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lundi 23 mai 2011

Cérémonie d’investiture du samedi 21 mai 2011: le Discours du Président de la République, SEM Alassane Ouattara

Excellences, honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord, de demander, que nous observions une minute de silence, en mémoire de tous nos martyrs, victimes de la crise ivoirienne, tombées dans la quête de la démocratie et de la paix en Côte d’Ivoire.

Excellences, chers invités, Mesdames et Messieurs,

Ce jour est pour nous, peuple de Côte d’Ivoire, un moment historique.

Oui, ce jour est pour tous les Ivoiriens, le début d’une ère qui marque notre volonté commune d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre pays.

La grave crise qu’a connue la Côte d’Ivoire au lendemain du scrutin présidentiel des 31 octobre et 28 novembre 2010, est à présent derrière nous. Elle s’est achevée par la victoire de la démocratie c'est-à-dire le respect de la volonté du peuple ivoirien.

C’est un succès pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique toute entière.

Plus qu’une simple cérémonie d’investiture à laquelle vous êtes conviés, c’est le retour de la Côte d’Ivoire sur la scène africaine et internationale que nous célébrons aujourd’hui.

C’est pourquoi, au moment où j’accède aux plus hautes charges de l’Etat, j’exprime mon infinie gratitude au peuple ivoirien qui m’a choisi pour présider à ses destinées.

Mes chers compatriotes, cette consécration est la votre. Cette investiture est votre victoire : la victoire du peuple souverain !

Je me sens également animé par un sentiment de gratitude envers le monde entier qui a fait preuve d’un formidable élan de solidarité pour le triomphe de la démocratie.

Excellences, chers invités, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord rendre un hommage solennel à mes illustres prédécesseurs à la tête de l’Etat.

J’ai une pensée pieuse pour un homme exceptionnel, qui a été pour moi un père, qui occupe également une place de choix dans le cœur de chacune et de chacun des Ivoiriens ; il s’agit, bien entendu, du Président Félix Houphouët-Boigny, Premier Président de la République de Côte d’Ivoire, grand sage, grand bâtisseur de la Côte d’Ivoire moderne. Le Président Félix Houphouët Boigny a acquis très tôt la certitude que la paix n’est pas une contingence, mais une véritable stratégie de développement.

Je salue affectueusement les membres de son illustre famille, qui nous honorent de leur présence aujourd’hui.

Monsieur le Président Bédié, cher ainé,

Je voudrais rendre hommage à votre sens élevé du devoir, votre profond amour pour notre pays et votre attachement à la Paix. Je vous remercie de votre soutien constant ainsi que de votre présence à mes côtés.

Je remercie tout particulièrement mon épouse Dominique, mes enfants, ma famille, mes amis, mes collaborateurs et tous les militants qui m’ont accompagné durant des années, dans les bons comme dans les mauvais moments, et qui ont toujours cru en moi.

J’ai une pensée filiale pour ma mère, Hadja Nabintou, que nous aurions tant voulu avoir à nos côtés ce matin.

Honorables invités,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais à présent saluer l’ensemble des Chefs d’Etat et de Gouvernement, les Chefs de délégations étrangères qui ont fait le déplacement pour être avec nous en ce jour historique pour notre peuple.

Je voudrais exprimer ma très grande reconnaissance à tous les pays amis, aux institutions régionales, et internationales dont les efforts conjugués ont permis la normalisation de la situation en Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire n'oubliera jamais ceux qui l'ont soutenue durant ces moments décisifs.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Vous me permettrez de citer tout particulièrement la France avec laquelle la Côte d’Ivoire a des liens historiques et une vision commune de l’avenir.

Monsieur le Président Sarkozy, le peuple ivoirien vous dit un grand merci pour votre engagement dans la résolution de la crise ivoirienne sous mandat des Nations Unies, qui a permis de sauver de nombreuses vies ; nous vous serons toujours reconnaissants.

Nous vous encourageons pour tous les efforts que vous faites pour les pays du continent africain dans le cadre du G8 et du G20.

Monsieur le Président GoodLuck Jonathan, Président en exercice de la CEDEAO, Monsieur le Président Blaise Compaoré, Facilitateur du Dialogue inter ivoirien, Monsieur le Président Abdoulaye Wade, nous savons le soutien que vous avez tous apporté à la Côte d’Ivoire durant ces années difficiles. Je vous en remercie fraternellement.

Je voudrais saluer le Président Barack OBAMA dont l’appui franc et sincère au peuple ivoirien a été déterminant.

Je salue l’engagement de l’Organisation des Nations Unies, ici représentée par Son Secrétaire Général, Monsieur Ban KI-MOON qui s’est donné les moyens pour rétablir la démocratie et pour son action en faveur d’une paix durable dans notre pays.

A l’Union Africaine, la CEDEAO, l’Union Européenne, j’exprime la gratitude du peuple ivoirien pour avoir accompagné la Côté d’Ivoire dans sa quête difficile de la paix.

A tous les pays amis, je veux dire ce matin que la Côte d’Ivoire reste la terre de la vraie fraternité et de l’hospitalité, ouverte sur le monde.

La meilleure façon de vous manifester cette reconnaissance c’est de tenir nos promesses ; à savoir, l’avènement d’une société respectueuse de la démocratie et des droits de l’homme ; une société équitable et prospère.

Chers Compatriotes,

Ce matin, nous voici face au monde entier et face à nous même. Nous voici face à notre destin. Pour certains d’entre vous, ce destin semblait compromis. Pour ma part je n’ai jamais douté un seul instant, que notre pays sortirait de cette épreuve parce que nous, Ivoiriens, savons que chaque situation a sa solution et que nous avons foi en Dieu et en l’avenir.

Ce matin nous sommes là pour parler d’avenir.

Le temps est venu de consolider les piliers de notre République. Le temps est venu de renouer avec les valeurs profondes de notre belle Côte d’Ivoire et de rassembler les ivoiriens.

Chères sœurs, chers frères, célébrons la Paix ; La paix sans laquelle aucun développement n’est possible.

Mettons en pratique la devise de notre pays. L’Union qui sera le creuset de notre réussite. La Discipline qui nous fera grandir dans le respect des règles établies par la République. Le Travail, qui va pour nous libérer de la dépendance et nous apportera le réconfort moral et matériel.
Respectons notre drapeau, symbole vivant de la patrie. Il porte les couleurs de notre terre, de nos forêts, il symbolise notre idéal de paix et notre espérance en un avenir meilleur. Ecoutons notre hymne national : il célèbre l’hospitalité et la fraternité. Il nous rappelle que notre diversité est une force.

Chers Compatriotes,

Nous avons besoin aujourd’hui, plus qu’hier, de nous retrouver pour reconstruire notre mère patrie. Tel est le défi de notre génération, qui doit, avec courage et lucidité, porter la Côte d’Ivoire aux frontières nouvelles du développement et de la prospérité. Alors, comme un grand peuple, nous allons nous rassembler et nous remettre en marche.

A tous les fils et les filles de ce pays, et à tous ceux qui vivent sur notre sol, je veux lancer un
message solennel à la réconciliation, au rassemblement et à l’espérance. Rassembler, c’est la vocation de La République. Nous l’assumerons avec patience et acharnement. Nous comptons achever la réunification effective de notre armée.

Nous mettrons en place de nouveaux programmes d’instruction civique dans nos écoles, afin d’inculquer à nos jeunes les principes fondamentaux de la vie en société. Nous bâtirons une Nation plus juste, plus équitable, dotée d’institutions fortes et indépendantes.

Rassembler, c’est aussi le rôle de chaque Ivoirien et de chaque Ivoirienne. Que chacun fasse l’effort d’aller vers l’autre, de lui accorder sa confiance et son pardon. Que chaque Ivoirien s’attache à recréer les conditions d’une paix durable dans nos villes, dans nos villages, dans nos campagnes et dans nos cœurs. Nous les soutiendrons comme nous soutiendrons toutes les initiatives citoyennes prônant l’union, la réconciliation et la concorde nationale ; parce que nous voulons une côte d’Ivoire véritablement rassemblée.

A chacun de mes compatriotes, je veux renouveler, aujourd’hui encore, mon engagement d’être le garant d’une Côte d’Ivoire laïque, telle que consacrée par notre constitution ; je veux renouveler mon serment d’être le Président de tous les ivoiriens, le protecteur des plus faibles et le défenseur des droits de tous nos concitoyens, sans exclusive.

Célébrons à travers la cérémonie d’aujourd’hui, non pas la victoire d’un camp sur l’autre, mais la fraternité retrouvée et l’amorce d’un nouveau départ.

Allons résolument à la réconciliation nationale en réapprenant à vivre ensemble.

Ce vaste chantier de la réconciliation sera l’occasion pour tous les Ivoiriens de faire définitivement le deuil de nos rancœurs, de panser nos plaies, d’expier les fautes individuelles et collectives et d’écrire une nouvelle page de notre histoire.

De cette catharsis nationale doit émerger un ivoirien nouveau, résolument engagé à servir la Côte d’Ivoire avec amour et désintéressement. Pour ma part, je m’engage solennellement à favoriser cette réconciliation dans le dialogue, la vérité et la justice.

Mes chers compatriotes,

C’est bien évidemment sur la base de mon programme, que des millions de nos compatriotes m'ont accordé leur confiance. Je ne me déroberai pas à cette lourde responsabilité. Tous les jours, tous les instants seront mis au service des Ivoiriens. Toute notre énergie sera consacrée à la Construction et à la reconstruction.

J'invite donc l’ensemble de mes compatriotes à prendre avec moi l'engagement que la Côte d'Ivoire retrouvera bientôt toute sa place dans le concert des Nations.

Nous avons une nouvelle espérance à bâtir pour notre pays, pour l’Afrique et pour le monde.
Je m’attèlerai à mettre en œuvre les engagements pris a la fois par devoir et par respect pour tous.

A cet égard, nous prêterons une attention particulière aux plus démunis et nous apporterons un appui aux entreprises pourvoyeuses d’emplois qui ont été durement éprouvées par la crise.

