seraient considérés comme ennemis et attaqués. Le général Rob Weighill, directeur des opérations en Libye pour l'Otan, a annoncé au cours d'une conférence de presse tenue à Naples vendredi, que ses navires avaient neutralisé des mines posées par les forces loyales au colonel Kadhafi dans le port de Misrata :
« Nos navires ont intercepté de petits bateaux qui déposaient des mines flottantes à la sortie du port de Misrata et nous nous sommes débarrassés des engins que nous avons trouvé. Cela démontre de nouveau combien le régime du dirigeant Mouammar Kadhafi ignore le droit international et tente d'entraver l'envoi de secours humanitaires ».
Tripoli souhaite que les aides soient désormais acheminées par voie terrestre ce qui paraît fort difficile en l'absence de cessez-le-feu. Finalement, le gouvernement libyen semble tenter de tout faire pour maintenir une apparence de contrôle de la situation alors que les forces pro-Kadhafi semblent avoir perdu l'avantage depuis longtemps dans Misrata.

Kadhafi s’accroche mais dit vouloir négocier avec la France et les Etats-Unis

Dans une allocution prononcée dans la nuit de ce samedi 30 avril 2011, Mouammar Kadhafi s’est dit prêt à conclure un cessez-le-feu et à participer à des discussions avec l’Otan. Les rebelles, comme l'Otan, ont aussitôt rejeté cet appelAssis derrière un bureau, le dirigeant libyen s’est exprimé durant 80 minutes pour réaffirmer sa volonté de ne pas démissionner et de rester en Libye.
Mouammar Kadhafi ne prend pas le risque de se laisser oublier. Régulièrement depuis le début de l’insurrection en Libye, le 15 février 2011, il intervient à la télévision nationale ou encore se fait filmer dans les rues de Tripoli entouré de partisans enthousiastes. Sa dernière apparition, cette nuit, était retransmise en direct si on en croit la télévision d’Etat.
En tout cas, au moment même où Mouammar Kadhafi prononçait son discours, l’Otan bombardait un bâtiment voisin de celui qui abrite la télévision, « ce qui fait penser que le guide de la révolution en personne était visé » a affirmé la télévision d’Etat. Plusieurs fois au cours de son intervention, le guide libyen a assuré qu’il ne quitterait pas la Libye, alors que l’écran tremblait à plusieurs reprises.
Comme à son habitude, Mouammar Kadhafi a soufflé le chaud et le froid, appelant Paris et Washington à négocier une sortie de crise « mais sans condition » pour aussitôt menacer d’attaquer tout navire entrant dans le port de Misrata assiégé depuis deux mois. Il confirmait ainsi l’annonce faite un peu plus tôt par la télévision libyenne qui disait que « tout bateau tentant d’entrer au port serait frappé avec force » en précisant que l’armée avait « mis hors service » le port, sous-entendant qu’il avait été miné.


Béatification accélérée pour Jean-Paul II

Des centaines de milliers de catholiques ont afflué ce samedi 30 avril 2011 à Rome pour assister à la cérémonie de béatification du pape Jean-Paul II dimanche 1er mai place St-Pierre. Six ans après sa mort, Jean-Paul II devient bienheureux au terme d’une procédure accélérée de béatification.
En entrant dans le panthéon de l’Eglise, Jean-Paul II rejoint les nombreux papes qui ont été faits avant lui bienheureux. Mais sa béatification est tout sauf une « formalité » vaticane. L’Eglise veut faire de Karol Wojtyla un exemple pour notre temps. Jean –Paul II fut un pape d’exception.
C’est pourquoi sa béatification a échappé aux règles ordinaires. La période de cinq ans pour l’ouverture du procès a été ramenée à deux mois. Il faut dire que le culte Jean-Paul II avait déjà commencé le jour de ses funérailles place St-Pierre, avec ces banderoles réclamant comme au Moyen Age la déclaration immédiate de sa sainteté « Santo subito » (Saint tout de suite). A ce moment là, la sainteté du pape polonais est apparue comme une évidence. Evidence aussi pour Benoît XVI qui va appuyer le dossier de tout son poids.
Dans une Eglise souvent raillée, qui vient de traverser une lourde crise dont le grand défi est celui de l’indifférence religieuse en Europe, cette béatification est une bouffée d’oxygène. Elle donne en exemple un pape qui fit de sa vie et de son pontificat une croisade au service de l’homme.
Un sens aigü de la communication
Doué de talents multiples, à la fois homme de prière et d’action, Jean-Paul II a mis la puissance de sa vie intérieure et son sens aigu de la communication au service de cette mission. Une force puisée dans la ferveur d’un catholicisme polonais traditionnel mais aussi dans les drames politiques du 20e siècle, le nazisme et le communisme, vécus par son pays natal, et qui feront de lui un résistant.
Résistant aux totalitarismes de toute sorte certes, mais le tombeur du communisme, comme on a pu le surnommer, dénoncera avec la même vigueur le relativisme des sociétés occidentales qui font selon lui un usage fallacieux du concept de liberté.
Apôtre de la paix, de l’entente entre les religions, pape du pardon et des demandes de pardon, porte-parole des malades, défenseur des exclus et des pauvres de la planète, pourfendeur du capitalisme sauvage, figure paternelle pour les jeunes à l’intention desquels il a créé les Journées mondiales de la jeunesse, l’aura de Jean–Paul II dépassera les frontières du catholicisme.
Un pape qui a aussi ses détracteurs
Toutefois, ses combats lui ont valu aussi des critiques. Ses détracteurs, certes minoritaires, lui reprochent sa rigidité en matière de morale sexuelle, le préservatif dont il s’est gardé de faire la promotion lors de ses voyages en Afrique, préférant alors parler de fidélité et d’abstinence, sa cécité face aux abus des prêtres pédophiles dont il laissera le règlement de l’épineux dossier à son successeur, sa mise au pas en Amérique latine de religieux jugés trop progressistes, sans compter son inflexibilité sur le célibat des prêtres et la place des femmes dans l’Eglise.
Trop « tradi » pour les uns, pas assez pour les autres. Les catholiques de la mouvance de Mgr Lefebvre, eux, n’ont toujours pas digéré la rencontre interreligieuse d’Assise de 1986.
La vie de Jean-Paul II et son pontificat de 26 ans, l’un des plus longs de l’histoire de l’Eglise, se résume à un combat qu’il portera de bout en bout dans la plénitude de ses moyens physiques, comme dans la maladie. Paralysé, privé de parole, il fera d’elle un nouveau moyen de communication avec le monde, en montrant que l’homme, dans la force comme dans la faiblesse, demeure toujours digne.
La béatification express de Jean -Paul II
Avec notre envoyée spéciale au Vatican, Geneviève Delrue
Procédure d’exception pour un pape d’exception, c’est ainsi que l’on pourrait résumer l’histoire de la béatification de Jean Paul II. C’est le 13 mai 2005 que Benoît XVI annonce l’ouverture du procès en béatification bousculant la règle du délai des cinq ans après le décès de l’intéressé. Mais le pape Benoît XVI, fidèle collaborateur de JP II, et les cardinaux, demeurent sous le choc des funérailles et de cette marée humaine qui a rassemblé place St-Pierre des centaines de milliers de fidèles, anonymes et grands de ce monde, chefs d’Etat et têtes couronnées dans une étonnante synthèse de G7, d’évènement royal et de JMJ .
Les Focolari, mouvement proche de la spiritualité de Jean-Paul II, portent haut des banderoles qui réclament la sainteté du pape « santo subito », une sainteté qui semble s’imposer comme une évidence .
Une guérison miraculeuse
Tout va alors se précipiter. L’enquête diocésaine en Pologne et à Rome de novembre 2005 à avril 2006, la rédaction de la Positio, le document qui sert de base de jugements aux experts , la proclamation en décembre 2009 de l’héroïcité des vertus de Jean-Paul II et le 14 janvier 2011 , après la reconnaissance par la Congrégation pour la cause des saints de la guérison de la religieuse française sœur Marie Simon-Pierre atteinte de la maladie de Parkinson, le pape valide le décret de béatification, soit six ans et vingt-neuf jours après la mort de Jean-Paul II.
Un temps record pour l’examen de milliers de documents. Les ombres du pontificat, parmi lesquelles la gestion des abus sexuels au sein du clergé, la cécité du pape vis-à-vis du fondateur des Légionnaires du Christ, le père Marcial Maciel, à la sexualité pervertie et qui a bénéficié de l’amitié du pape, n’ont pas bloqué le dossier.
Jean-Paul II, devenu bienheureux, pourra faire désormais l’objet d’une dévotion locale avec des statues et des bannières. De même, ses reliques pourront être honorées comme les 1 338 héros de la foi catholique qu’il a de son vivant béatifiés.

Le principal accusé dans le meurtre du lieutenant-colonel Combo renvoyé devant la cour d'assise de Moroni

Aux Comores, l'assassinat en 2010 du lieutenant-colonel Combo Ayouba n'est pas prêt d'être résolu. Aucune enquête n'a véritablement été menée pour retrouver les coupables. Les autorités n'ont pas fait expertiser l'arme du crime. Le principal accusé est l'ex-chef d'Etat major, le général Salimou Amiri. Il a été renvoyé devant la cour d'assises de Moroni. Mais pour son avocat français, Maître Thierry Levy, il n'y a pas de chefs d'accusation valables.