Nous allons redonner espoir à notre jeunesse qui souffre cruellement du chômage, en assurant son éducation, sa formation et en créant des emplois. Cela est à notre portée, si nous procédons aux reformes économiques indispensables, en vue de relancer les activités économiques et favoriser la croissance.

Nous allons donner la priorité aux femmes et nous rehausserons leur rôle dans l’équilibre de notre société. C’est l’une de mes préoccupations essentielles.

Pour nos parents paysans qui ont fait la richesse de notre beau pays, nous allons réorganiser les principales filières de notre agriculture pour permettre une juste rémunération de leur travail.

Nous favoriserons l’accès de tous les Ivoiriens, aux soins de base sur toute l’étendue du territoire national.

Nous renforcerons nos infrastructures pour l’amélioration du cadre de vie de nos populations.

Mes chers Compatriotes,

Je me suis engagé à mettre en œuvre, avec vous, en cinq ans, dans tous les domaines, mes solutions pour une Côte d’Ivoire d’excellence.

Nous le ferons avec rigueur, en application des règles de bonne gouvernance, avec une justice impartiale et indépendante.

Dans les prochains jours, je formerai un Gouvernement d’union, regroupant toutes les forces politiques de notre pays et la société civile.

Il sera constitué d’hommes et de femmes, ayant un sens élevé de l’intérêt général, selon des critères de compétence, de mérite et de probité.

Une tache immense attend cette équipe. J’exigerai de ses membres la discipline et l’exemplarité afin de restaurer la confiance entre le peuple et ses dirigeants.

Pour concrétiser notre volonté de doter notre pays d’institutions fortes et démocratiques, nous organiserons, avant la fin de cette année, des élections législatives.

Chers compatriotes,

C’est en toute humilité que je me suis présenté devant vous il y a quelques mois comme candidat à l’élection présidentielle et c’est en toute confiance que vous m’avez élu.

Depuis le jour de mon élection jusqu’à cette investiture tant attendue, rien ne vous aura été épargné.

Vous avez souffert, vous avez été meurtris par la perte de proches, mais vous avez fait preuve d’endurance et de courage.

Aujourd’hui, je vous demande, non pas d’oublier, mais d’essuyer vos larmes, de pardonner et de vous mettre résolument au travail.

Excellences, Mesdames et Messieurs, chers frères et sœurs, chers amis qui êtes venus de loin, permettez moi de vous renouveler nos sincères remerciements. Nous saluons chaleureusement vos peuples respectifs et vous prions de leur annoncer la bonne nouvelle. La Côte d’Ivoire se réconcilie et se rassemble, pour participer avec toutes les Nations de bonne volonté, à l’édification de la Paix et de la fraternité dans le monde.

Vive la République,

Vive la Côte d’Ivoire !

Youssouf Bakayoko (Président de la CEI) : un exemple de probité et de courage à vulgariser

Après plusieurs années de combat politique, le Président du RDR est parvenu à prendre le pouvoir de la façon la plus démocratique. A l’issue d’un scrutin suivi à la loupe par la communauté nationale et internationale, l’ancien Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International est arrivé en tête avec 54,10% des suffrages. Si cette victoire pour Ouattara est le couronnement d’âpres années de travail, parfois sanctionnées par l’assassinat massif de ses militants, le viol de ses partisanes et souvent même par des attitudes inhumaines - comme le corps de sa mère qui a été exhumé et profané par des anti-ouattara conduits par celui-là même qui s’était fait passer pour un certain Colosse- il convient de signaler que cette victoire n’en serait véritablement pas une si certains acteurs techniques n’avaient pas joué franc jeu ou n’avaient pas fait montre d’une probité morale exemplaire. Parmi ces acteurs, il faut citer le Président de la Commission Electorale Indépendante, Monsieur Youssouf Bakayoko. Arrivé à la tête de l’institution électorale au lendemain de la vrai fausse affaire des 429 000 personnes intégrées dans le fichier électoral, ce haut diplomate de carrière a su créer la confiance entre Commissaires. Par moment même, devant de profondes divergences sur certaines questions, Youssouf Bakayoko a su user de tacts dont il connait seul le secret pour colmater les brèches rien qu’avec pour objectif la tenue de cette précieuse élection devenue pour tous un serpent de mer. La tenue d’une élection présidentielle transparente, démocratique répondant aux standards internationaux était le leitmotiv du successeur de Robert Beugré Mambé. Et c’est ce qui a été fait lors du premier tour avec un fort taux de participation de la population à ce scrutin. Quant au second tour, les ivoiriens se souviennent encore comme si c’était hier des folles pressions, intimidations et autres menaces qui pesaient sur la vie du Président de la Commission Electorale Indépendante. Mais l’homme est resté serein, intègre, et courageux jusqu’au bout. D’ailleurs, qui ne se souvient pas l’envoi subit d’éléments du Général Dogbo Blé Bruno au siège de la CEI où les choses se jouaient, alors que personne ne les avait appelés ? Qui ne se souvient pas que tous les journalistes de la presse nationale et internationale avaient été chassés comme des malpropres des locaux de la CEI par la garde républicaine de Dogbo Blé Bruno alors que ses hommes n’avaient absolument rien à voir avec la sécurisation des locaux qui relevait de la pure et exclusive compétence du Centre de Commandement Intégré (CCI) ? Qui ne se souvient pas de l’humiliation subie par le porte parole de la CEI, Bamba Yacouba dont le simple crime n’a été que de vouloir proclamer les résultats de trois régions ? La vérité est aujourd’hui sue de tous. Le candidat Gbagbo qui connaissait parfaitement sa débâcle lors de cet historique scrutin entendait faire un passage en force en choisissant comme base arrière le siège de la Commission Electorale Indépendante. Bakayoko n’a pas voulu manger de cette sauce dans la mesure où la volonté du candidat Gbagbo n’était pas celle du peuple qui avait plutôt porté son choix à 54,10% sur le candidat Ouattara. En réalité, le candidat Gbagbo disposait de toutes les cartes pour faire plier Bakayoko. Fort heureusement dans ce pays il existe encore des hommes intègres, des hommes guidés par l’équité et la justice. Des hommes droits dont a actuellement besoin la nouvelle Côte d’Ivoire pour se réconcilier, se reconstruire en vue d’amorcer son envol économique. C’est pourquoi, l’exemple que vient de donner aux ivoiriens Youssouf Bakayoko au monde entier doit être cité, salué et vulgarisé. Car c’est à ce prix que la nouvelle Côte d’Ivoire dont rêve le Président de la République pourra se reconstruire avec à sa tête des hommes de bonne moralité et d’une probité exemplaire. Bakayoko, son équipe technique et son personnel administratif méritent donc cette reconnaissance de la nation pour avoir accepté de dire haut et fort, en dépit des menaces de mort, la vérité sur le contenu exact des urnes. Un exemple de courage à inculquer à la nouvelle génération. Car l’on est encore à se poser la question de savoir ce que serait devenue la Côte d’Ivoire si Bakayoko avait accepté de dire autre chose que le choix clairement exprimé par le peuple souverain de Côte d’Ivoire ou si ce fameux satan évoqué par le Pr Yao Paul N’Dré avait juste fait un détour à la Résidence Angoua Koffi qui sert de siège à la CEI avant de se diriger droit au Conseil Constitutionnel.

a Côte d’Ivoire rassemblée à Yamoussoukro / Le Président de la République investi Samedi dernier : Voici pourquoi il n’y avait rien en face...

Le temps du grand bilan, au sujet de l’investiture du Président de la République, le Samedi dernier dans la capitale politique et administrative du pays, viendra. Mais quarante-huit heures après, que peut-on déjà dire ? Plusieurs observateurs saluent le caractère populaire de la cérémonie. Cela dit, tout n’a pas été parfait. Par moments, le comité d’organisation a été débordé, et n’a pas apporté à temps les satisfactions aux préoccupations des invités. Malgré tout, il est possible de reprendre cette expression bien connue en Côte d’Ivoire : il n’y avait rien en face. Cela veut dire, qu’aucun obstacle sérieux et majeur ne s’est dressé, n’a pu se dresser contre l’organisation et le succès de l’investiture.

Pourquoi il n’y avait rien en face

Le pire avait été redouté. L’apocalypse avait été annoncée. Les uns annonçaient des accidents, des attaques de convois et de voyageurs. Les autres, un coup d’Etat, une attaque armée. Autant de menaces contre l’investiture du Président de la République. Quelques-uns croyaient qu’un évènement mondial ou une autre actualité aurait relégué la cérémonie au second plan, empêchant la venue des chefs d’Etat étrangers invités ; obligeant à un report sine die, ou au maintien dans la morosité et la honte de l’investiture. D’autres ont encore parié sur la pluie qui serait venue tout perturber, et qui aurait gâché la fête. Et N’Zueba était là, mais sans la pluie. Dans l’ensemble, tout s’est passé de façon relativement acceptable. De nombreuses intentions négatives et malveillantes ont pu exister, mais l’adversité a été absente au finish. Oui, il n’y avait rien en face.

L’accueil et le protocole

La commission accueil et protocole a été souvent débordée. Notamment dans l’organisation de l’arrivée de certaines personnalités. Le maître de cérémonie dans la salle VIP n’était pas souvent averti à temps au sujet de l’entrée des chefs d’Etat, des chefs de délégation ou des personnalités dans la salle. Plusieurs personnalités présentes dans la salle n’ont pas été présentées, notamment la délégation américaine. Personne n’a eu l’idée de jeter un coup d’œil sur le discours du Maire de Yamoussoukro afin de rectifier des choses, et empêcher la bourde relative à la présence d’Hillary Clinton. A la décharge du comité d’organisation, il faut noter les liens étroits entre les différentes commissions. Pour mieux organiser les choses, il fallait longtemps à l’avance, avoir les confirmations définitives sur les différentes présences des uns et des autres.