Madagascar : les cours n’ont toujours pas repris dans les universités de médecine du pays



A Madagascar, au-delà de la crise politique, il y a une crise récurrente dans l’enseignement supérieur. Depuis plus d’un an, les enseignants-chercheurs sont en conflit avec leur ministère, à qui ils réclament le paiement d’indemnités et d’heures complémentaires. Ainsi, alors que la rentrée universitaire aurait du théoriquement avoir lieu depuis début mars, on ne sait toujours pas quand les étudiants pourront démarrer leurs cours.
Mercredi, ils étaient plusieurs dizaines d’étudiants en médecine à avoir entamé un mouvement, barrant la route menant au campus pour affirmer leur envie de commencer leur année de cours. Et puisqu’il était présent à l’université pour inaugurer de nouveaux dortoirs, Andry Rajoelina lui-même est venu à leur rencontre pour leur assurer qu’il n’y aurait pas d’année blanche.
Mais vendredi, c’étaient au contraire les enseignants-chercheurs qui ont fait un sit-in dans la matinée, pour montrer leur volonté de ne rien céder dans le conflit qui les oppose à leur ministère et contester l’idée d’un démarrage des cours imminent. Tout du moins tant que ne sera pas concrétisée leur principale revendication, le paiement des indemnités et des heures complémentaires. A son crédit, le syndicat peut arguer qu’il a de son côté tenu son engagement de janvier dernier, terminer au plus vite l’année universitaire 2010.
Aujourd’hui, les autorités laissent entendre qu’elles vont régulariser la situation, mais elles sont incapables de donner un calendrier. Et dans les circonstances actuelles, il pourrait être difficile pour l’Etat de payer les arriérés qu’il doit aux quelque 1 300 enseignants-chercheurs répartis dans les six universités du pays.

Discrimination raciale dans le foot français : démenti de Laurent Blanc

Les dirigeants du football hexagonal ont démenti en bloc hier vendredi 29 avril les accusations du site d'information en ligne Mediapart, qui affirme que des dirigeants du foot français auraient approuvé la mise en place d’une politique de quotas ethniques dans les centres de formation. Laurent Blanc, sélectionneur des Bleus, parle de mensonge. Il nie même avoir entendu parler d'un tel projet. Mais il confirme l'existence d'une réflexion sur les critères de sélection à l'entrée des écoles de football.

Les tornades les plus meurtrières depuis les années 1930


Le bilan humain ne cesse de s'alourdir après le passage des tornades qui ont frappé le sud des États-Unis. Au moins 324 personnes ont été tuées ces derniers jours. En visite en Alabama vendredi, Barack Obama a annoncé une aide fédérale d'urgence. 
Les tornades qui ont frappé le Sud des Etats-Unis ces derniers jours ont tué 324 personnes, du jamais vu depuis 80 ans, et transformé des régions entières en champs de ruines, où le président Barack Obama s'est rendu vendredi. L'Alabama est l'Etat qui a payé le plus lourd tribut à la série de tornades, avec 228 morts, selon des chiffres communiqués par les autorités locales. Dans le Tennessee, 34 personnes sont mortes, 34 dans le Mississippi, 15 en Géorgie, huit dans l'Arkansas et cinq en Virginie.
Il faut remonter à 1932, avec la mort de 332 personnes, pour trouver un bilan semblable aux Etats-Unis.
Les dégâts pourraient coûter entre 2 à 5 milliards de dollars aux assurances, selon une première estimation transmise vendredi par la société Eqecat.
Vendredi, Barack Obama était en Alabama pour y rencontrer des habitants et constater les dégâts.
"Je dois dire que je n'ai jamais vu une telle dévastation", a affirmé M. Obama, en visite à Tuscaloosa, une ville de 90.000 habitants dans l'ouest de l'Alabama, où certains quartiers ont été quasiment rayés de la carte.
"Cela nous brise le coeur, nous venons juste de parler à des habitants qui ont eu la chance de s'en sortir vivants mais qui ont tout perdu", a remarqué M. Obama lors d'un court point de presse.
"Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider à reconstruire", a-t-il promis, face au gouverneur de l'Alabama Robert Bentley.
L'Alabama compte aussi plus de 1.700 blessés et près d'un million de personnes privées d'électricité, et Tuscaloosa fait partie des zones les plus touchées.
"Je n'aurais jamais imaginé qu'une tornade puisse occasionner une telle destruction dans une ville", confie à l'AFP Rose Livingston, tandis que ses enfants chargent dans sa voiture les cartons de chips, de canettes de soda, de bouteilles de vin et de surgelés qu'elle a réussi à sauver de son petit commerce alimentaire, dévasté par la tempête.
Comme elle, Thomas Higgins craint les pillages et installe des panneaux de bois pour remplacer tout un pan de mur de sa maison, détruit en quelques secondes.
"Il faut que j'arrive à fermer la maison d'une manière ou d'une autre. J'ai beaucoup de belles choses et d'objets de valeur à l'intérieur et je veux les protéger. Tout le monde sait ce qui se passe la nuit dans ces cas-là si on ne prend pas soin de sa maison", dit-il.
Beaucoup, comme cet habitant de Tuscaloosa, se souviennent des scènes de pillage qui avaient suivi le passage de l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans en 2005. "N'approchez pas ou je vous tire dessus", a-t-il écrit sur une pancarte près de sa maison.
Le gouverneur a promis qu'il renforcerait la sécurité à Tuscaloosa et appelé le gouvernement fédéral à renforcer la présence de la Garde nationale.
Mais certains n'ont plus rien à perdre, à l'instar de Macolee Muhammad, qui vivait à quelque 80 km de là. "Une tornade est arrivée juste au-dessus de ma maison. J'ai essayé de sortir mais le vent secouait si fort la porte de la salle de bains que j'ai dû m'agripper pour rester à l'intérieur", a-t-il raconté sur CNN. "Toutes mes photos sont parties, tout ce que ma mère m'avait donné. Tout s'est envolé, tout. Il ne me reste plus rien".
Les tornades ont été parmi les plus violentes depuis des années aux Etats-Unis: la ville de Smithville, dans le Mississippi, a été balayée par une tornade de catégorie F5, très rarement observée et caractérisée par des vents allant jusqu'à 330 kmh.
Le record du plus grand nombre de tornades enregistrées au cours d'une période de 24 heures remontait jusqu'ici à 1974, avec 148. Mais plus de 160 ont été décomptées mercredi, sans que ce chiffre n'ait pour l'instant été confirmé.
Si le bilan des morts de cette semaine continue de s'alourdir, il pourrait finalement n'être dépassé aux Etats-Unis que par celui de la tornade géante de 1925, qui avait fait 747 morts.
 

La piste Al-Qaïda privilégiée dans l'attentat de Marrakech

Deux jours après l'attentat qui a frappé la place Jemaâ el-Fna, à Marrakech, et causé la mort de 16 personnes, aucune revendication n'est parvenue aux autorités. Pour le ministre marocain de l'Intérieur, l'attaque rappelle les méthodes d'Aqmi.
Une bombe déclenchée à distance a provoqué l'attentat de jeudi qui a fait 16 morts dont sept Français à Marrakech, a annoncé vendredi le Maroc, qui soupçonne des émules d'Al-Qaïda.
Les premiers éléments de l'enquête "ont montré que (la bombe était composée) de nitrate d'ammonium et d'explosifs TATP, ainsi que de clous, et que l'explosion a été déclenchée à distance", a déclaré devant le Parlement à Rabat le ministre marocain de l'Intérieur, Taeb Cherkaoui.
En conséquence, a-t-il souligné plus tard dans un point de presse, "l'hypothèse du kamikaze", avancée dans un premier temps, est désormais "exclue".
"La manière dont cet acte a été exécuté nous rappelle le style utilisé d'habitude par l'organisation Al-Qaïda", a-t-il encore dit à propos de cette attaque - la plus meurtrière depuis les attentats islamistes de mai 2003 à Casablanca - qui a visé un café du centre de Marrakech, à 350 km au sud de Rabat.
Selon des témoins, interrogés par les enquêteurs, la police dispose désormais du portrait-robot d'un suspect.
Un haut responsable de la sécurité, parlant à l'AFP sous couvert de l'anonymat, a toutefois indiqué qu'il n'y avait eu "pour l'instant aucune arrestation à la suite de cet attentat".
Une vidéo attribuée à l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), diffusée sur internet, avait menacé le Maroc trois jours avant l'attentat de Marrakech, la plus grande ville touristique du royaume chérifien.
Cette vidéo mise en ligne le 25 avril sur YouTube présente cinq jeunes gens armés et dont l'un d'eux, masqué, prend la parole pour annoncer leur détermination à défendre des personnes détenues au Maroc. Treize des 16 personnes tuées dans l'attentat qui a soufflé le café Argana, sur la place Jamâa El-Fna, haut lieu du tourisme à Marrakech, ont été identifiées, à savoir sept Français, deux Canadiens, deux Marocains, un Anglais et un Néerlandais, a déclaré le ministre de l'Intérieur.
Une source médicale a pour sa part indiqué à l'AFP que les 16 morts étaient huit Français, deux Canadiens, deux Marocains, un Anglais, un Néerlandais, un Suisse et un Portugais. Mais cette information n'a pas été confirmée par les autorités marocaines.
Les derniers bilans officiels font en outre état de 26 blessés.
Paris a confirmé qu'au moins six Français figuraient au nombre des tués, et au moins sept au nombre des blessés. Les autorités françaises ont envoyé au Maroc une équipe de huit policiers pour participer à l'enquête.
"A cet instant, l'indication dont nous disposons, c'est qu'il y aurait, je le dis avec réserve, six personnes de nationalité française qui seraient décédées et sept blessées", a déclaré à la presse le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant.
Les autorités marocaines et françaises avaient immédiatement dénoncé un acte "terroriste", dans ce pays d'Afrique du Nord voisin de la région du Sahara où est très active Aqmi, qui s'en est déjà prise aux intérêts français.
Aqmi détient notamment quatre otages français enlevés au Niger en 2010, et a exigé le départ des troupes françaises engagées dans des opérations de l'Otan contre les talibans et les partisans d'Oussama ben Laden en Afghanistan.
L'attentat n'a pas été revendiqué, et les enquêteurs ont procédé à des interrogatoires de témoins, notamment deux touristes néerlandais qui ont décrit un homme suspect qu'ils ont vu dans le café Argana.
Les témoignages de John Van Leeuwen et de Marjolein Appel ont permis d'établir un portrait-robot, et les deux touristes ont été conduits à la morgue, mais n'y ont pas reconnu parmi les victimes l'homme croisé dans le café.
Selon des déclarations faites à l'AFP par M. Van Leeuwen, il s'agit d'un Arabe, jeune, bien rasé et aux cheveux longs.
"J'ai demandé aux enquêteurs ce matin : +Est-ce que vous pensez que c'est lui ?+ et ils m'ont dit oui", a indiqué vendredi M. Van Leeuwen.
Le roi Mohammed VI a ordonné dès jeudi une enquête rapide et transparente, et a demandé que l'opinion publique soit tenue au courant de son déroulement.
Le souverain, qui a succédé à son père en 1999, fait face depuis le début de l'année à un mouvement de contestation qui exige des changements politiques dans le royaume, et il a promis d'engager des réformes démocratiques.
Le Maroc a toutefois été épargné par les troubles, et dans certains cas les violences, qui ont accompagné les appels aux changements dans d'autres pays arabes, notamment l'Egypte, la Tunisie, la Libye et la Syrie.