Identification et sécurité

Hormis le désagrément lié au fait que des membres de la suite de certains chefs d’Etat n’ont pas eu de places assises dans la salle de la cérémonie, l’organisation a pu éviter d’être totalement débordée. Environ 200 à 300 personnes sont restées en station debout durant deux heures de temps. Ceux qui ont pu avoir des places assises, ont dû rallier le lieu de la cérémonie dès 8 h30. Seuls les titulaires de cartes d’invitation avaient accès à la salle VIP. Les porteurs de certains badges ont également eu accès à la salle. Les dérapages ont pu être limités, si l’on s’en tient au fait que les populations sont restées mobilisées, les organisateurs vigilants. Ce qui a permis d’éviter que la salle soit prise d’assaut, et qu’il y ait une surcharge comme lors de certains concerts organisés au Palais de la culture, durant lesquels plus de billets que de places disponibles sont vendus. Possible de songer à l’avenir à numéroter les cartes d’invitation ou les badges des numéros 0 à 2000, de sorte à permettre à chacun de connaître sa place précise dans ce type de cérémonie.

La sécurité

La sécurité semblait minimale mais réelle, sous la coordination de Guillaume Soro. L’option a été faite de laisser le peuple et les populations communier. On sentait certes la vigilance, mais il n’y avait pas de méfiance. La vigilance était là, pourtant la peur n’existait pas. Quelquefois même on avait le sentiment d’une trop grande confiance dans le dispositif. Sans doute des caméras cachées existaient ! Sans doute des détecteurs insoupçonnés de métal dangereux et d’armes étaient dans les parages. On n’invite pas une vingtaine de chefs d’Etat pour s’amuser. Les agents de sécurité étaient rigoureux, mais le peuple n’était pas dans la peur. Ce qui ressemblait à de la passivité et à une sorte de laisser-aller, était plutôt le signe de la symbiose entre les populations et les forces de sécurité.

Mobilisation, animation, restauration

La ville de Yamoussoukro était en fête. Deux concerts populaires ont été enregistrés. Les maquis, bars et boîtes de nuit ont affiché complet. Il n’y avait pas de places pour l’ennui. Les réceptions officielles à la résidence présidentielle, ainsi que le dîner de bienvenue le Vendredi soir ont permis aux invités de passer de bons moments. En dehors de la ville de Yamoussoukro, à part des initiatives de certains cadres locaux, dont celui de Cissé Ibrahim à Treichville, le comité d’organisation n’a pas pu assurer une mobilisation éclatée et simultanée dans toutes les contrées du pays. Ce type d’initiative a été plus ou moins spontané et n’a pas pu bénéficier de l’appui du comité d’organisation resté concentré dans la capitale politique et administrative du pays.

Hébergement

L’hébergement a été le talon d’Achille, la croix et la bannière. C’était l’un des grands sujets de pressions et de stress pour le comité d’organisation. A ce niveau, une absence de communication et de clarification n’a pas empêché que de nombreuses frustrations s’expriment. Qui avait droit à être logé ? Quels sont les invités que le comité d’organisation devait prendre en charge ? Comment l’accès aux chambres devait-il se faire ? A l’hôtel Président, une certaine absence de flexibilité de la part des responsables de la commission hébergement a fait que des chambres sont restées inoccupées, le Vendredi soir alors que de nombreuses personnes restaient encore dehors. L’Etat ayant réservé, il devra payer. Pendant ce temps, des invités pouvant eux-mêmes si nécessaires payer leurs chambres, sont restés longtemps dehors. Pour la restauration, pas grand-chose à dire. Les menus étaient ceux du service traiteur de l’hôtel Président. La tâche a été confiée à des professionnels. Des connaisseurs de bonnes tables et recettes ont supervisé l’affaire.

Infrastructures

La capitale politique doit se donner davantage d’envergure et de dimension pour les grandes événements à venir (Sommet de l’UA, de la CEDEAO, UEMOA, etc...). Si le Président de la République s’installe comme il a prévu à Yamoussoukro, il faudra encore faire des travaux, au niveau des routes, de l’urbanisation, de l’éclairage, et de la construction d’infrastructures adéquates pour faire de la ville, un vrai pôle de pouvoir, devant accueillir en permanence des personnalités. La présence permanente du chef de l’Etat fera de Yamoussoukro, un pôle d’attraction. Cela exige plus que les réhabilitations faites au niveau des infrastructures, à l’occasion du 21 mai.

Communication

Un direct sur France24. La cérémonie a été suivie dans plusieurs pays dans le monde, grâce à la chaîne. La TCI a également retransmis en direct. Deux télés au Congo et plusieurs autres en ont fait de même. Tous les chefs d’Etat présents sont venus avec d’importantes équipes de journalistes. Au niveau local, toutes les agences de presse et la presse nationale paraissant ont joué leurs partitions. Les campagnes de promotion publicitaire et de communication autour de l’événement par le biais de la TCI et de la presse nationale et internationale ont assuré une grande adhésion des populations ivoiriennes et des pays étrangers autour de la cérémonie d’investiture de Samedi dernier perçue par la majorité, comme le vrai moment de prise du pouvoir par Alassane Ouattara. On a déjà oublié le 28 Novembre, le 11 Avril, le 6 Mai, la journée de deuil national. On ne retient désormais que le 21 Mai 2011.

Finances

Conformément aux instructions du Président de la République, le comité d’organisation a travaillé sans entraves au niveau financier. En attendant de savoir si les autorités seront sensibles aux exigences de la transparence, en faisant connaître le budget et le coût de la cérémonie, pour éviter les fantasmes de tous ordres, il est intéressant de noter que la grogne ne peut venir par la faute du nerf de la guerre.

Une feuille de route pour chaque Ivoirien

Au-delà de la fête et de la célébration de la victoire de la démocratie, de la volonté du peuple, le 21 Mai a été l’occasion pour le Président de la République de donner à chaque Ivoirien sa feuille de route. Ouattara a mis en mission toutes les Ivoiriennes, tous les Ivoiriens vivant en Côte d’Ivoire comme à l’Etranger. Il a également mis en mission l’ensemble des populations vivant dans la paix. Tout le monde est chargé de la mission suivante : garantir la paix, la réconciliation, aider à la reconstruction du pays, dans la fidélité à notre hymne national, à notre devise (union, discipline, travail), afin que la Côte d’Ivoire reste rassemblée. Une mission qui est aussi celle du Président de la République lui-même.

21 Mai ou le début du réalisme pour les ultra et anti-Ouattara

Quelques irréductibles anti-Ouattara existent encore. Ils ne sont pas du Pdci. Ils ne sont pas du Rdr. Naturellement. Et puis ce n’est pas tout le FPI. Ils sont en Europe, ils sont à l’étranger. Ceux-là avaient souhaité le pire pour le 21 mai. Le meilleur a été au rendez-vous. Ceux-là sont soupçonnés de fomenter un coup d’Etat depuis l’étranger. La cérémonie d’investiture le Samedi dernier doit marquer la fin des illusions et faire comprendre ceci : même si par extraordinaire Ouattara n’était plus président, ce ne serait pas au profit immédiat de Laurent Gbagbo. Alors à quoi cela sert de souhaiter l’échec et le malheur ? Enfin entendons-nous bien : dire qu’il n’y avait rien en face Samedi est une lecture de faits passés, des faits de ce week-end. Cela ne veut pas dire que dans le présent, ni dans le futur il n’y a rien ou qu’il n’y aura rien. Alors pas question de dormir sur ses lauriers. Tous maintenant au trvail. Le temps de la fête est fini. Durant 5 mois de crise postélectorale, la Côte d’Ivoire a vécu au ralenti, elle n’a pas travaillé. Depuis le 11 Avril 2011, le pays est à la célébration, au souvenir. La consécration et la fin de tout cela ont eu lieu le Samedi à Yamoussoukro. Il reste un dernier rendez-vous : le gouvernement. Un gouvernement de gens compétents et modèles, a promis le Président de la République. Le temps de la normalité et de l’obligation de résultats est arrivé. Dans cette optique, il faut s’attendre à ce qu’il y ait tant d’obstacles et de défis en face. Ce n’est pas tous les jours qu’il n’y a rien en face.

jeudi 12 mai 2011

Tennis: Nadal en quarts de finale à Rome

Rafael Nadal, tête de série N.1, s'est qualifié pour les quarts de finale du tournoi de Rome en battant Feliciano Lopez en deux sets (6-4, 6-2), jeudi, et affrontera le vainqueur du match Mardy Fish-Marin Cilic.
L'Espagnol, qui avait bataillé trois sets la veille sur le même Central du Foro Italico pour battre l'Italien Paolo Lorenzi, 148e à l'ATP, a été plus expéditif contre son compatriote.
Le N.1 mondial, qui avait admis avoir "très mal joué" contre Lorenzi avait prévenu: "Le bon côté, c'est que jeudi, je jouerai mieux, parce que ce n'est pas possible de jouer plus mal."
Il a a pris deux fois le service de Lopez dans la première manche, mais perdu une fois le sien, puis a fait le break au sixième jeu du deuxième set pour mener 4-2. Il n'a ensuite plus relâché son étreinte et a étouffé le 40e à l'ATP.

Woody Allen a deux amours : la clarinette et Paris

Swing lent sur des images de cartes postales. Clarinette, jazz New Orleans, et vues de Paris sous la pluie : la nostalgie façon Woody Allen étreint les spectateurs en quelques séquences. Son film "Minuit à Paris" est la bonne surprise de l’ouverture du 64e Festival de Cannes, ce soir.

On ne pouvait en effet imaginer film plus autobiographique. Parce qu’il n’y a rien de plus cher à Woody Allen que la clarinette et le jazz New Orleans, qu’il joue régulièrement en concert - il se produisait d’ailleurs à Paris, début avril, avec son New Orleans Jazz Band. Et parce qu'il n’y a que Woody Allen pour rapprocher les ruelles parisiennes et les orchestres du delta du Mississippi.
Durant dix jours, la Croisette grouille d'acteurs qui se confient, de cinéastes qui s'épanchent, de critiques de film qui bavardent et de journaux people qui cancanent. Notre voisin peut être le cinéaste Woody Allen, un journaliste égyptien, ou un cinéphile anonyme. Conversations insolites dans un café, remarques au débotté d'une projection, ou le tic-tic-tic des talons aiguilles des starlettes sur la Croisette, nous aurons les oreilles aux aguets au milieu du grand tintamarre cannois.
Le film est autobiographique aussi parce que Owen Wilson, l’acteur principal du film, c’est un peu lui. Certes, Woody Allen dira en conférence de presse que le jeune acteur californien "est tout à fait le contraire de [lui]", et que cette différence l’a beaucoup aidé. "C’est un beach boy de la côte ouest, très détendu." Mais Owen Wilson a tellement bien travaillé son personnage "à la Woody", et particulièrement sa diction, qu’à certains moments où il est hors-écran en voix-off, on jurerait entendre le maître.

Gil Pender (Owen Wilson) débarque de Californie dans la capitale française avec sa fiancée, Ines (Rachel McAdams) et ses futurs beaux-parents. Le jeune Américain, scénariste à Hollywood, rêve de s’installer pour de bon à Paris et de devenir un grand écrivain. Sa future épouse, elle, préfère les plages de Malibu.
 
Le couple dépose ses valises dans un hôtel parisien (ultra-chic, forcément...), et visite Versailles, Giverny et le musée Rodin (où Carla Bruni-Sarkozy joue la guide). Woody montre le Paris que connaissent les Américains friqués : des cartes postales à 2 euros, des antiquaires qui vendent des chaises en bois à 18 000 euros et des palaces hors de prix.

Puis, Gil se retrouve seul. (Attention, si vous voulez apprécier pleinement la surprise du film, mieux vaut ne pas lire la suite. Mais Woody Allen a tellement bien gardé secret le principal ressort de son long-métrage qu’on meurt d’envie de vous en donner un avant-goût.)
Quand les 12 coups de minuit sonnent, une vieille voiture à cocher apparaît et d’inconnus voyageurs invitent le jeune Américain à s’y engouffrer. Celui-ci réalise alors son rêve : discuter le bout de gras avec Ernest Hemingway (Corey Stoll) et Scott Fitzgerald (Tom Hiddleston), être copain de bistrot avec Salvador Dali (personnage qui colle à la peau d’Adrien Brody, ici photographié par Mehdi Chebil pour FRANCE 24), faire lire son manuscrit à Gertrude Stein (campée par l’épatante Kathy Bates)... et tomber raide sous le charme de la maîtresse de Pablo Picasso (Marion Cotillard, sublimée).
Un Woody Allen qui assume son amour des années folles, du charleston et des surréalistes, qui met en scène la folie de Zelda Fitzgerald et fait chanter Cole Porter au piano : le festival en redemande.

Preuve que la thématique plaît : il n’y a pas plus nostalgique que les Cannois. "Tu sais, avant, on pouvait entrer au Majestic* en se faisant passer pour un stagiaire. Aujourd’hui, c’est impossible, y’a trop de sécurité...", soupire un jeune homme qui bavarde avec un ami dans la rue. Cet habitué de La Croisette n’a pas 20 ans qu’il regrette déjà le bon vieux temps.




Cameroun - Fire outbreak ravages Douala head office of National Social Insurance Fund

The Littoral regional head office of the National Social Insurance Fund in Bonanjo, Douala was in flames on Sunday 8th May 2011.
Fumes of thick black smoke were spotted flying high from the sixth floor of the building; this warranted the prompt intervention of fire fighters.

According to accounts of security officials guarding the building, the fire broke out at about 10 am Sunday morning.

The officials saluted the immediate intervention of the fire brigade that brought in four fire extinguishing trucks.

The fire-fighters during the rescue efforts had to deal with the difficulties of reaching at their target, several meters above the ground this warranted further assistance from the airport and the Naval Base rescue teams.

After several minutes of frantic efforts the fire was contained but two offices had already been reduced to ashes.
The General Manager of National Social Insurance Fund was informed of the incident. He travelled to Douala to have an on the spot assessment of the damages caused.

Security officials have opened investigation to establish the cause of the accident. As of Monday worked had resumed at the office and the General Manager assured the public that the damage was minimal.

mercredi 11 mai 2011

Affaire Tapie : «On essaie de me salir»

La ministre de l'Économie Christine Lagarde estime qu'aucun élément nouveau n'a été apporté à l'affaire Tapie et revient sur la crise de la zone euro.
Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a demandé mardi à la Cour de justice de la République d'ouvrir une enquête contre vous pour abus d'autorité dans l'arbitrage du dossier Tapie. Quelle est votre réaction? Christine LAGARDE. - Il n'y a à ma connaissance aucun élément nouveau apporté au fond du dossier. Ma réaction est donc la même que lorsque j'ai découvert dans la presse la lettre adressée au procureur général près la Cour de cassation: sérénité sur le fond, mais indignation sur le procédé. On essaie de me salir, sans doute pour faire oublier que tout cela, c'est l'héritage des petits arrangements de l'époque Mitterrand, où ceux qui donnent aujourd'hui des leçons de vertu étaient aux commandes. Pour ma part, j'ai toujours agi avec rigueur et transparence, dans un seul sens: celui de l'intérêt général. La commission des requêtes va maintenant examiner collégialement toutes les pièces du dossier pour décider s'il y a lieu ou non d'ouvrir une enquête, à la lumière du droit et des faits. Nous verrons, mais, je le répète, je suis sereine comme je l'ai toujours été sur ce dossier.
Vous présentez mercredi avec François Baroin la réforme de l'ISF en Conseil des ministres. Comment faire pour éviter les effets de seuil qui vont toucher les assujettis ayant un patrimoine entre 1,3 et 3 millions d'euros?
Nous prévoyons un mécanisme de décote qui permet d'éviter une grosse marche d'escalier. Dans la mesure où la nouvelle formule de l'ISF prévoit une taxation au premier euro, le nouveau barème de l'ISF avait quelques défauts. Il créait des effets de seuil à 1,3 et 3 millions de patrimoine. Et les ménages ayant entre 1,3 et 1,4 million de patrimoine devaient payer davantage d'ISF qu'avant la réforme. Nous avons instauré un système de lissage par décote qui élimine tous ces effets négatifs. Techniquement, nous avons opté pour deux formules de décote: la première s'applique entre 1,3 et 1,4 million de patrimoine et la seconde entre 3 et 3,2 millions de patrimoine. Grâce à la décote, un ménage ayant 1,3 million de biens payera 1500 euros d'ISF nouvelle formule. Sans décote, sa facture aurait été de 3250 euros. Ces 1500 euros sont donc le nouveau point d'entrée à l'ISF, le montant minimum à acquitter.
L'opposition vous accuse de présenter une réforme non financée…
Je suis très claire là dessus: elle ne coûte pas un euro au budget de l'État. Le principe de cette réforme, comme l'a souhaité le président de la République, ce n'est pas de faire un cadeau aux ménages aisés, mais de taxer selon des modalités plus intelligentes économiquement. Pour ce faire, on procède à un allégement de la fiscalité sur la détention de patrimoine et on majore les taxations sur les transmissions de patrimoine, c'est-à-dire les «flux». Seuls les hauts patrimoines paieront: les acquis de la loi Tepa seront intégralement préservés. Pour moi, ce qui est important, dans cette réforme, c'est que nous ayons réussi à préserver l'ISF PME, qui va continuer à inciter les contribuables à investir dans les entreprises.
La polémique rebondit sur la part variable des banquiers, parfois nettement supérieure au fixe. Est-ce en contradiction avec les engagements pris par la France?
La France a transposé une dire­ctive européenne. Elle respecte scrupuleusement le texte. Un parlementaire l'a interprété différemment -considérant que l'expression d'«équilibre approprié» entre part fixe et part variable voulait dire 50/50- et remet en cause notre transposition. La Commission européenne, elle, a évidemment été consultée et n'a soulevé aucune objection.
Ce qui est plus fondamental, c'est que nous avons changé d'époque. Les directions des banques françaises doivent comprendre que les temps ont changé. La Banque de France et son autorité de contrôle vérifient en ce moment même la conformité des politiques de rémunération. Il est évident que, si les règles du jeu ne sont pas respectées, il y aura sanction.
Le président de la commission des affaires sociales, Pierre Méhaignerie (UMP), affirme avoir reçu mardi matin le feu vert de Nicolas Sarkozy pour déposer un amendement à la réforme de l'ISF prévoyant «une contribution exceptionnelle des très hauts revenus». Y êtes-vous favorable?
Je ne doute pas que les parlementaires de la majorité souhaiteront aborder ce point dans le débat.
La prime pour les salariés des entreprises dont les dividendes augmentent sera finalement obligatoire et pérenne. Comment réagit la libérale que vous êtes?
Je suis rassurée que l'obligation concerne l'obligation de négocier cette prime. Car je crois aux vertus de la discussion entre partenaires sociaux.
Vous battiez mardi le record de longévité de Pierre Bérégovoy à Bercy - la palme restant toujours à Valéry Giscard d'Estaing. Quel bilan tirez-vous de ces quatre années?
Je peux d'abord constater les vertus de la longévité à la tête d'un tel ministère. Dans les Ecofin, Eurogroupe, G7, G20…, avoir l'antériorité des dossiers et connaître les interlocuteurs, c'est très important. J'ai beaucoup donné pendant cette intense période de crise. C'était à la fois exaltant et inquiétant! Il a fallu mener de front les réformes intérieures et le sauvetage financier. À ce titre, la présidence française de l'Union européenne a certainement été le point culminant.
Parmi les réformes faites, je suis fière d'avoir porté le texte sur les heures supplémentaires, celui du crédit impôt-recherche, ou encore la suppression de la taxe professionnelle. Tout cela va dans le sens de l'innovation et l'investissement. Mais ma loi, celle qui peut porter mon nom, c'est celle qui réforme en profondeur le crédit à la consommation et le surendettement. Elle va coûter cher aux organismes de crédit à la consommation, mais les Français sont désormais protégés d'un certain nombre d'abus. Pour la dernière année du quinquennat, il reste à mener à bout le G20 ainsi que la réforme de la dépendance. Il y a aussi un projet qui me tient à cœur: le logement. J'apporterai à Benoist Apparu tout le soutien de mon ministère afin de faire bouger les lignes de ce sujet qui concerne tant de Français. Que ce soit via la fiscalité ou les règles d'urbanisme, il faut encourager les rotations des logements.
Puisque nous parlions du dispositif ISF PME, regrettez-vous d'avoir personnellement investi dans l'entreprise du fils du président d'Oséo -un établissement sous tutelle de Bercy-, ce qui nourrit à votre égard des soupçons de conflit d'intérêts?
Non, je ne regrette absolument pas d'avoir fait cet investissement. J'ai investi dans cette petite SARL 19.980 euros en juin 2009, puis 14.949 euros l'année suivante, pour un total de 3,2% du capital. Aujourd'hui, je suis fière d'avoir participé à l'éclosion d'une entreprise qui compte huit salariés. Et, pour clore la polémique, j'ai décidé de confier la gestion de mes parts sociales à un intermédiaire agréé. Nous sommes en politique, je constate que certains ont un malin plaisir à me chercher des poux…
Justement, on vous dit un peu lassée par toute cette affaire et tentée par un retour dans le secteur privé, peut être aux États-Unis. Est-ce votre souhait?
Pas du tout! Là encore, j'aimerais dépenser moins d'énergie à me défendre des attaques qui me sont faites dans le dos. Je travaille avec acharnement à la tête de ce ministère. Une chose est néanmoins vraie: pour la suite, je ne me ferme aucune porte.
Les États-Unis vous manquent?
J'ai effectivement un tropisme américain. La candidature à la députation des Français de l'étranger pour l'Amérique du Nord est une façon d'y répondre. À l'automne, je me plongerai, avec un suppléant, dans ce sujet…