Le directeur technique de la FFF suspendu pour la polémique des quotas


François Blaquart, le Directeur technique national (DTN) de la FFF, a été suspendu de ses fonctions par le ministère des Sports. Il est soupçonné d'avoir voulu mettre en place des quotas discriminatoires dans les centres de formation de l'Hexagone. 
François Blaquart, le Directeur technique national (DTN) de la Fédération française de football (FFF), a été suspendu de ses fonctions, avec effet immédiat, ont indiqué samedi le ministère des Sports et la FFF qui "réaffirme (n'avoir) envisagé une politique de quotas au recrutement de ses centres de formation".
Chantal Jouanno, ministre des Sports et Fernand Duchaussoy, président de la Fédération Française du football (FFF), ont décidé d'un commun accord que soient suspendues, avec effet immédiat, les fonctions de Directeur technique national (DTN) de M. François Blaquart, ceci dans l'attente des conclusions des enquêtes menées par la FFF (dirigée par M. Patrick Braouezec, président de la Fondation du Football) et par l'IGJS (Inspection générale de la jeunesse et des sports), qui rendront leurs conclusions sous huit jours", ont indiqué les deux instances dans un communiqué. "La FFF réaffirme (...) qu'aucune de ses instances dirigeantes élue n'a validé, ni même envisagé une politique de quotas au recrutement de ses centres de formation", conclut le communiqué.
Cette suspension intervient après la révélation samedi, par le site Mediapart, d'une dialogue entre les plus hauts cadres techniques de la FFF, dont le sélectionneur Laurent Blanc et le DTN François Blaquart, visant à limiter le nombre de joueurs à la double nationalité dans les centres de formation lors d'une réunion en novembre 2010.
Démenti vendredi
Dans un dialogue publié par le site, François Blaquart, déclare: "On peut s'organiser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit".
Lors d'une conférence de presse vendredi, il avait démenti la mise en place de quotas discriminatoires à la Fédération française de football (FFF).
"Bien sûr que je démens, avait-il déclaré. Venez voir toutes nos actions. C'est une évidence. Ni centre de formation, ni Pôle espoirs (n'ont reçu de telle consigne de quotas)".
"Notre seul problème, c'est celui des doubles nationalités (formés en France et qui jouent ensuite pour d'autres sélections à l'étranger), a-t-il ajouté. Ca intègre des joueurs de toutes les origines. Rien à voir avec la couleur de peau. Il y a aussi des gens originaires des pays de l'Est ou des Latins qui se trouvent dans les mêmes conditions".
"Quant à la couleur de peau, nous n'avons qu'à rappeler le lien extrêmement fort avec les départements d'Outre-mer", avait-il conclu.
François Blaquart, 56 ans, était DTN par intérim à l'époque des faits, en novembre 2010. Il a été nommé Directeur technique national le 25 février, en remplacement de Gérard Houllier, parti entraîner le club anglais d'Aston Villa.

Un mariage sans la moindre faute et avec quelques notes de modernité

Les noces du prince William et de Kate Middleton ont été célébrées en grande pompe ce vendredi. Malgré le rang du jeune homme, le couple a su conférer un véritable vent de modernité à la cérémonie, afin de se montrer proche des gens
 
Le mariage du prince William et de Kate Middleton, désormais duc et duchesse de Cambridge, était salué samedi comme un sans faute éclatant et un signe fort de volonté de renouveau de la part de la monarchie.

"Ce mariage donne le signal d'un changement, un renouveau tel que la monarchie n'en a pas connu depuis la mort de la princesse Diana", soulignait le Telegraph, pour qui "tout s'est déroulé sans anicroche".
"Le mariage montre une nouvelle génération, plus décontractée, et plus proche de nous", écrit The Times.
Le journal relève à quantité de petits signes qu'une "nouvelle conception de la monarchie" est en marche. Il évoque un mariage "plus détendu, plus naturel et intime" que celui de Charles et Diana en 1981.
Ainsi, le prince William a glissé à son beau-père en souriant "et quand je pense que ça devait être une affaire de famille", en arrivant devant l'autel.
Clin d'oeil à la tradition populaire, le jeune couple a fait une sortie impromptue du palais de Buckingham dans une voiture décapotable, les traditionnels ballons trainant derrière le pare-choc.
Au petit matin, Harry, le jeune frère du marié avait organisé un petit-déjeuner pour les couche-tard de la fête de la veille. Quant à la reine, elle était partie dans la soirée en week-end, laissant le palais aux "jeunes".
Autant de signes de normalité qui permettent à chacun de s'identifier au couple princier, constatait la BBC, loin de la pompe guindée du mariage du siècle de Charles et Diana en 1981.
"Le fait que le prince William ait choisi un mariage d'amour plutôt qu'un mariage arrangé présage un avenir différent pour la monarchie, moins lié par la tradition, plus proche des gens, et loyal en cela à sa mère", Diana, commente le Telegraph.
La "princesse du peuple", restée extrêmement populaire chez les Britanniques, était présente à l'esprit de tous vendredi, parmi la foule massée sur le parcours. "Diana aurait été fière" soulignait le Times samedi.
Et l'ancien secrétaire privé de la princesse voyait dans les noces une "réconciliation": Camilla, la deuxième épouse de Charles, est apparue au balcon à quelques mètres de Kate qui arborait la bague de fiançailles de Diana.
"Un grand événement familial est une occasion rêvée pour ce type de réparation", commentait Patrick Jephson.
De fait, les Britanniques, que les sondages donnaient peu intéressés par le mariage princier, ont répondu "présent", avec un million de personnes dans la rue et bien davantage assis devant leur téléviseur pour la cérémonie.
Le "jour parfait" de vendredi a donné au peuple britannique l'occasion de "redécouvrir le sens de l'identité nationale", souligne The Sun, premier tirage du pays.
Un succès qui vient à point nommé, après la série d'échecs conjugaux qui a miné l'image de la monarchie. Des quatre enfants de la reine, seul Edward est toujours marié à sa première épouse Sophie Rhys-Jones, même s'ils ne vivent pas ensemble. Aussi bien Anne qu'Andrew et surtout Charles ont divorcé, dans un tumulte médiatique sans précédent.
Samedi matin, alors que les nettoyeuses déblayaient les restes de la fête, les spéculations allaient bon train sur la destination du voyage de noce.
Mais une chose paraissait clairement: "William a réclamé la tranquillité", soulignait la BBC. Après un voyage officiel début juin au Canada, le jeune prince devrait reprendre sa place, celle de second dans la ligne de succession au trône, quelle que soit l'envie du public de le voir supplanter Charles.
"Après le spectacle, le rideau retombe", écrit le Guardian, pour qui la "place de la royauté", mais aussi "l'économie, et par dessus tout le fonctionnement de notre démocratie posent problème tout autant qu'avant".