Lagarde: «Nous devons continuer à financer les pays en difficulté»

La zone euro inquiète toujours les marchés. Vendredi dernier, la presse allemande a révélé la tenue d'une réunion secrète entre certains pays membres de la zone euro pour évoquer les difficultés de financement de la Grèce. Que s'est-il passé à cette réunion?

Christine LAGARDE. - C'est vrai qu'elle devait rester discrète. Nous avons tous été surpris de voir que les notes de travail de notre collègue allemand, Wolfgang Schäuble, s'étaient retrouvées sur le site Internet du Spiegel… Il n'en reste pas moins qu'il s'agissait d'une réunion de travail normale, prévue de longue date entre les pays de la zone euro membres du G20. Elle n'avait aucun caractère d'urgence. Ce dîner était prévu pour faire le point avant le Conseil du 16 juin, qui portera sur la situation des finances publiques dans la zone euro et plus particulièrement en Grèce. D'où la présence vendredi soir autour de la table de notre collègue grec, à qui nous avions quand même des questions importantes à poser…
De quoi avez-vous parlé, d'un nouveau plan de sauvetage?
Nous avons évoqué la mise en œuvre du programme grec adopté il y a un an. Une mission du FMI, de la Commission et de la BCE est actuellement à Athènes. Nous ne pouvons conclure avant leur retour. Malgré les efforts du gouvernement et les réformes importantes votées, certains objectifs notamment en matière budgétaire n'ont pas été atteints. Dans ces conditions, il est difficile d'envisager un retour sur le marché en 2012, comme prévu initialement. La Grèce doit en outre nous indiquer le calendrier du programme de privatisation particulièrement important de 50 milliards d'euros sur lequel le gouvernement s'est engagé. Nous comprenons que l'État soit confronté à des problèmes d'inventaire des actifs et de définition des titres de propriété, mais il doit savoir que nous sommes très attentifs à ce qu'il respecte tous ses engagements…
La Grèce va-t-elle devoir restructurer sa dette?
Nous l'excluons totalement sous toutes ses formes. Il n'est pas question non plus que la Grèce quitte la zone euro! Je tiens à rassurer les investisseurs.
Le contribuable européen est déjà sous pression. N'est-il pas temps de faire payer aussi les investisseurs privés, comme le demandent les Allemands avec insistance?
Tous nos efforts depuis un an avec la création du Fonds européen de soutien financier (FESF), puis avec la mise en place en 2013 du mécanisme permanent de stabilité visent à ce qu'aucun pays de la zone euro ne puisse faire défaut sur sa dette. Personne n'a envie de continuer à financer ainsi les pays en difficulté! Mais nous devons impérativement le faire, car une restructuration de la dette d'un État enverrait un message tellement négatif aux investisseurs que toute la zone en pâtirait, et le coût de refinancement de la dette de tous les pays grimperait. En outre, dans l'hypothèse d'une restructuration, les titres grecs détenus par la BCE subiraient une forte décote.
Concrètement, quelle forme pourrait prendre une aide supplémentaire et quel en serait le montant? On parlait mardi à Athènes de 60 milliards dès juin…
Aucune décision n'est prise et le gouvernement grec doit en priorité mobiliser ses propres ressources notamment en mettant en œuvre rapidement son programme de privatisations. Nous disposons des instruments pour faire face à toute situation avec le FESF et l'ESM. Nous discuterons de tout cela le 16 mai prochain.

 



Le boom de la pornographie en Afrique

Les films pornographiques sont de plus en plus consommés en Afrique, en dépit de l’interdiction légale – et de la condamnation morale – qui existe dans de nombreux pays. Les détracteurs du genre craignent une dépravation des mœurs, surtout chez les jeunes.
Il y a encore quelques mois, Fabrice* était amateur de pornographie. Cet Ivoirien de trente ans assure qu’il n’a jamais été « accro », mais admet qu’avant de trouver l’équilibre dans la religion, il était adepte de ce genre de films. Timide, il avait en effet « peur d’approcher les filles ». Alors, à la nuit tombée, il ressentait parfois le besoin de tromper ses frustrations. Direction la maison d’un ami pour regarder un film X…
Les « pornos » sont importés sur le continent depuis l’Occident et, de plus en plus, sont tournés avec et par des Africains – qui à l’occasion pimentent la touche locale. Des danses traditionnelles, telles le mapouka ivoirien, sont ainsi revisitées. « Sur fond de musique africaine, ces danses s’achèvent par des relations sexuelles reprenant le schéma classique des films européens », précise la Camerounaise Amely-James Koh Bela, présidente de Mayina, une association française combattant l’exploitation sexuelle.
Films X à la télé en RDC
D’où qu’elles viennent, les productions s’affichent dans des vidéos-clubs d’Abidjan, Douala, Lagos, Johannesburg ou Kinshasa. Des vendeurs ambulants cèdent en outre des CD ou DVD piratés pour 500 à 6 500 FCFA (entre 80 centimes et 10 euros). Une activité plus ou moins discrète... Est-ce à dire que la pornographie commence à entrer dans les mœurs ? Officiellement, non : malgré l’intérêt des consommateurs, elle reste illégale dans de nombreux pays et n’a pas bonne presse.
« En RDC, il y a quelques années, avec la libéralisation de l'espace démocratique et médiatique, des chaînes de télévision privées avaient essayé de diffuser des films, se souvient par exemple le sociologue congolais Jean Liyongo Empengele. Cela a été interdit par les autorités sous pression de la population, offusquée par 'l'atteinte aux mœurs'. »
Les détracteurs craignent une dépravation sociale, arguant que des agressions ont impliqué des hommes surexcités. Pas impossible, selon Fabrice. « De mon expérience, la pornographie a beaucoup d’aspects négatifs, renchérit-il d’une traite. Tu es là, tu dors, et les images des acteurs viennent, et reviennent... Et ça te frustre parce que tu ne peux rien faire ! Ça peut aussi provoquer une dépendance. »
Projet de loi en Afrique du Sud
Des critiques estiment ces risques particulièrement élevés chez les jeunes qui, comme en Occident, s’initient à la sexualité via internet, où ils téléchargent et diffusent du contenu, quand ils ne sèchent pas les cours pour s’« instruire » dans des vidéos-clubs. « La loi n’est pas derrière pour règlementer leur entrée, déplore Fabrice. Ça crée des problèmes parce que leur sexualité désordonnée peut favoriser la propagation des MST, du sida, des grossesses non désirées. »
Des inquiétudes que quelques Etats partagent publiquement. Au Nigeria, les autorités de Lagos demandent aux parents de surveiller strictement leurs enfants. L’ancien vice-ministre sud-africain de l’Intérieur, Malusi Gibaba, a pour sa part proposé en 2010 un projet de loi interdisant la pornographie sur le web et les mobiles pour protéger les mineurs.
Reste que le milieu du X, essentiellement non professionnel en Afrique, suscite des vocations. « En Côte d’Ivoire, au Cameroun… les acteurs porno sont adulés et présentés comme des modèles de réussite pour la jeunesse, qui ne se fait pas prier en cas de sollicitation », constate Amely-James Koh Bela, auteur de Mon combat contre la prostitution (éd. Jean-Claude Gawsewitch). D’autres anticipent et proposent leurs services sur internet.
Exploitation des travailleurs et travailleuses du sexe
Philippe Di Folco met cependant en garde contre les dérives, « décuplées par rapport à l’Occident ». « On assiste à une exploitation des travailleurs et travailleuses du sexe, utilisés sans contrat, sans suivi médical, commente le directeur du 'Dictionnaire de la pornographie' (éd. PUF). Ces méthodes, dont ces pays [africains] n'ont pas l'exclusivité, peuvent être assimilées à de la prostitution. Le Nord réclame par ailleurs des plans tournés sans préservatif et beaucoup de scènes plus ou moins bien simulées de violences sur les femmes, mais pas seulement : tous les genres sont affectés, hétéro ou homo. »
Alexandre*, un ex-acteur-réalisateur camerounais, ne s’est jamais plaint de ses conditions de travail – même quand il a dû tourner « sans préservatif pour des raisons esthétiques ». Car à l’image de bien des novices, il ne jurait que par la rémunération. « J’ai été payé 1 000 euros par mon producteur, basé en France, pour mon rôle de vingt-six minutes dans 'L’Amour dans les arbres'. Et 500 euros pour le quinze minutes 'Pur Choco d’Afrique'. »
Les temps changent. Aujourd’hui, ces cachets, plutôt élevés pour un amateur installé en Afrique, ne le font plus rêver. A l’image de Fabrice, il a « trouvé Dieu ». Et depuis, la pornographie, c’est de l’histoire ancienne.