Mouammar Kadhafi réaffirme qu'il ne quittera pas la Libye

Dans un discours diffusé tôt ce samedi à la télévision libyenne, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se dit prêt à "conclure un cessez-le-feu" et à "négocier" avec l'Otan. Il exclut de nouveau de quitter le pays.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, confronté à une insurrection sans précédent et à des bombardements de l'Otan, s'est dit prêt samedi à conclure un cessez-le-feu et à entamer des négociations avec l'Alliance atlantique.
Dans un discours de 80 minutes retransmis en direct à la télévision publique tôt samedi, Kadhafi a toutefois réaffirmé qu'il n'avait aucune intention de démissionner ou de quitter le pays et a conditionné la trêve à l'arrêt des frappes aériennes occidentales.
"(La Libye) est toujours prête à conclure un cessez-le-feu (...) mais un cessez-le-feu ne peut pas venir que d'un seul camp", a-t-il dit, assis derrière un bureau.
"Nous avons été les premiers à saluer l'idée d'un cessez-le-feu et nous avons été le premiers à accepter un cessez-le-feu (...) mais l'attaque des croisés de l'Otan n'a pas pris fin."
La Libye est le théâtre depuis le 15 février d'affrontements entre les forces gouvernementales et des forces rebelles qui réclament le départ du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 41 ans, sur fond de soulèvement populaire sans précédent dans le monde arabe.
Prenant le relai des Etats-Unis, l'Otan a pris fin mars le commandement des opérations militaires en Libye visant à faire appliquer la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu qui prévoit une zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen et la protection des civils.
Le colonel libyen estime que les frappes aériennes de l'Otan et les patrouilles navales dépassent le mandat des Nations unies défini par la résolution.
"La liberté ou la mort"
Contrairement au discours très violent du 22 février dans lequel il qualifiait les rebelles de "rats" et promettait de nettoyer la Libye "maison par maison", Kadhafi s'est contenté d'exhorter samedi les rebelles à déposer les armes, arguant que les Libyens ne devaient pas se battre les uns contre les autres.
"Nous ne pouvons pas nous battre les uns contre les autres, nous sommes une famille", a-t-il déclaré.
Il a également appelé à l'ouverture de négociations avec les pays de l'Otan participant aux opérations dans le pays.
"Nous ne les avons pas attaqués et nous n'avons pas traversé la mer (...) Pourquoi nous attaquent-ils ?", s'est-t-il interrogé.
"Négocions avec vous, les pays qui nous ont attaqués. Négocions", a-t-il ajouté.
Si c'est le pétrole que recherchent les pays de la coalition, la négociation de contrats ne constitue pas un problème, a dit Kadhafi.
Le chef d'Etat libyen a prévenu l'Otan que ses forces seraient tuées en cas d'intervention terrestre.
"La liberté ou la mort. Pas de reddition. Pas de peur. Pas de départ", a-t-il dit.
Trois mois après la chute du président tunisien Zine Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir par des manifestations sans précédent, Kadhafi a exclu de nouveau tout départ de Libye.
"Je ne vais pas quitter mon pays", a-t-il dit."Personne ne peut me forcer à quitter mon pays et personne ne peut me dire de ne pas me battre pour mon pays", a-t-il ajouté.
Selon la télévision d'Etat, des avions de l'Otan ont bombardé un site proche du bâtiment abritant le siège de la télévision publique à Tripoli, la capitale libyenne, au moment où Mouammar Kadhafi prononçait son discours.
"Un bâtiment jouxtant celui de (la chaîne de télévision) Jamahiriya a été bombardé pendant la diffusion du discours de Mouammar Kadhafi, ce qui fait penser que le guide de la révolution en personne était visé", a indiqué la télévision à l'issue de l'allocution de Kadhafi.
Vendredi soir, le gouvernement libyen a annoncé qu'il offrait une amnistie aux rebelles de Misrata s'ils déposaient les armes d'ici mardi prochain, ajoutant qu'il contrôlait le port maritime de la troisième ville du pays.
La prise de contrôle du port de Misrata par les forces de Kadhafi n'a pas été confirmée par l'Otan.



Le pouvoir Sirien envoie des blindés en renfort dans la ville assiégée de Deraa

Après le "vendredi de la colère", où 62 personnes ont péri, une quinzaine de chars sont entrés dans Deraa, épicentre de la contestation du pouvoir syrien. Ces renforts viennent prêter main forte aux troupes déployées dans la ville.
Une quinzaine de chars de l'armée syrienne sont entrés samedi à Deraa, berceau de la contestation en cours depuis le 18 mars, où des tirs ont retenti, rapportent des témoins.
"Depuis l'aube, on entend d'intenses échanges de tirs dans toute la ville et on ignore ce qui se passe", a déclaré à Reuters un habitant nommé Abou Tarek, joint par téléphone.
"J'ai vu plus de 15 chars (...) qui étaient entrés en provenance de l'autoroute de Damas se diriger vers la vieille ville", a-t-il ajouté.
D'autres riverains ont fait état d'affrontements dans le quartier historique de la ville, située sur une hauteur, non loin de frontière jordanienne.
Les chars de la quatrième division mécanisée, une unité ultra-loyale commandée par Maher Assad, frère du président, ont fait leur apparition lundi à Deraa.
Le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu condamne Damas
Le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu (CDH) a voté vendredi à Genève une résolution américaine condamnant "explicitement l'usage de la violence meutrière contre les manifestants pacifiques par les autorités syriennes". La résolution prévoit l'envoi urgent d'une mission pour enquêter sur les violations présumées des droits de l'Homme et pour établir les faits et circonstances de ces violations et des crimes commis". Elle a été adoptée par 26 votes pour, 9 contre, et 7 abstentions (47 États sont membres du CDH).

Direction Générale de Fraternité Matin: Venance Konan a pris fonction ce samedi

Costume couleur marron. Chemise mauve. Verres correcteurs bien vissés sur le visage. Venance Konan s’est mis dans ses habits de nouveau Directeur Général de Fraternité Matin. Ce journaliste d’investigation, doublé d’un romancier critique, a pris donc place dans sa nouvelle fonction, ce samedi, au cours de la cérémonie de passation des charges. Il était 10 heures Gmt, quand le nouveau patron de Fraternité Matin, accompagné de la présidente du Conseil d’Administration, Mme Viviane Zunon Kipré, du directeur de Cabinet du ministre de l’Intérieur et des Ntic délégué à la Communication, M. Anoma-Kanié Léandre, et de l’ancien Directeur général, Jean Baptiste Akrou, ont fait leur entrée dans la salle de conférence devenaue trop petite pour la circonstance. Présents : une quarantaine de convives. Travailleurs du groupe Fraternité Matin, invités et confrères des autres organes de presse… tous sont venus assister à la « prise de pouvoir » de Venance Konan à la tête du plus vieux groupe de presse de Côte d’Ivoire.

C’est ainsi que la PCA, prenant la parole, s’est félicitée du « choix qui a été porté sur la personne de Venance Konan », lui souhaitant un bon retour dans sa maison. Le nouveau DG ayant servi à deux reprises déjà à Frat Mat. « Le Conseil d’Administration se tiendra à ses côtés, tout comme il a été aux côtés de l’ancien Directeur Général, M. Jean Baptiste Akrou, promet Mme Viviane Zunon Kipré.

L’ancien Directeur Général, lui, se dira « particulièrement heureux de faire cette passation des charges. Car, depuis 1999, Frat Mat n’a pas effectué une telle cérémonie (…) Depuis, le 26 Novembre 2006, j’ai été le DG de Frat Mat. J’encourage Venance Konan. Il connaît cette boite, ses forces, ses faiblesse, ses intrigues» avant de remettre à son successeur des dossiers qu’il avait initié depuis 2006 : un plan de restructuration, un plan directeur informatique, un projet de centre de perfectionnement aux métiers de la presse et de l’imprimerie… et bien d’autres chantiers. Non sans faire le point des finances. Et de préciser qu’actuellement «il y a dans les caisses de Frat Mat 509,729 millions de F Cfa ».

De gros enjeux assurément attendent Venance Konan, qui va sonner aussitôt la mobilisation de « ses troupes ». «On va se retrousser les manches. On va travailler dur (…) On doit former une équipe. Pour faire de Frat Mat, le meilleur journal de Côte d’Ivoire. Et aller au delà des frontières».

Il est revenu ensuite M. Kouma Alexis, Inspecteur général au ministère de la Communication de faire apposer les signatures du DG sortant et de l’entrant du procès-verbal.

La cérémonie a pris fin par un cocktail de bienvenue à Venance Konan.

Ouattara voulait IB vivant - La mort du sergent-chef embarrasse l’hôtel du Golf

La mort du sergent-chef Ibrahim Coulibaly alias IB, livre peu à peu ses secrets. 48h après l’assassinat du chef du commando invisible, on apprend que le président Alassane Ouattara avait donné instruction de le capturer vivant. Selon Rfi, qui a rapporté l’information hier vendredi 29 avril, le chef de l’Etat avait demandé à son Premier ministre, Guillaume Soro, de ne pas toucher à l’intégrité physique de IB. Que s’est-il alors passé pour que le « géant d’Abobo » soit finalement liquidé mercredi 27 avril dernier ? On n’en sait pas davantage pour le moment. Pour l’heure, cette énième mort consécutive au contentieux électoral, est perçue dans la famille des Houphouétistes comme une mort de trop. A l’hôtel du Golf, en effet, l’élimination de IB embarrasse. Du moins si l’on s’en tient aux premières confidences faites par l’entourage du nouveau pouvoir au confrère de Rfi. Selon lui, cette fin tragique de la figure emblématique du commando invisible est diversement interprétée. Pour certains proches du chef de l’Etat, IB avait lui-même scellé son sort en louvoyant au moment où la hiérarchie militaire lui demandait de déposer les armes. Au Pdci, en revanche, on regrette que la solution négociée n’ait pas été épuisée. IB, faut-il le rappeler, était le meneur des soldats qui ont renversé l’ancien président Henri Konan Bédié le 24 décembre 1999. Un cacique de ce parti, cité par Rfi, n’a pas caché son embarras. « Après les violences de l’Ouest, nous aurions dû trouver une solution négociée. L’accumulation des cadavres risque tôt ou tard de nous poser problème dans une opinion publique toujours partagée », a-t-il confié. Pour bien des analystes, l’assassinat de l’ancien garde du corps d’Alassane Ouattara n’est que le tragique aboutissement d’une vieille rivalité entre lui et le Premier ministre Guillaume Soro. Aussi certains observateurs parlent-ils de règlement de comptes. Pour le tout nouveau directeur général de Fraternité Matin, le journal progouvernemental, la rivalité entre IB et Soro ne pouvait qu’être fatale à l’un ou l’autre. « Entre lui et Soro, c’était comme un marigot où deux caïmans ne peuvent pas vivre. Je crois que l’un ou l’autre, les deux ne pouvaient cohabiter, l’un devait tuer l’autre », commente-t-il. Venance Konan estime par ailleurs que la mort de IB est « une mauvaise nouvelle », d’autant qu’ « il a joué un rôle important dans la victoire sur l’ennemi(Laurent Gbagbo, ndlr) ». Quant à Boubacar Sanso Barry de GuinéeConakry.info, il s’interroge sur cette dramatique sortie de scène du chef du commando invisible : « La mort d’IB est d’autant plus difficile à comprendre et à accepter que certains de ses proches disent que lui et ses hommes n’ont eu de cesse de crier leur volonté de se rendre, tout juste avant de recevoir la balle fatale », note-t-il, avant d’en déduire que « c’est une démarche qui ne peut que desservir la réconciliation qui est perçue par tous les analystes comme le véritable chantier que Ouattara a en face de lui ». D’autres analystes estiment que la mort de IB vient écorner l’image du nouveau pouvoir, qui se trouve taché de sang. Même mort, Ibrahim Coulibaly n’a donc pas fini de faire parler de lui.

Après 600 combattants pro-Gbagbo: Une centaine de miliciens désarmés hier à Yopougon

L’armée des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) aidée de civils, Djué Eugène et Bema Fofana, a convaincu les miliciens à déposer les armes, hier dans la commune de Yopougon. C’est au total sept cents de ces jeunes qui ont cessé tout combat.

Les populations de Yopougon, une commune perturbée jusqu’à jeudi dernier par des tirs d’armes lourdes des combats entre miliciens pro-Gbagbo et Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), peuvent pousser un ouf de soulagement. Une centaine de miliciens ont rendu les armes, après maintes discussions avec l’armée. Hier donc, ces populations ont été témoin d’une cérémonie de dépôt d’armes au 16è arrondissement de police. Etaient présents : des représentants du Comité international de la Croix Rouge (Cicr), de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci), des généraux des Frci dont Philippe Mangou, Michel Gueu et presque tous les commandants Frci, notamment Issiaka Ouattara, Morou Ouattara, Koné Zakaria, Chérif Ousmane. Ce dernier a donné de l’assurance aux miliciens afin qu’ils se désolidarisent de leurs camarades, irréductibles. Il leur a proposé de rentrer chez eux ou de se faire protéger par les Frci, a confié une source militaire. Ainsi, des miliciens après avoir rendu leurs armes ont regagné leurs familles respectives, tandis que certains se sont confiés aux Frci. Ces protégés par l’armée redoutent des dénonciations, des représailles d’inconditionnels armés de Laurent Gbagbo, déchu, des règlements de compte de la part des populations qui les ont subis et des attaques de leurs adversaires. La plupart de ces derniers ont été aussi désarmés, précise la même source. Celle-ci mentionne que Chérif Ousmane les a tous mis en confiance, les rassurant qu’ils ne subiront pas de représailles. Cette garantie de survie est la preuve du respect de la consigne du président de la République. Alassane Ouattara a ordonné qu’on préserve la vie humaine, la guerre étant finie. Eugène Djué, chef de jeunes ‘’patriotes‘’, était présent, en sa qualité de négociateur. Il souhaite que le dialogue prenne le-dessus sur la belligérance afin que les Ivoiriens puissent tourner une page sombre de l’histoire de leur pays. Il a surtout appelé tous ceux qui détiennent encore illégalement des armes à les rendre, sans condition. Un acteur de la pacification de Yopougon a confié que les négociateurs ont pu identifier plusieurs groupes armés et qu’aujourd’hui près de sept cents ex-miliciens désarmés sont inoffensifs. Des milices étaient composées en majorité d’anciens prisonniers, de Libériens et de ‘’patriotes‘’.

Plus de peur que de mal
Les irréductibles ont eu une façon bien sinistre de faire un pied-de-nez aux pacificateurs. Positionnés du côté du complexe sportif de la commune, ils ont ouvert le feu pour faire parler d’eux. Mais la frayeur qui s’est emparée du secteur de leur refuge n’a été que de courte durée. Car, ils n’ont pas récidivé et les Frci prêtes à circonscrire la menace ne sont pas aller à la charge. Tout s’est donc bien passé, en témoigne le ban des populations aux Frci et aux négociateurs civils parmi lesquels on cite Bema Fofana, président du ‘’Senat‘’ de Bouaké. Une fois parvenu au carrefour Siporex, l’impressionnant cortège de ces miliciens a été acclamé à son passage. Toute chose qui dénote de la confiance revenue chez les populations. D’ailleurs, nombreux sont les habitants de Yopougon qui ont remarqué que les canons se sont tus et que les nuits sont de plus en plus paisibles. La pacification se poursuit. Eugène Djué et Bema Fofana sont annoncés à l’intérieur du pays.

Port Autonome d’Abidjan: Gossio Marcel avait un salaire de 29 millions

Incroyable mais vrai ! Marcel Gossio, l’ancien directeur général du Port autonome d’Abidjan, ponte du régime Gbagbo, touchait un salaire mirobolant de 29 millions de Francs Cfa. La fin de la crise postélectorale commence à livrer les secrets de la grande prédation que le régime de Gbagbo Seplou a fait subir à l’économie ivoirienne. Le bulletin mensuel de paie de cet homme fort de la refondation est assez édifiant. Gossio a un salaire de base de 5.770.226 F, une prime d’ancienneté de 346.214 F, une indemnité de domesticité de 275.000 F, une prime de fonction de 300.000 F, une prime de rendement de plus de 22 millions de F CFA et une indemnité de logement 350.000 F. Avec des gains de plus de 29 millions par mois, Marcel Gossio se retrouve, après les taxes diverses, avec un salaire mensuel de 20. 815 371 F, tirés des caisses du contribuable. Comparaison pour comparaison, avec ce pactole, Gossio était plus payé que le Président de la République, le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement. Selon nos sources au Port Autonome d’Abidjan, ce salaire datait de l’année 2006. Passée cette période, les émoluments de Gossio ont considérablement évolué, dans la mesure où les recettes portuaires servaient quasiment à nourrir la refondation, à payer des armes et à entretenir les mercenaires et miliciens. Fonctionnant comme une vache à lait, le PAA avait pour fonction principale de grossir les nombreux comptes bancaires des leaders du FPI, notamment l’ancien couple présidentiel. L’avènement de Laurent Gbagbo en octobre 2000 a sonné comme la fin de la vie d’errance de cet ancien résident du Plateau Dokui. Les habitants de ce quartier se souviennent encore des déboires de Gossio qui mangeait continuellement la vache enragée. Plusieurs anecdotes circulent sur son compte. La première, c’est que, faute d’argent, l’homme se nourrissait à crédit et buvait des bières de la même façon. Par ailleurs, du côté du sous quartier «Azur», toujours au Dokui, Gossio Marcel prenait ses repas, tous les midis chez l’un de ses amis d’enfance. Arrivé un jour chez son camarade, il trouve le fils de ce dernier au salon et demande à voir son père. Les enfants étant ce qu’ils sont, le môme est allé trouver son père dans la chambre, en lançant à la cantonade «papa, le tonton qui mange ici tous les midis est là». Enfin, et cela était également su de tout le monde, Gossio éprouvait toutes les peines du monde pour s’acquitter du loyer de sa maison. De guerre lasse, le propriétaire a mis un huissier à ses trousses pour engager une procédure d’expulsion. En fin stratège, Gossio a rusé avec ce dernier de la manière la plus spectaculaire. Pour éviter l’huissier, l’ancien patron du Port quittait son domicile à 5h du matin pour n’y revenir qu’après minuit. Sans nul doute, son passage d’abord au CROU à l’université de Cocody, ensuite au Port Autonome d’Abidjan, l’a transformé subitement. Il avait désormais à son actif plusieurs résidences cossues et une trentaine de véhicules de grande frappe. On raconte que pour se rendre au bureau, il faisait poster ses chauffeurs devant ses véhicules, faisait mine d’avoir l’embarras du choix et se décidait finalement à monter dans une voiture pour aller au travail. Les temps avaient vraiment changé ! Ainsi donc, avec cette révélation sur les 29 millions de salaire mensuel de Marcel Gossio, l’opinion a une idée de l’ampleur du désastre économique et de la prédation qui ont constitué le point d’ancrage du régime Gbagbo. Le cas Gossio est assurément la face visible de l’iceberg de la curée organisée par Gbagbo et les siens contre l’économie nationale. Au cours de cette décennie, on a vu dans quel état ceux qui vautraient et se prévalaient d’être des « poches de moralité », ont mis notre beau pays. Il faut espérer qu’avec la gouvernance Alassane Ouattara, ce type de situation n’ait pas droit de cité et que la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption soient des réalités.