Les enfants de ben Laden s'en prennent à Obama

Huit jours après la mort de leur père dans l'opération d'un commando américain, les fils d'Oussama ben Laden ont rompu leur silence dans une lettre adressée au quotidien américain The New York Times. Les fils de ben Laden critiquent le gouvernement de Washington en dénonçant l'exécution arbitraire et le traitement humiliant de la dépouille de leur père.




Omar ben Laden, l'un des fils de l'ennemi public numéro 1, s'en est pris directement au président Obama, en l'accusant d'avoir ordonné l'exécution d'hommes et de femmes non armés.

Omar, qui s'exprime au nom de ses frères, reproche également au président américain d'avoir humilié la dépouille de son père en ordonnant de la jeter à la mer.

Lois internationales bafouées
Cet acte est « humainement et religieusement inacceptable » et « humiliant pour la famille », dit Omar ben Laden qui se demande pourquoi le leader d'al-Qaïda n'a pas été arrêté et jugé par un tribunal pour que la vérité soit révélée au monde.
Citant les procès de l'ancien leader irakien Saddam Hussein et de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic, Omar estime qu'en assassinant ben Laden, les Etats-Unis ont bafoué les lois internationales en ignorant la présomption d'innocence et le droit à un procès équitable.
Dans cette lettre, signée au nom de ses frères, mais dont aucun nom n'est cité, Omar ben Laden ajoute que la famille se réserve le droit de poursuivre les responsables de ce crime devant la justice américaine et internationale.


Al-Qaïda dans la péninsule arabique menace de venger ben Laden

Dans un message mis en ligne sur des sites islamistes, le chef d'al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), le Yéménite Nasser al-Wahishi, menace du « pire » les Etats-Unis après la mort d'Oussama ben Laden. Rendant hommage à ben Laden, « tué en combattant les ennemis d'Allah sans se rendre », al-Wahishi assure que les Américains vont « devoir combattre une génération après l'autre » car, dit-il, « la bataille entre nous n'était pas dirigée par Oussama seul ».
Nasser al-Wahishi occupe-t-il la position dont il se réclame à la tête d’al-Qaïda dans la péninsule arabique, l’Aqpa ancrée au sud de la péninsule yéménite, c’est ce que RFI a demandé à Mathieu Guidère, chargé de cours à l’université de Toulouse, spécialiste de la veille internet des réseaux terroristes, auteur d’une étude sur  Les nouveaux terroristes nés en Occident, publié en 2010 aux éditions Autrement.
Mathieu Guidère : Ce message intervient après celui du chef d’Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique, et après le message du chef d’al-Qaïda en Irak, qui ont tous les deux dit cette semaine qu’ils allaient venger le mort d’Oussama ben Laden. Le message d’Aqpa était donc attendu comme émanant d’al-Qaïda dans la péninsule arabique en tant que branche officielle de l’organisation adoubée par ben Laden.
Son chef, al-Wahishi, est un Yéménite qui connaît ben Laden, qui s’est échappé en 2006 de prison avec 22 autres prisonniers. Il est secondé par un Saoudien, Saïd al-Shihri, un ancien prisonnier détenu à Guantanamo.
Cette branche d’al-Qaïda dans la péninsule arabique est née en janvier 2009 de la fusion de l’ancienne filiale d’al-Qaïda en Arabie Saoudite et de la branche d’al-Qaïda au Yémen. L’objectif de chacun des deux étant de se renforcer dans cette région.

RFI : Quelle est la force de frappe d’Aqpa ?
 
M.G. : Aqpa est l’une des branches les plus actives et les plus nuisibles aujourd’hui dans le monde. Elle bénéficie d’un contexte politique et social très instable au Yémen. Elle a réussi à s’implanter en particulier dans les régions sud et est du pays, grâce à des complicités locales et surtout au réseau tribal antigouvernemental, ce qui lui permet de mener des actions contre les forces de sécurité, et cela en intégrant un certain nombre d’Occidentaux, des militants nés en Occident et qui ont fui les Etats-Unis par exemple. On pense à l’imam radical Anwar al-Aulaqui.
Aqpa est ainsi devenue une véritable menace pour les Etats-Unis. C’est Aqpa qui avait organisé la tentative d’attentat contre le vol Amsterdam-Détroit le jour de Noël 2009 et qui l’a d’ailleurs revendiquée. Aujourd’hui, dans son message, elle ne fait que reprendre cette menace à l’intention des Etats-Unis en particulier en disant qu’ils regretteront le temps où ben Laden était vivant.

RFI : Alors justement, cet imam américano-yéménite, al-Aulaqui a été localisé au sud du Yémen par les Américains qui ont d’ailleurs tenté en vain de l’éliminer ?
 
M.G : En effet. Et cet Américano-Yéménite a un parcours tout à fait exceptionnel puisqu’il est né et a vécu aux Etats-Unis. C’est un Américain type jusqu’à ce que petit à petit la radicalisation post 11-Septembre 2001 l’amène à fuir les Etats-Unis pour se réfugier au Yémen. Et aujourd’hui, il est numéro un sur la liste des Américains les plus recherchés au monde par les services américains et en particulier par le FBI et la CIA.
Sa tête a été mise à prix et les Américains tentent par tous les moyens soit de le capturer soit de le tuer parce qu'il représente, du point de vue américain, la plus grande menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis.
Et c’est lui qui a notamment initié ce virage stratégique de l’organisation pour la propagande en anglais. Il a poussé à la création d’un magazine, Inspire, totalement en anglais, visant à recruter des Américains pour le djihad. Et de ce point de vue-là, il représente aujourd’hui une menace sérieuse pour les Etats-Unis.

RFI : On a dit la mouvance al-Qaïda en perte de vitesse avec la montée des mouvements qui se développent dans le monde arabe. Qu’en est-il d’après vous ?
 
M.G : Effectivement, al-Qaïda a été déstabilisée ces derniers mois comme on le voit à travers les discussions, les forums, les interrogations que se posent tous ces groupes. Elle a été déstabilisée par le fait que les régimes contre lesquels al-Qaïda luttaient depuis deux décennies maintenant ont été changés par des mouvements pacifiques et par des personnes qui ne se réclamaient pas du djihad. Par conséquent, les militants et les combattants de l’organisation se posent la question de la place du djihad.
Est-ce que le djihad a encore sa place pour changer les régimes ou bien ne faut-il pas aller dans les rues manifester ? C’est un questionnement, c’est une interrogation qui malheureusement aujourd’hui est en train de passer au second plan en raison du raidissement de certains régimes arabes. On pense à la Libye, à la Syrie, au Bahreïn, où la contestation pacifique n’a pas abouti et où de nouveau, cela vient nourrir les arguments des partisans d’al-Qaïda qui pensent qu’il n’y a que la solution violente pour changer les régimes.

Musique - Il y a 30 ans, la légende du reggae Bob Marley s'éteignait

Trente ans après sa mort des suites d'un cancer, le chanteur issu du ghetto de Trenchtown à Kingston, héritier de la mouvance rastafari, continue de faire vibrer ses fans dans le monde entier avec plus de 200 millions d'albums vendus.
 Bob Marley, le "pape du reggae" aux plus de 200 millions d'albums vendus dans le monde, est mort le 11 mai 1981 à Miami, il y a 30 ans, occasion de rendre hommage à celui qui continue, génération après génération, de faire vibrer la planète.
Les rastafaris de Zambie se rassembleront à Lusaka pour un grand concert nocturne afin de "célébrer la vie" de leur idôle, devenue le "porte-voix des défavorisés" de la planète, dont la musique, dit à l'AFP Brian Chengela, directeur de Jah Entertainment, "continue, par sa force, de maintenir une unité qui transcende les croyances, les races, les couleurs, les frontières et les cultures".
Concerts, émissions de radios ou télévisées sont également prévus en France où France Ô diffusera le concert "Live at The Rainbow" et le documentaire "The Wailers : Catch a fire", plongée dans les coulisses de cet enregistrement (Catch a fire) en 1972.
En 1977, Bob Marley s'était produit avec son groupe, The Wailers, au Rainbow Theatre de Londres, un concert mythique pendant lequel il avait interprété les morceaux de l’album qu’il venait d’enregistrer dans la capitale britannique ("I Shot the Sheriff", "Lively Up Yourself", "Get Up, Stand Up", "Jamming", "No Woman No Cry", "Exodus" et "War").
Deux livres paraissent en français à cette occasion: "Bob Marley, Les secrets de toutes ses chansons 1962-1981", de Maureen Sheridan (éditions Hors Collection), journaliste spécialiste du reggae, à la tête de sa propre maison de disques en Jamaïque et "Bob Marley, destin d'une âme rebelle" (Flammarion) de Francis Dordor, journaliste aux Inrockuptibles.
Ce livre rassemble des interviews des proches de Bob Marley, Bunny Wailer, Peter Tosh, Chris Blackwell, "Family Man" Barrett, Sly Dunbar, son manager Don Taylor ou Cindy Breakspeare, témoignant de la vie de l'artiste en butte au cynisme de l'industrie musicale et soumis à la violence de l'île, devenue indépendante en 1962.
Trente ans après sa mort prématurée, suite à un cancer généralisé, Robert Nesta Marley, reste pour beaucoup de ses adeptes et de jeunes qui découvrent la musique de leurs parents ou grands-parents, la super star venue d'un pays pauvre, symbole de la contestation universelle, d'émancipation et de liberté.
Sa voix, sa spiritualité, qui s'inscrivaient dans la mouvance rastafari lui valant souvent d'être désigné comme l'apôtre du cannabis, est devenue celle des défavorisés à travers la planète. Notamment en Afrique, rappellent les musiciens Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoli, où Bob Marley avait prédit que le reggae reviendrait comme à sa "source".
Bob Marley est né le 6 février 1945 à Rhoden Hall près de Nine Miles, dans la paroisse de Saint Ann (Jamaïque), d'une mère jamaïcaine et d'un père anglais, officier de marine, qu'il n'a pas connu.
Il a grandi dans le ghetto de Trenchtown à Kingston. En 1962, il enregistre son premier titre "Judge Not" et fonde peu de temps après avec Peter Tosh et Bunny Wailer, le groupe "The Wailers".
En 1966, il part travailler aux Etats-Unis pour des raisons économiques. Il fera, plus tard, une rencontre décisive avec Mortimer Planno, rasta jamaïcain d'origine cubaine qui lui transmettra une partie de sa culture rasta.
De retour en Jamaïque, à la fin des années 60, il signe avec le label Island et sort avec les Wailers ses premiers albums au début des années 70, "Catch a fire" et "Burnin" en 1973. En 1974, il enregistre son premier album solo "Natty dread". Les albums s'enchaîneront jusqu'à la fin (Rastaman Vibration en 1976, Exodus en 1977, Survival 1979, Uprising, 1980).

Des milliers de manifestants dans les rues d'Athènes contre les mesures d'austérité

Des milliers de Grecs ont défilé mercredi dans les rues d'Athènes afin de protester contre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement pour réduire la dette grecque. Quelques heurts ont éclaté entre la police et des jeunes manifestants.
 Des milliers de Grecs ont manifesté mercredi, jour de grève générale, contre les mesures d'austérité et les privatisations décidées par le gouvernement socialiste qui cherche à obtenir une nouvelle aide internationale afin d'éviter une restructuration de la dette grecque.
Environ 10.000 personnes selon la police ont battu le pavé à Athènes contre les sacrifices imposés au pays.
Les deux compagnies grecques, Olympic Air et Aegean, ont annulé des vols. Les ferries vers les îles sont restés à quai, et les trains en gare.
Pour la deuxième fois depuis le début de l'année, les syndicats - GSEE pour le privé, Adedy pour les fonctionnaires ainsi que le front syndical communiste Pame - protestaient contre un durcissement de la cure d'austérité, assorti d'une intensification des privatisations (50 milliards d'euros d'ici 2015), un plan qui est actuellement évalué et discuté avec les représentants des bailleurs de fonds du pays (zone euro et FMI), présents à Athènes.
"Les nouvelles mesures frappent unilatéralement les travailleurs et l'emploi et pas les possédants ni les banquiers, ni tous ceux qui ont fait la crise et en profitent" a déclaré à l'AFP Stathis Anestis, secrétaire général adjoint de la GSEE.
"Après un an (d'aide internationale), nous sommes hélas dans une situation pire, le chômage a explosé, les salaires sont au plus bas niveau et le pire c'est qu'il n'y a aucune perspective d'issue," a-t-il ajouté.
"On veut nous supprimer des acquis sociaux de plusieurs siècles" a renchéri Vangelis Papadoyannis, 46 ans, employé d'Intracom, une société de nouvelles technologies.
"Dans mon entreprise, on a eu une vague de licenciements, une centaine en janvier, ils nous ont changé nos conditions de travail, ils nous ont baissé le salaire de 15% et ça continue (...) Ce mémorandum (le prêt de l'UE et du FMI) qui selon le gouvernement devait nous sauver, est allé aux banques", a-t-il regretté.
"Non au bradage" indiquaient certaines banderoles critiquant le programme de privatisations qui prévoit d'ouvrir le capital des grands groupes publics (électricité, eau...) afin de réduire la dette, qui a explosé au dessus de 340 milliards d'euros et doit atteindre 152% du PIB d'ici la fin de l'année.
"Si c'était au profit de l'Etat, on serait prêt à des concessions, mais ils ne nous bradent que pour rembourser nos créanciers", a regretté Tassoula Carabina, 48 ans, employée du groupe d'électricité DEI-PPC.
Quelques incidents ont eu lieu lors de l'arrivée du cortège, avec du mobilier urbain incendié, jets de pierre, suivis de tirs de grenades assourdissantes et lacrymogènes par la police sur des groupes de jeunes manifestants, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Mais aucune violence du même type que celles de l'an passé lorsque trois employés de banque sont morts le 5 mai 2010 en marge d'une telle manifestation, asphyxiés dans l'incendie provoqué par un jet de cocktail molotov. La police a annoncé cinq interpellations, et une source hospitalière sept blessés.
Le train de mesures pris l'an dernier en contrepartie du sauvetage du pays via le déblocage d'un prêt de 110 milliards d'euros par l'UE et le FMI a pour l'instant échoué à rétablir l'accès du pays aux marchés.
"Le programme de réformes a échoué," a dit mercredi à l'AFP Platon Monokroussos, économiste pour Eurobank selon qui le gouvernement est en train de négocier "un nouvel accord" .
Les Européens planchent sur les moyens d'empêcher un défaut grec au cas où les taux d'intérêt imposés au pays, actuellement prohibitifs à plus de 15%, continueraient de l'empêcher de se refinancer sur les marchés en 2012.


Internet - Google met un petit pied dans la musique en ligne

Music beta, le nouveau service de stockage en ligne de musique de Google, a été dévoilé mardi. Il s’est rapidement attiré les critiques pour son manque d’ambition. Google rejette la faute sur les majors.
Le géant Google a-t-il accouché d’une souris musicale ? Le groupe a dévoilé, mardi, Music beta by Google lors de sa conférence annuelle des développeurs (appelée I/O). Très attendu, ce service permet de stocker en ligne toute sa musique et d’y avoir accès depuis n’importe où à condition d’être connecté à l’Internet. Mais à peine sortie du bois, cette nouveauté s’est attiré une pluie de critiques.

Principal reproche fait à ce nouveau jukebox en ligne : son manque d’ambition. Le service, actuellement en phase de test et uniquement disponible sur invitation, ne permet pas grand-chose de plus que d’éviter de transférer physiquement sa musique depuis son ordinateur à un téléphone portable, par exemple.
Music beta by Google, en préparation depuis des mois, était pourtant censé révolutionner la musique numérique. Il devait permettre d’acheter en ligne n’importe quelle chanson et de l’ajouter directement à sa bibliothèque. Or, il n’en est rien. Il devait rendre aisé la gestion de ses musiques favorites, mais les premiers utilisateurs trouvent le service difficile à utiliser. Enfin, tout le monde espérait pouvoir s’amuser avec… mais Music beta est pour l’instant réservé aux seuls Américains du nord.
Pour autant, Google est-il le seul fautif ? Le géant de Mountain View (Californie) s’en défend et accuse les grandes majors de la musique. "Elles avaient des prétentions, notamment financières, qui ne nous permettaient pas d’avoir un modèle économique viable", a lâché, lors de la conférence I/O, Zahavah Levine, le responsable des partenariats chez Google.
Irritation
En fait, le géant de l’Internet a échoué à faire monter les grands noms de l’industrie sur son bateau musical. Sans accord avec les majors, le groupe n’a pas le droit de vendre de la musique en ligne. Pire, les utilisateurs n’ont du coup pas le droit de transférer leur bibliothèque musicale depuis Beta Music vers un autre ordinateur... alors même que les chansons leur appartiennent.
De quoi sérieusement handicaper le géant de l’Internet dans la course à la musique en ligne. Les responsables du groupe semblent être tellement remontés qu’ils ont – chose rare pour des négociations censées être secrètes – lâché des noms. Sony et Universal Music seraient ainsi les grands fautifs dans cette affaire d’après Google, a appris le magazine musical américain Billboard, mardi.
L’irritation du géant de l’Internet s’explique d’autant mieux qu’il n’est pas le seul sur ce marché. Amazon a lancé, il y a trois mois, un service similaire baptisé Cloud Drive. Le grand magasin culturel en ligne n’a pas non plus réussi à trouver un terrain d’entente avec les majors. Mais Amazon détient déjà un catalogue de musique numérique qu’il peut donc proposer à la vente aux utilisateurs de Cloud Drive.
Et puis surtout Apple ne devrait pas tarder à faire son "coming out" musical. Le créateur des iPhone et iPad devrait dévoiler dans les prochains mois son service de stockage de musique en ligne qui serait appelé "iCloud" et qui viendrait en complément de sa boutique numérique iTunes. Pile ce que Google espérait pouvoir mettre en place.

Égypte - La poussée de fièvre salafiste inquiète le gouvernement de transition

De plus en plus visibles depuis la chute du président Hosni Moubarak, soupçonnés d’œuvrer pour le compte des contre-révolutionnaires, les salafistes sème le trouble en Égypte.

“L’Égypte est d’ores et déjà une nation en danger.” Ce cri d’alarme lancé dimanche dernier par le ministre égyptien de la Justice, Abdel Aziz al-Guindi, illustre la crainte suscitée ces derniers jours par la surenchère intégriste qui gagne le pays. Au centre des préoccupations, les salafistes, soupçonnés par le pouvoir d'être, notamment, à l'origine des violences interconfessionnelles entre musulmans et chrétiens qui ont fait 12 morts et 232 blessés le soir du 7 mai, près du Caire.
Hyperactivité fondamentaliste
L'inquiètude du gouvernement de transition est d'autant plus grande que cet évènement n’est pas le premier coup d’éclat de cette mouvance radicale islamiste qui prône un retour à des pratiques religieuses datant de l'époque du prophète Mahomet. Le mois dernier en effet, elle a pris le contrôle d’une manifestation organisée contre la nomination d'un gouverneur chrétien proche de l’ancien régime en Haute-Égypte qui a conduit ses participants à évacuer les lieux. Plus récemment encore, vendredi dernier, elle a bruyamment protesté au Caire contre l'élimination du chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, tué par un commando américain au Pakistan dans la nuit du 1er au 2 mai.
Discrets sous le règne du président Hosni Moubarak, les salafistes ont, en effet, gagné en visibilité depuis quelques mois. À tel point que celle-ci est aujourd'hui disproportionnée par rapport à leur poids - marginal - dans la société. Ces derniers cherchent désormais à se faire entendre par la société égyptienne en profitant de l’instabilité politique. Une hyperactivité qui inquiète l'Église copte, souffre-douleur désigné des fondamentalistes, et irrite le pouvoir militaire en charge de la transition, dont le principal souci est de faire régner l’ordre dans un pays en ébullition depuis la chute du président Hosni Moubarak.
"Les autorités frapperont d’une main de fer tout ceux qui cherchent à attenter à la sécurité nationale", a d’ailleurs prévenu dimanche Abdel Aziz al-Guindi. Plus de 200 personnes ont été arrêtées après les violences de samedi.
Les Saoudiens à l’origine de l’agitation salafiste ?
Confrontés à cette poussée de fièvre radicale, les Égyptiens cherchent à savoir qui tire les ficelles de cette soudaine agitation. "La population, notamment celle d’Imbaba où ont eu lieu les heurts de samedi dernier, soupçonne une intervention étrangère qui chercherait à porter atteinte à leur révolution", souligne Sonia Dridi, correspondante de FRANCE 24 en Égypte.
Chercheur au centre politique et stratégique d'Al-Ahram, Emad Gad partage cet avis. "La première source de financement des salafistes étant l'Arabie saoudite, on peut supposer qu’ils sont manipulés par le royaume, qui redoute l'instauration d'un régime démocratique au Caire susceptible d'inspirer d’autres peuples, dont le sien", explique-t-il. La presse égyptienne soupçonne en outre les caciques du régime de Moubarak qui, dans le passé, a instrumentalisé les salafistes pour concurrencer la confrérie des Frères musulmans, de vouloir créer une situation de chaos afin de discréditer la révolution.