l`ONU reconduit pour un an l`embargo sur les armes

NEW YORK (Nations unies), Le Conseil de sécurité de
l`ONU a adopté jeudi une résolution qui reconduit pour un an et non plus six
mois l`embargo sur les armes vers la Côte d`Ivoire afin d`assurer une
transition apaisée au président Alassane Ouattara.
Les quinze pays membres du Conseil ont adopté cette résolution qui
reconduit jusqu`au 30 avril 2012 l`embargo sur les armes à destination de la
Côte d`Ivoire et l`embargo sur les exportations de diamants bruts provenant du
pays.
Il porte aussi sur l`interdiction de voyages et le gel des avoirs de six
personnes, dont Laurent Gbagbo et sa femme Simone.
Le Conseil de sécurité avait instauré cet embargo pour un an en octobre
2008. Il avait été reconduit en 2009 pour la même durée, puis pour six mois en
octobre 2010.
Cette reconduction pour un an permet en outre d`aller au-delà des élections
législatives qui doivent avoir lieu avant la fin de l`année en Côte d`Ivoire.
En vue d`un tel scrutin, "l`objectif est de permettre à la Côte d`Ivoire de
poursuivre son processus démocratique dans la stabilité, en adressant un
signal fort à ceux qui ont appelé ces derniers mois à la violence et à la
haine", a souligné un diplomate du Conseil de sécurité.
Une clause de rendez-vous dans six mois permettra "d`effectuer un examen à
mi-parcours (..) en vue éventuellement de modifier, de lever ou de maintenir
avant l`échéance du 30 avril 2012 en partie ou dans sa totalité le régime des
sanctions en fonction des progrès qui auront été accomplis dans le processus
de paix", souligne la résolution.
Elle "engage instamment tous les combattants armés illégaux à déposer les
armes immédiatement".
"Cette résolution devrait contribuer au retour de la paix et de la
stabilité dans mon pays", a souligné l`ambassadeur de Côte d`Ivoire à l`ONU,
Youssoufou Bamba, devant le Conseil de sécurité.
Ce dernier a souligné que la vie en Côte d`Ivoire revenait à la normale.
Les magasins ont rouvert, de même que les écoles.
"La réconciliation nationale est le problème le plus pressant", a-t-il dit,
soulignant que le président Ouattara devait mettre sur pied dans les
prochaines semaines une commission à la réconciliation nationale.

Soro, l`ex-rebelle qui a porté Ouattara à la présidence

Ancien rebelle devenu Premier ministre de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro a remis son costume de chef de guerre pour installer Alassane Ouattara à la présidence ivoirienne, faisant désormais figure d`homme fort du nouveau régime.
Les Ivoiriens ont élu le 28 novembre Alassane Ouattara mais ce sont les
hommes de Guillaume Soro, plusieurs milliers de combattants de l`ex-rébellion
des Forces nouvelles (FN) rebaptisés Forces républicaines (FRCI), qui ont
chassé Laurent Gbagbo du pouvoir, avec l`appui décisif de l`ONU et de la
France.
Leader des FN qui avaient échoué à renverser Laurent Gbagbo en 2002 mais
occupaient depuis lors le nord du pays, devenu Premier ministre de Gbagbo à la
faveur de l`accord de paix de 2007, Soro, 38 ans, a dès le début de la crise
politique choisi Ouattara, qui l`a maintenu à la Primature (poste de Premier
ministre).
Au côté de Gbagbo, il avait abandonné le style enflammé qui était le sien
comme chef des FN. Discours posé, embonpoint certain et barbichette, il jouait
un rôle d`"arbitre" que le camp Gbagbo et l`opposition lui avaient rarement
dénié.
Le président déchu voyait d`ailleurs en lui "le meilleur" de ses chefs de
gouvernement. Mais ces derniers mois, Soro, dont la silhouette s`est nettement
affinée, n`avait pas eu de mots assez durs pour combattre le "dictateur" d`un
"régime fini".
Les voies diplomatiques épuisées, Soro a fini par persuader Ouattara de
lancer l`offensive militaire qui en quelques jours a mené ses troupes aux
portes de la résidence de Gbagbo.
"Le cauchemar est terminé", proclamait-il le 11 avril après l`arrestation
de Laurent Gbagbo par les FRCI.
Né le 8 mai 1972 dans le Nord ivoirien, majoritairement musulman, le
chrétien Guillaume Kigbafori Soro a retrouvé pendant la crise post-électorale
les accents de tribun qui l`ont fait connaître comme leader du puissant
syndicat étudiant, la Fesci, de 1995 à 1998.
Au début de la décennie, il se rapproche de Ouattara, dont il conteste
l`exclusion à la présidentielle de 2000 pour "nationalité douteuse".
En octobre 2002, Soro revient sur le devant de la scène au sein de la
rébellion qui vient de prendre le nord. Il en devient le chef après une lutte
sanglante avec son grand rival Ibrahim Coulibaly, dit "IB".
Nommé Premier ministre de Gbagbo en 2007, il sort indemne la même année
d`une attaque contre son avion à l`aéroport de Bouaké (centre), qui fait au
moins quatre morts.
Trois ans durant, cet homme pressé, marié et père de quatre enfants,
s`emploie malgré les embûches à préparer une présidentielle reportée depuis
2005. En apportant la paix espérée, le premier scrutin libre du genre pouvait
lui servir de passeport pour une candidature cinq ans plus tard, à laquelle
ses proches pensaient très fort.
Si son avenir à moyen terme à la Primature reste incertain, Ouattara ayant
promis le poste au PDCI de l`ex-président Henri Konan Bédié, allié essentiel
du second tour, Guillaume Soro reste dans l`immédiat irremplaçable.
Il a même conforté son statut de nouvel homme fort du pays avec la mort
d`"IB": après avoir contribué à la chute de Gbagbo à la tête de son "commando
invisible", le "général IB", tardant à désarmer, représentait une menace pour
le pouvoir, et a été abattu mercredi par les FRCI.

Mort de l`ex-putschiste ivoirien Ibrahim Coulibaly

La télévision ivoirienne a annoncé mercredi soir la mort de l'ex-putschiste Ibrahim Coulibaly dans des combats à Abidjan entre sa milice et les nouvelles forces régulières avec lesquelles il avait participé à la prise d'Abidjan plus tôt ce mois-ci pour mettre au pouvoir le président élu Alassane Ouattara.

Les combats entre le "Commando invisible" et les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) se déroulaient dans le quartier populaire d'Abobo. Agé de 47 ans, "IB" est mort après que son porte-parole eut déclaré que ses troupes attendaient d'être désarmées par les Casques bleus de l'ONU.

"Le sergent chef Ibrahim Coulibaly a été tué ce soir pendant des combats avec les FRCI", a fait savoir la télévision d'Etat mercredi.

Mais un commandant du Premier ministre et ministre de la Défense Guillaume Soro a affirmé sous le couvert de l'anonymat qu'il semblait qu'IB se soit suicidé plutôt que de se rendre quand les FRCI se sont emparées de son fief à Abobo. "Nos hommes ont encerclé sa résidence mais il a refusé de se rendre. Quand nos combattants sont entrés, ils ont trouvé son corps, sans vie mais sans blessure par balle", d'après le commandant.

Le porte-parole de Coulibaly, Félix Anoble, avait déclaré plus tôt mercredi qu'ils avaient été attaqués alors qu'ils attendaient l'arrivée des soldats de l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (ONUCI) chargés de les désarmer. Joint par l'Associated Press après l'annonce de la mort d'IB, M. Anoble a répondu qu'il ne pouvait "rien confirmer". "Je n'ai pas d'information", a-t-il dit.

Le président Ouattara avait ordonné vendredi à IB et au Commando invisible de déposer les armes car sinon ils seraient désarmés de force. Coulibaly avait répondu que l'organisation du désarmement prendrait du temps. Il avait fait allégeance au nouveau chef de l'Etat dans un entretien à l'AP mais n'avait pas été reçu par lui.

Alassane Ouattara a présenté ses condoléances et déclaré que le décès d'Ibrahim Coulibaly était "regrettable" jeudi, ajoutant seulement que "les choses se sont passées comme le disent les médias".

Le président a par ailleurs annoncé que son investiture se déroulerait le 21 mai à Yamoussoukro, la capitale administrative du pays. Il a précisé dans un entretien au journal "La Croix" que "plusieurs chefs d'Etat sont invités, dont le pape Benoît XVI".

Ibrahim Coulibaly avait dirigé le coup d'Etat de 1999 qui avait permis l'accession au pouvoir du général Robert Gueï, finalement assassiné après les élections de 2000. En 2002, il avait participé à la tentative de coup d'Etat contre le président Laurent Gbagbo et ne faisait pas mystère de ses aspirations présidentielles personnelles. Après l'échec du putsch de 2002, IB avait commencé la rébellion qui avait divisé la Côte d'Ivoire entre le Nord tenu par les insurgés et le Sud par le gouvernement Gbagbo.

MM. Soro et Coulibaly étaient rivaux. En 2004, des combats sanglants les avaient opposés pour la direction du bastion des rebelles dans la ville centrale de Bouaké, mais c'est Guillaume Soro qui l'avait emporté et IB avait été forcé à l'exil.

Alassane Ouattara n'a guère de contrôle sur les ex-troupes rebelles qui lui ont permis de prendre le pouvoir après quatre mois de bras de fer avec le président sortant et qui vont former la nouvelle armée ivoirienne avec les forces ayant servi sous Laurent Gbagbo. Les ex-rebelles regroupés derrière Guillaume Soro sont commandées par cinq chefs différents.

Ibrahim Coulibaly avait refait surface à Abidjan en janvier à la tête du Commando invisible pour lancer la bataille contre les forces de Laurent Gbagbo après que les soldats avaient tiré des obus de mortier et roquettes à Abobo (nord d'Abidjan), qui avait massivement voté Ouattara à la présidentielle.

La Côte d'Ivoire a connu quatre mois de violences après le second tour de l'élection le 28 novembre, Laurent Gbagbo refusant de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, reconnu comme le vainqueur du scrutin par la communauté internationale. On ignore combien de milliers de personnes ont été tuées ou blessées dans cette période. Le gouvernement a annoncé mardi l'ouverture d'enquêtes préliminaires sur Laurent Gbagbo et sa famille.

M. Ouattara précise dans l'entretien à "La Croix" jeudi qu'il compte "créer d'ici deux semaines une commission Vérité et Réconciliation à l'image de ce qui a été fait en Afrique du Sud". "J'ai déjà choisi son président, il a accepté. Mais il est trop tôt pour dire son nom. Ce sera un laïc accompagné par deux religieux: un chrétien et un musulman", dit-il.

Le président ivoirien ajoute qu'il nommera "un gouvernement d'union nationale, avant fin mai", dans lequel figureront "des ministres issus du FPI" (Front patriotique ivoirien) de Laurent Gbagbo, "à la condition qu'ils me reconnaissent comme président (..) ce qui n'est pas encore le cas".

Côte d`Ivoire : Ouattara-Soro, un duo pour une transition délicate

Vainqueur de l`élection présidentielle en Côte
d`Ivoire, Alassane Ouattara n`a accédé au pouvoir que par la force des armes
de l`ex-rebelle Guillaume Soro, "Premier ministre de combat" et pilier du
nouveau régime jusqu`à la stabilisation complète du pays, jugent des experts.
"Alassane Ouattara a gagné la présidentielle dans les urnes en novembre
2010, mais il a été fait roi par les armes par Guillaume Soro et la France en
avril 2011", résume Antoine Glaser, spécialiste de l`Afrique et ancien
directeur de La lettre du continent.
Cette alliance, rendue obligatoire par le refus de Laurent Gbagbo de céder
le pouvoir, risque de mettre à mal la réputation d`Alassane Ouattara,
technocrate lisse, ancien directeur adjoint du FMI, adoubé par la communauté
internationale.
Une image policée qui contraste avec les photos publiée par la presse
ivoirienne du cadavre ensanglanté de l`ex-putschiste Ibrahim Coulibaly, dit
"IB", abattu mercredi par les Forces républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI),
pour avoir tardé à déposer les armes, après avoir pourtant contribué à
déstabiliser le régime de Gbagbo.
Officiellement justifiée par la normalisation sécuritaire voulue par le
président Ouattara, la mort d`"IB" a permis de trancher un vieux conflit
fratricide: l`ex-putschiste était perçu comme une menace par Guillaume Soro,
son éternel rival de la rébellion de 2002.
"Ces dernières semaines, on sentait qu`une nuit des longs couteaux se
préparait. Ibrahim Coulibaly avait des ambitions politiques, mais surtout il
était soupçonné, à tort ou à raison, d`être à l`origine de l`attentat contre
l`avion de Soro en 2007", rappelle Antoine Glaser.
Et le chef d`Etat n`a pu qu`exprimer ses condoléances à la famille d`"IB",
son ancien garde du corps.
"Alassane Ouattara a fait le choix d`un Premier ministre de combat, pour
répondre à la force utilisée par Laurent Gbagbo. Les forces politiques et
sociales qui ont permis à Ouattara de gagner les élections ont dû faire place
à des forces militaires qui lui ont permis d`assumer effectivement le
pouvoir", juge Gilles Yabi, directeur pour l`Afrique de l`Ouest au sein de
l`International Crisis Group.
Le 11 avril, Laurent Gbagbo, hébété, est ainsi capturé à Abidjan par les
ex-rebelles des Forces nouvelles, rebaptisées FRCI, à l`issue d`une offensive
de deux semaines, appuyée par la force française Licorne et celle de l`ONU.
Mais les FRCI de Guillaume Soro ne sont pas tant une armée qu`un ensemble
d`unités hétéroclites aux uniformes dépareillés, commandés par des chefs de
guerre aux surnoms évocateurs: Chérif Ousmane "Papa Guépard", Issiaka Ouattara
"Wattao", Hervé Touré Pélikan "Vetcho" et son "bataillon mystique", ou encore
Ousmane Coulibaly "Ben Laden", qui ont été accusés de corruption et de crimes
de guerre.
Le nouveau pouvoir a besoin de ces alliés encombrants pour maintenir
l`ordre et mettre fin à l`activité de miliciens pro-Gbagbo retranchés dans le
quartier de Yopougon à Abidjan.
"Tant que la situation n`est pas normalisée, tant qu`il y aura de
l`insécurité, Guillaume Soro, Premier ministre et ministre de la Défense, sera
l`homme fort du pays. Plus le pays va se stabiliser, plus Ouattara sera fort",
souligne Antoine Glaser.
En attendant, "il est certain qu`Alassane Ouattara ne peut pas tout à fait
avoir les mains libres", selon Gilles Yabi.
Cette cohabitation pourrait déstabiliser le pays, craignent certains
observateurs.
"Ministre d`Etat comme premier job dans la vie à 31 ans, Premier ministre à
35, sauveur de la République et de la démocratie à 39, que te reste-t-il,
Guillaume ?", demande sur le site Slateafrique l`écrivain et éditorialiste
Venance Konan. "A être président de la République, pardi ! Mais auras-tu la
patience d`attendre?"

Eviction de Gbagbo: le rôle de la France "pose problème", selon Kagamé

Le rôle de la France dans l'éviction en Côte
d'Ivoire de Laurent Gbagbo "pose problème", selon le président du Rwanda, Paul
Kagamé, qui a dans le même temps soutenu l'intervention militaire
internationale conduite entre autres par Paris en Libye.
Interrogé par l'hebdomadaire Jeune Afrique sur les images de la chute de
l'ex-président ivoirien, Paul Kagamé juge que si elles "ont quelque chose de
tragique", elles "sont aussi largement artificielles".
"Elles tendent à démontrer que ce sont les forces d'Alassane Ouattara qui
ont procédé à cette arrestation, mais plus je les regarde et plus je vois
derrière l'ombre du metteur en scène étranger", ajoute-t-il.
"Le fait que, cinquante ans après les indépendances, le destin du peuple
ivoirien, mais aussi son économie, sa monnaie, sa vie politique, soient encore
contrôlés par l'ancienne puissance coloniale pose problème. C'est cela que ces
images montrent avant tout", insiste Paul Kagamé.
Au sujet de la Libye, le président rwandais considère que "les Occidentaux
et l'Otan interviennent là où ça les arrange et pas ailleurs. C'est sans doute
exact. Mais cela étant dit et même si cela relève du +double standard+, tout
vaut mieux que de rester les bras croisés face à des massacres", précise-t-il.
"Je ne peux qu'être d'accord avec le principe d'une responsabilité de la
communauté internationale à l'égard des peuples de ce monde. Le génocide qu'a
connu le Rwanda en 1994 est là pour le démontrer a contrario. Cette même
communauté avait l'obligation morale d'intervenir et l'on sait qu'elle a
failli à son devoir", ajoute Paul Kagamé.
Interrogé d'autre part sur l'opposition à son pouvoir formée par
d'ex-généraux et des dissidents de son parti, le chef d'Etat assène que "ces
gens n'ont ni base, ni légitimité, ni avenir". "Pour moi, cette initiative est
tout simplement inexistante", précise-t-il.

Enlèvements à Abidjan: un juge d`instruction français va se rendre sur place

Un juge d`instruction français va se rendre prochainement à Abidjan dans le cadre de l`enquête ouverte à Paris après l`enlèvement de quatre personnes dont deux Français, le 4 avril dans la capitale économique ivoirienne, a dit vendredi l`avocat de la famille d`un des Français.
"La juge d`instruction Patricia Simon va se rendre dans les prochains jours
à Abidjan dans le cadre de cette enquête. Son déplacement est imminent", a dit
Me Pierre-Olivier Sur à l`AFP.
Une importante équipe d`enquêteurs devait aussi se rendre se place, a
précisé l`avocat de la famille de Stéphane Frantz Di Rippel, le directeur du
Novotel d`Abidjan enlevé le 4 avril.
Le directeur de l`hôtel et un chef d`entreprise, ainsi qu`un Malaisien et
un Béninois, ont été kidnappés par des hommes armés au sein du Novotel alors
qu`Abidjan était en proie à de violents combats entre fidèles du président
sortant Laurent Gbagbo et partisans d`Alassane Ouattara.
L`enlèvement a été commis par une dizaine d`hommes armés portant des
treillis, a précisé l`avocat.
Des plaintes ont été déposées par le groupe Accor, qui gère
l`établissement, et par les familles des deux Français enlevés dont on est
sans nouvelle depuis le 4 avril. Une information judiciaire a été ouverte le
22 avril pour "enlèvement, séquestration et vol" par le parquet de Paris.
Le président ivoirien Alassane Ouattara s`est dit "très inquiet" pour les
deux Français enlevés, dans un entretien publié jeudi par La Croix.