Libye - Les rebelles contrôlent l'aéroport de Misrata

Les insurgés ont pris mercredi le contrôle de l'aéroport de Misrata, dans l'ouest de la Libye. Depuis plus de deux mois, la ville est en prise à de violents combats entre les forces du colonel Kadhafi et les rebelles.
Les rebelles libyens ont piégé mercredi à l'issue de violents combats les forces loyales au dirigeant Mouammar Kadhafi à l'aéroport de Misrata, ville à l'est de Tripoli et assiégée par les forces gouvernementales depuis plus de deux mois.
Les rebelles ont pris le contrôle des secteurs nord, est et ouest du site de l'aéroport à l'issue de combats dans la nuit et dans la matinée de mercredi,laissant donc le sud comme seule éventuelle issue aux pro-Kadhafi.
Les forces rebelles ont saisi 40 roquettes Grad aux troupes gouvernementales dont les tirs d'obus de mortier ont fait 13 blessés parmi les rebelles.
Le nombre de combattants pro-régime blessés ou tués dans ces combats n'était pas dans l'immédiat connu.
Les rebelles ont affirmé avoir capturé un mercenaire mauritanien qui travaillait pour les forces pro-Kadhafi.
Les rebelles ont tiré sur les forces loyalistes depuis une prison sur le site de l'aéroport, situé à environ deux km au sud-ouest de la ville, après avoir pris le contrôle d'un marché dans le même secteur.
Ils ont reçu des renforts de combattants revenant de l'ouest de la ville, un secteur calme selon eux après qu'ils furent parvenus à repousser les forces loyalistes à environ 15 km à l'ouest de Misrata, troisième ville du pays.
Ils étaient en train d'avancer vers la localité de Dafnia, localité avant Zliten, toujours sur la route côtière menant vers Tripoli.
Misrata est assiégée par les forces loyalistes depuis plus de deux mois.
Si les rebelles devaient s'emparer du contrôle de l'aéroport, cela permettrait de faciliter la situation de cette ville, sous perfusion humanitaire via le port.






Festival de Cannes 2011 - Les visages qui vont illuminer la Croisette

Comédiens rompus à la montée des marches ou jeunes actrices effectuant leur baptême du feu défileront 11 jours durant sur le tapis rouge du Palais des Festivals. Qui saura s'attirer les faveurs des festivaliers ? Revue des troupes en images.
Antonio Banderas ("La peau que j'habite" de Pedro Almodovar)
L’acteur espagnol Antonio Banderas retrouve le cinéaste qui l’a fait connaître, Pedro Almodovar. Dans "La peau que j’habite", le "latin lover" incarne un chirurgien esthétique qui veut venger la mort de sa femme. Frissons garantis.
Carla Bruni-Sarkozy, Owen Wilson ("Minuit à Paris" de Woody Allen)
Ses apparitions y sont rares, mais sa seule présence au casting de "Minuit à Paris" suffit à faire du long-métrage de Woody Allen l'un des films les plus attendus de la quinzaine. Carla Bruni-Sarkozy parviendra-t-elle à convaincre la Croisette ?
Jessica Chastain ("The Tree of Life" de Terrence Malick)
Encore inconnue du grand public, l'Américaine Jessica Chastain interprète une femme au foyer des années 1950 dans le très attendu "The Tree of Life" du secret Terrence Malick. Sa prestation pourrait l'ériger au rang de star internationale.

Kirsten Dunst ("Melancholia" de Lars Von Trier)
On ne l'avait pas vue sur la Croisette depuis son interprétation de Marie-Antoinette dans le "biopic" très personnel de Sofia Coppola. L'Américaine Kirsten Dunst revient à Cannes en jeune mariée, sous la direction du controversé cinéaste danois Lars Von Trier.

Cécile de France ("Le Gamin au vélo" de Jean-Pierre et Luc Dardenne)
Récemment vue chez Clint Eastwood ("Au-delà"), la comédienne belge offre aux frères Dardenne une touche glamour inhabituelle. Son rôle de coiffeuse se prenant d'affection pour un enfant en quête de son père lui ouvrira-t-il de nouvelles portes ?

Ryan Gosling ("Drive" de Nicolas Refn)
Étoile montante d'Hollywood, le Canadien Ryan Gosling joue les cascadeurs-cambrioleurs dans le thriller "Drive" du Danois Nicolas Refn. Son style, que d'aucuns comparent à celui de Marlon Brando, a toutes les chances de séduire le jury de Robert de Niro.


Hafsia Herzi ("La Source des femmes" de Radu Mihaileanu)
À 24 ans, l'actrice française Hafsia Herzi peut se targuer de tenir un rôle dans deux films en compétition : "L'Apollonide", de Bertrand Bonello, où il est question de prostitution, et "La Source des femmes", de Radu Mihaileanu, où il est question de grève du sexe.

Ebizo Ichikawa ("Hara Kiri: mort d'un samouraï" de Takashi Miike)
Acteur issu du kabuki (théâtre traditionnel japonais) et vedette de la télévision nippone, Ebizo Ichikawa entame une carrière dans le cinéma. Dans "Hara Kiri" du prolifique Takashi Miike, le jeune comédien incarne un samouraï prêt à tout pour venger son beau-fils.

Sean Penn ("This Must Be the Place" de Paolo Sorrentino)
Grand habitué du Festival (il présida le jury en 2008), Sean Penn montera deux fois les marches cette année. Pour "The Tree of Life", de Terrence Malick, et "This Must Be the Place", de Paolo Sorrentino, où il incarne une ex-rock star à la recherche d'un ex-nazi.

Denis Podalydès ("La Conquête" de Xavier Durringer)
Il a déjà (presque) tout joué. Acteur protéiforme, Denis Podalydès prend cette fois les traits du président français, Nicolas Sarkozy, dans "La Conquête", de Xavier Durringer. Un rôle "casse-gueule" qui lui vaudra peut-être les honneurs de la Croisette.

Tilda Swinton ("We Need To Talk About Kevin" de Lynne Ramsay)
La Britannique Tilda Swinton fait déjà figure de favorite pour le prix d'interprétation féminine. Sa performance dans "We Need To Talk About Kevin", de sa compatriote Lynne Ramsay, où elle interprète la mère d'un meurtrier, suscite en tout cas beaucoup d'intérêt.

André Wilms ("Le Havre" d'Aki Kaurismaki)
Dans une compétition dominée par de jeunes comédiens, André Wilms, 64 ans, fait figure de vétéran. Dans "Le Havre", de son ami Aki Kaurismaki, l'acteur franco-finlandais interprète un cireur de chaussures qui prend un jeune immigré clandestin sous son aile.

Michel Piccoli ("Habemus Papam" de Nanni Moretti)
Dans "Habemus Papam" de l'Italien Nanni Moretti, le vénérable - et vénéré - Michel Piccoli endosse les habits d'un souverain pontife en pleine crise de foi. Ce rôle lui vaudra-t-il, comme en 1980 avec "Le Saut dans le vide", le prix d'interprétation ?

Les forces de sécurité tuent trois manifestants à Sanaa et Taëz

Les forces de sécurité ont tué un manifestant mercredi à Sanaa, et deux à Taëz lors de rassemblements d'opposants. Depuis fin janvier, la répression du mouvement de contestation réclamant le départ du président Saleh a fait 160 morts.
Un manifestant a été tué et 40 blessés mercredi à Sanaa par les tirs de militaires et de civils armés qui ont ouvert le feu contre des milliers de manifestants se dirigeant vers le siège de la présidence du gouvernement à Sanaa, selon une source médicale.
Partis de la place du Changement, épicentre de la révolte contre le régime à Sanaa, les manifestants voulaient se rendre devant le siège de la présidence du gouvernement, mais des militaires et des civils ont tiré à balles réelles sur la foule, a expliqué l'un des organisateurs, Taoufik al-Himyari.
Un manifestant a été tué "par une balle dans la poitrine, près du cœur".Une source médicale à l'hôpital de campagne installé près de la place du Changement.
Selon cette source, au moins 40 manifestants ont été blessés par balles, pour la plupart touchés à la tête ou au cou."Il y a eu des dizaines de blessés", a déclaré un témoin. "Des tireurs embusqués participaient à l'attaque contre les manifestants", a déclaré à l'AFP un autre témoin.
La tension est très vive au Yémen, où la répression d'un large mouvement de protestation réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, a fait au moins 160 morts depuis fin janvier.
Mercredi, deux manifestants ont été tués par balles à Taëz, à environ 250 km au sud de Sanaa, et des milliers de personnes ont tenté dans la matinée de marcher sur des bâtiments publics à Sanaa et dans d'autres villes, selon des témoins et une source médicale.
Au total, sept contestataires ont été tués depuis dimanche à Taëz, deuxième ville du pays, devenue un foyer de la révolte contre le président Saleh.