Les derniers partisans de Gbagbo à Abidjan commencent à déposer les armes

"Ceux qui ont des armes, retirez les chargeurs. Avancez !": 50 miliciens fidèles au président ivoirien déchu Laurent Gbagbo déposent fusils d`assaut, lance-roquettes ou grenades aux pieds
des Forces républicaines d`Alassane Ouattara, dans leur bastion de Yopougon, à Abidjan.

Cet immense quartier populaire, dans l`ouest de la capitale économique, est le dernier qui échappe encore au contrôle du président élu.

"Les groupes d`auto-défense qui ont combattu à Yopougon ont décidé de déposer les armes pour que la paix revienne. C`est aujourd`hui le début du processus, mais cela va aller très rapidement", explique avant la cérémonie, à caractère largement symbolique, l`un des chefs miliciens pro-Gbagbo les plus connus, surnommé Maguy le Tocard.

Plusieurs centaines d`hommes des Forces républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI), et des casques bleus jordaniens de la mission de l`Onu dans le pays (Onuci), ont traversé une partie de la ville à bord d`un interminable convoi pour assurer la sécurité de la zone, théâtre de combats sporadiques encore en début de semaine.

Tout est dévasté: les échoppes ont été pillées et incendiées, de nombreuses maisons abandonnées, tandis que des gravats et des vestiges de barrages ralentissent encore la circulation. Le corps d`un homme à demi-nu git au milieu d`une station service aux pompes arrachées.

En face du commissariat du 16e district, les principaux commandants pro-Ouattara ont pris place sous une tente, au côté de leur ancien ennemi, le général Philippe Mangou. Chef d`Etat-major de l`armée de Laurent Gbagbo, Mangou a fait allégeance à Alassane Ouattara après l`arrestation le 11 avril dans sa résidence de l`ex-chef d`Etat, qui avait refusé de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre.

Les miliciens de Yopougon sont estimés à plusieurs centaines, dont des mercenaires libériens. Seuls une cinquantaine, dont de nombreux adolescents et quelques jeunes filles, ont déposé les armes vendredi, mais la portée de l`événement est avant tout symbolique.

"Cette cérémonie marque la fin de la poche de résistance à Yopougon. La population du quartier a assez souffert de la crise, elle nous a demandé que le règlement de la situation ne se fasse pas par la force, dont elle serait la première victime", témoigne Eugène Djué, président de l`Union des patriotes pour la libération totale de la Côte d`Ivoire, chef milicien.

"Beaucoup de sang a coulé en Côte d`Ivoire, c`est trop et il est temps d`arrêter. Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix et nous sommes arrivés au temps de la paix", lui répond le général Mangou.

Les hommes qui désarment réclament des garanties pour leur sécurité et expriment ouvertement leurs revendications.

"Nous demandons la cessation immédiate des descentes musclées dans les domiciles des partisans de Laurent Gbagbo et que nos leaders puissent rentrer en Côte d`Ivoire", énumère Guy Gbetri, un des responsables des jeunes de Yopougon.

Il cite notamment Charles Blé Goudé, le "général de la rue" de Laurent Gbagbo, l`un de ses plus virulents partisans, dont on est sans nouvelles depuis le 11 avril, laissant entendre qu`il a approuvé la cérémonie.

Quelques tirs lointains l`interrompent brièvement, preuve que tous ses compagnons d`arme ne partagent pas ses convictions. Et à bonne distance du cordon de sécurité des FRCI, une vingtaine de jeunes dansent et chantent "Gbagbo président", en guise de provocation.

A l`écart, un résident de Yopougon s`en prend aux FRCI, aux uniformes dépareillés.

"Vous avez vu à quoi ressemblent ces gens ? Comment peut-on avoir confiance en eux ? On veut des policiers et des militaires avec un niveau d`étude, une formation, pas des sauvages en sandales, avec des colliers de coquillages et qui ne savent pas s`exprimer", dénonce-t-il.

Côte d`Ivoire : l`UE lève des sanctions contre six entreprises

L`Union européenne a annoncé vendredi avoir supprimé ses sanctions à l`encontre de six entreprises ivoiriennes dont la compagnie pétrolière Petroci.

Les 27 pays de l`UE ont "décidé aujourd`hui de lever les mesures restrictives de six nouvelles sociétés afin de soutenir la reprise économique du pays", indiqué un communiqué de l`Union.


L`UE avait déjà levé ses sanctions contre quatre entreprises ivoiriennes le 8 avril.

Outre Petroci, la levée des sanctions concernent la Banque nationale d`investissemnet (BNI) et quatre autres banques dont la Caisse d`épargne de Côte d`Ivoire.

Locomotive de l`Afrique de l`Ouest francophone et leader de l`Union économique et monétaire régionale (Uémoa, dont elle représente 40% du PIB), la Côte d`Ivoire traverse toutefois actuellement la plus grave crise économique et sociale de son histoire.

Les sanctions imposées depuis début 2011 par l`Union européenne au régime de l`ex-président Laurent Gbagbo visaient à l`asphyxier et le forcer à céder le pouvoir.

M. Gbagbo a été arrêté le 11 avril par les forces du président Alassane Ouattara, appuyées par la France et l`ONU après une guerre de dix jours dans Abidjan et près de cinq mois de crise post-électorale dans cette ancienne colonie française.


Annan, Tutu et Robinson dimanche à Abidjan pour "prôner la réconciliation"

Les membres du groupe de sages des Elders (Anciens) Desmond Tutu, Kofi Annan et Mary Robinson se rendront dimanche et lundi à Abidjan pour "prôner l`appaisement et la réconciliation" en Côte
d`Ivoire, a annoncé vendredi le groupe dans un communiqué.
La délégation, menée par l`ancien secrétaire général de l`ONU Kofi Annan,
rencontrera notamment le chef de l`Etat ivoirien Alassane Ouattara, au pouvoir
depuis l`arrestation le 11 avril de l`ex-président Laurent Gbagbo, après plus
de quatre mois de crise post-électorale et quinze jours de guerre.
"Même si un transfert des pouvoirs a enfin eu lieu et que les résultats de
l`élection ont finalement été respectés, la situation reste fragile (...). Il
n`y a qu`une seule Côte d`Ivoire et les dirigeants comme le peuple doivent le
comprendre. Ils n`ont pas d`autre choix que de se réconcilier, guérir et vivre
ensemble", a déclaré M. Annan, cité dans le communiqué.
"Trouver une voie vers la réconciliation nécessite patience et courage,
mais j`ai l`espoir que le pays et son peuple trouvent un moyen d`avancer
ensemble", a ajouté le prix Nobel de la Paix Mgr Desmond Tutu, président des
Elders, dont est aussi membre l`ancienne présidente d`Irlande Mary Robinson.
Début avril, en pleine offensive des forces de M. Ouattara contre celles de
M. Gbagbo, le groupe de sages avait condamné les violences en Côte d`Ivoire,
les attribuant principalement à M. Gbagbo tout en appelant M. Ouattara à tenir
ses troupes, alors que des massacres avaient fait "plusieurs centaines" de
victimes dans l`ouest du pays, selon l`ONU.

17 jours après l`arrestation de Laurent Gbagbo/ Le président Alassane Ouattara retrouve le palais présidentiel

Quelques heures seulement après l`arrestation de l`ancien homme fort ivoirien Laurent Gbagbo, le président élu de Côte d`Ivoire, Alassane Ouattara, a animé une conférence de presse au cours de laquelle il avait clairement exprimé son souhait de regagner dans les plus brefs délais, les locaux du palais de la présidence de la République où se trouve son bureau. Une visite guidée desdits locaux effectuée par les ministres Marcel Amon Tanoh et Amadou Gon Coulibaly, respectivement Directeur de Cabinet et Secrétaire général de la présidence de la République, leur a permis de constater l`état de délabrement très avancé du palais présidentiel qui, faut-il l`indiquer, a été transformé en une véritable poudrière par les hommes du régime déchu de Laurent Gbagbo. Des travaux d`hercule ont donc été engagés dans l`urgence pour réhabiliter les locaux et les rendre sains et viables. Hier jeudi, le chef de l`Etat Alassane Ouattara s`y est rendu pour constater lui-même l`état d`avancement des travaux de réhabilitation. Il a effectué une autre visite guidée d`une demi-heure environ de tous les compartiments du palais de la présidence de la République. Le président Alassane Ouattara, à l`occasion, avait à ses côtés certains de ses plus proches collaborateurs. C`est sous forte escorte des forces républicaines de Côte d`Ivoire (Frci), appuyées des éléments de l`Onuci et de la Licorne que le nouveau locataire du palais présidentiel librement choisi par la grande majorité des Ivoiriens, a fait son entrée dans lesdits locaux. Les responsables du personnel du palais l`ont accueilli à sa descente de voiture. Après les salutations d`usage et un bonjour très amical lancé à l`ensemble de la presse fortement représentée, le chef de l`Etat a entamé sa visite guidée. Il a d`abord visité son bureau, par la suite celui des Directeurs de cabinet, puis la salle des pas perdus et les autres compartiments du palais. A la fin de sa visite, il a livré ses sentiments à la presse.